30 jours max raconte l’histoire de Rayane, un jeune flic trouillard, naïf et beaucoup trop gentil, qui enchaîne les maladresses et les bévues, tout en se laissant marcher dessus par ses collègues, ses voisins ou son ex. Jusqu’au jour où il apprend qu’il ne lui reste que 30 jours à vivre. À cet instant tout part en vrille : n’ayant plus rien à perdre, Rayane prend une assurance totale et devient une véritable tête brûlée, afin de devenir un héros au sein du commissariat. À l’occasion de la sortie de son film, nous avons rencontré l’acteur et réalisateur Tarek Boudali. Ce dernier, après 7 saisons au sein de la série En famille sur M6 et plusieurs rôles dans les films de la Bande à Fifi, nous a présenté son second long-métrage, à travers une interview pleine d’humour.

Comment as-tu eu l’idée du scénario de ce second long-métrage ?

Tarek Boudali : Je me suis demandé un jour : « Qu’est-ce que je ferais si il me restait peu de temps à vivre ». Tu t’es déjà posée cette question ?

Pas vraiment, il faudrait que j’y réfléchisse.

Tarek Boudali : Pas vraiment ? Eh bien alors tu n’es pas chelou (rires), parce que moi je suis chelou et je me l’a suis déjà posée. Du coup je me suis dit pourquoi ne pas en faire un film, et notamment une comédie.

Et alors que ferais-tu si il ne te restait que 30 jours à vivre ?

Tarek Boudali : Je viendrai à Strasbourg. Fumer une chicha (rires). Non, mais je pense que je vivrai mes derniers jours à fond.

© Grégory Massat

Tu as débuté en tant qu’acteur, qu’est-ce qui t’a donné envie de passer derrière la caméra ?

Tarek Boudali : L’envie de raconter des histoires. Pour mon premier long-métrage c’était vraiment ça, j’ai eu une idée de script et j’ai commencé à écrire. En écrivant je commençais à avoir les images qui me venaient en tête. Que ce soit dans la mise en scène, dans le choix et la direction des comédiens, je me suis dit que c’était le moment de me lancer dans la réalisation et pareil pour celui-là.

Ce n’est pas trop difficile de gérer le rôle d’acteur et de réalisateur en même temps ?

Tarek Boudali : C’est très dur, déjà d’être réalisateur en soi. Rajouter acteur c’est encore plus dur, et là je me suis ajouté en plus une charge de travail, en faisant moi-même toutes mes cascades. C’était beaucoup de préparation en amont, j’ai voulu être un peu le Tom Cruise français et comme je suis rebeu on m’appelle « Ahmed Cruise ». (rires)

Comment as-tu préparé ce rôle, tu me disais qu’il y avait eu beaucoup de préparation physique ?

Tarek Boudali : J’ai fait beaucoup de prépa physique oui, il fallait être dans de bonnes conditions pour ne pas que je me blesse. J’ai passé le permis moto deux mois avant de tourner. Et je me suis mis au catch notamment. Je me suis énormément entraîné.

Au début du film, tu joues un personnage maladroit et naïf, un grand gentil dont le caractère n’est pas sans rappeler celui de Kader dans « En famille ». Tu as des facilités à camper ce genre de personnage ?

Tarek Boudali : C’est marrant, je n’avais pas fait le rapprochement, mais c’est vrai. Maintenant que tu le dis, ils ont effectivement ce côté naïf tous les deux. Pour moi c’était plus du Pierre Richard. Je suis un grand fan, et c’était cette référence-là que j’avais en tête.

© Grégory Massat

Ton personnage est un policier froussard et maladroit qui vrille totalement en flic tête brûlée le jour où il apprend qu’il ne lui reste que 30 jours à vivre. Penses-tu qu’on a tous tendance à se conforter dans une vie plan-plan tant que rien ne vient nous rappeler qu’elle peut basculer à tout instant ?

Tarek Boudali : C’est un peu ça, je pense qu’il ne faut pas se mettre de barrières dans la vie, tu as totalement capté le fond de ce film. Il y a pas mal de gens qui se brident, ils ont des rêves, des objectifs, amoureux, professionnels ou autre, et ils se mettent eux-mêmes des barrières. Moi-même j’étais comme ça avant et c’est aussi pour ça que j’ai fait ce film. Je pense qu’il faut foncer, ne pas attendre le dernier moment pour se dire : « ah merde j’aurais dû ». Ou avoir des regrets dans une vie. Il faut vraiment tracer. Ne pas attendre pour faire les choses.

Mais dans la réalité, tu ne fais quand même pas de funambulisme entre deux immeubles ou des choses comme ça, rassuremoi ? (rires)

Tarek Boudali : Non, après il ne faut pas faire ce que j’ai fait dans le film. En plus je l’ai vraiment fait le funambulisme, mais tout était bien encadré, il ne faut pas faire ça dans la vie de tous les jours (rires).

Dans le film, on retrouve la fameuse « Bande à Fifi ». C’était une évidence pour toi de travailler avec eux ?

Tarek Boudali : Avec Philippe Lacheau et Julien Arruti, c’était une évidence parce qu’ils ne coûtent pas cher (rires). Non mais évidemment, on est amis avant tout, on était amis avant de travailler ensemble et on est chanceux de faire ce métier entre copains. Si on peut faire des films ensemble toute notre vie on sera les plus heureux du monde. C’est un rêve pour nous.

Ce n’est pas trop difficile de gérer une équipe, lorsque ce sont des amis ?

Tarek Boudali : Si, c’est dur de les diriger parce qu’ils sont nuls, ils ne savent pas jouer la comédie (rires). Non c’est une force, car on n’a pas de filtres, comme on est copains on se dit les choses très honnêtement. Dès l’écriture quand je finis mon script, je leur fait lire et ils me font leur retour, leurs critiques, leurs remarques, ils me conseillent, et c’est pareil pour eux quand ils écrivent un film, ils me l’envoient. Sur le plateau, si j’ai un doute sur une mise en scène je vais leur en faire part et ils vont me faire un retour. Pareil quand c’est Philippe qui réalise. C’est un travail d’équipe et on essaye de se tirer vers le haut.

© Grégory Massat

On retrouve également dans ce film, José Garcia et Marie-Anne Chazelle qui sont des piliers de la comédie française. C’était un désir de travailler avec eux, les rôles ont été écrits pour eux ?

Tarek Boudali : J’ai pensé à eux vers la fin de l’écriture du script. C’est vrai que tu as parfois des personnages qui te font penser à certains comédiens ou comédiennes. C’était le cas avec Philippe et Julien puisque je savais qu’ils seraient dans mon film, puis plus j’allais vers la fin de l’écriture plus je me demandais qui pourrait interpréter tel ou tel rôle et j’en ai parlé avec les producteurs. On s’est fait une petite liste, sans avoir la garantie qu’ils acceptent. On leur a envoyé le script et j’ai été très chanceux puisqu’ils ont adoré le scénario et c’était magique de tourner avec eux. Je suis très chanceux, ce sont des gens qui ont une expérience incroyable et qui m’ont donné envie de faire ce métier. De les avoir à côté de moi, de les diriger, j’étais comme un gosse. Ils sont hyper professionnels, très carrés, ils connaissent hyper bien leur texte, ont des suggestions, des propositions que je prenais ou non, mais il n’y avait pas d’ego, rien du tout. C’était une super bonne ambiance, ils étaient à fond derrière le film.

C’est vrai que Marie-Anne Chazelle campe son rôle à merveille, on croirait que le rôle a été écrit pour elle.

Tarek Boudali : Tu sais, limite Marie Anne Chazelle, je n’avais quasiment rien à lui dire. Vraiment. Elle joue parfaitement, du coup comme tu dis on croirait que le rôle a été écrit pour elle, alors qu’à la base non pas forcément. Mais elle est tellement forte comme comédienne, on avait juste fait une lecture elle et moi avant le tournage, je lui ai dit comment je voyais le personnage elle l’a tout de suite compris et quand on était sur le plateau je n’ai quasiment jamais eu de remarque à lui faire.

© Grégory Massat

Aurais-tu une petite anecdote de tournage à nous raconter ?

Tarek Boudali : J’ai une anecdote d’avant tournage si tu veux. Pour me mettre dans la peau d’un policier, j’ai contacté des amis à la BAC de Paris. On a fait une demande à la préfecture de police pour pouvoir faire une ronde avec eux. La demande a été accepté et j’ai fait une ronde avec la BAC de nuit du 7 ème arrondissement. Il ne se passe pas grand chose pendant la nuit, puis bam à 3 h du matin on engage une course poursuite dans les rues de Paris avec des voleurs de voiture. Moi évidemment j’ai l’impression d’être dans un film. On les arrête. Enfin je dis on… (rires) ils les arrêtent. Et une fois que les voleurs sont menottés et assis dehors, le chef de la BAC me dit que c’est sécurisé et que je peux sortir de la voiture. Je sors, je suis avec ma casquette, et là y a un des voleurs qui me regarde et il regarde le policier et il lui dit : « Mais il est connu lui non ? » Donc là je me tourne un peu, de dos, et j’entends l’autre voleur qui dit : « Ouais ouais ouais ouais ». Je me suis dit : « Oh merde j’espère qu’ils ne vont pas croire que c’était ma voiture et que je les ai balancés », donc je vais voir le chef de la BAC pour lui demander de leur dire que j’y suis pour rien dans cette course poursuite. Il leur dit que je n’ai rien à voir avec cette histoire, que je suis juste là en tant qu’observateur. Et le voleur lui répond : » Ouais, ouais je sais, c’est le pote à mon cousin ». Et en fait, figure-toi que je connais vraiment le cousin du voleur. (rires) C’était une situation un peu cocasse.

© Grégory Massat

Tu as quitté la série « En famille », après 7 saisons. Est-ce que tu comptes y revenir, puisque dans la série ils ne t’ont pas explicitement fait disparaître à jamais.

Tarek Boudali : Ils ne m’ont pas tué non. (rires) Kader n’est pas mort, il est juste en Nouvelle-Zélande. Ecoute je vais peut-être te décevoir mais a priori je ne reviendrai pas dans la série. Pourquoi pas un jour pour faire un guest, mais revenir de manière continue, non. Là ça fait trois ans que j’ai arrêté la série. J’ai adoré faire ça, mais je n’avais plus le temps. Ce sont des comédiens et comédiennes incroyables, une équipe technique formidable, j’ai passé 7 années de bonheur avec eux. Ça m’a beaucoup appris, beaucoup apporté. Mais il a fallu que je fasse un choix, je ne pouvais plus tout faire, je n’avais plus le temps. J’ai décidé d’arrêter, de me concentrer sur le cinéma , mais il faut continuer de regarder car la série est très bien même sans moi.

C’était un rêve d’accéder au cinéma ?

Tarek Boudali : C’était le grand but. Avec Philippe et Julien depuis qu’on est gamins on se dit qu’on veut faire de la télé pour arriver au cinéma. C’était notre rêve. À l’époque on se disait : « Mais t’imagine si on fait un film un jour, ce serait trop bien de faire rire les gens … ». Et voilà on y est et on espère que ça va durer. Il faut travailler pour que ça dure. Mais on est dans un rêve.

D’autant plus que vous faites tous de la réalisation et que vous jouez chacun dans les films des autres, l’un réalise, l’autre joue dans le film, ça remplit bien vos emplois du temps

Tarek Boudali : La chance qu’on a c’est que le public vienne en masse voir nos films. Nous on fait des films pour les gens. C’est très sincère ce que je dis, on a envie de les faire marrer. C’est le public qui nous fait. C’est grâce à eux qu’on existe dans ce métier, donc si ce film marche je pourrais peut être en faire un troisième, si il ne marche pas il n’y aura pas d’autre film. Tout est grâce au public.

© Grégory Massat

Effectivement, vos films sont bon public, et le comique de l’absurde est idéal pour se détendre.

Tarek Boudali : C’est ça, on fait des films sans prise de tête. Nous on se la prend quand on les fait (rires), mais les gens qui regardent non. Ce sont des films légers pour détendre le public. On en a d’autant plus besoin en ce moment. Besoin de penser à autre chose, de se vider la tête et de rire un bon coup. Et là tu vois, c’est ma première semaine de tournée d’avant-premières, c’est trois ans de travail ce film, donc quand on vient sur les routes de France, on aime bien être au contact du public déjà, mais ça nous permet aussi de voir leur réaction, si ça leur plaît ou pas. Parce que pendant trois ans, je me suis posé chaque jour la question : « Est-ce que ça va être drôle ou pas ? Est-ce que ça va marcher ou pas ? » Donc quand j’entends les rires dans la salle, ça me donne des frissons, c’est que du kiff.

J’avoue qu’il y a des scènes où je me suis waouw mais où ils sont allés chercher ça, c’est tellement inattendu et con qu’on en pleure de rire.

Tarek Boudali : On essaye de surprendre les gens. C’est le 5ème ou 6ème film qu’on fait donc forcément les gens connaissent un peu notre façon de faire, faut toujours se prendre la tête pour continuer à les surprendre et à les faire marrer.

Étant donné que Pokaa est un média strasbourgeois, si tu pouvais emmener quelque chose de Strasbourg chez toi ce serait quoi ?

Tarek Boudali : La Petite France, c’est un peu grand à emmener mais franchement j’aime énormément ce quartier de Strasbourg. C’est hyper mignon, limite on dirait que ce n’est pas réel, que c’est une sorte de décor. Il y a un côté Astérix et Obélix, c’est magique avec les poutres apparentes. C’est agréable de se promener ici.

>> Propos recueillis par Emma Schneider pour Pokaa <<


Merci à Tarek Boudali, à Grégory Massat pour les photos et aux équipes de l’UGC et de l’hôtel Régent.

« 30 jours max » sera dès demain à l’affiche dans les salles de l’UGC Ciné Cité et du cinéma Vox.

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