C’est la ministre de la transition écologique qui l’a annoncé cette semaine : les établissements ne pourront plus chauffer leur terrasses d’ici la fin de l’hiver prochain. A Strasbourg, la majorité municipale approuve. Du côté des établissements, dont seule une partie est concernée, la mesure est cohérente pour certains, inquiétante pour d’autres.

Babara Pompili, ministre de la transition écologique a annoncé la future interdiction de chauffer les terrasses, à l’issue du cinquième conseil de défense écologique de ce lundi 27 juillet. La mesure prévue pour « la fin de l’hiver prochain » sera compléter par l’obligation de « fermer les portes de tous les bâtiments chauffés ou climatisés, ouverts au public ».

« Il s’agit de mettre fin à des pratiques qui constituent des aberrations écologiques et qui conduisent à des surconsommations complètement injustifiées d’énergie. On ne peut pas climatiser la rue en été lorsqu’il fait 30 degrés et on fait chauffer à plein régime des terrasses en plein hiver lorsqu’il fait zéro degré, pour le simple plaisir de boire son café en terrasse en ayant chaud », a-t-elle justifié.

© Bastien Pietronave

Au programme des municipales

« Je suis plutôt satisfait du choix du gouvernement parce que c’était dans notre programme, se réjouit Joël Steffen, adjoint à la maire de Strasbourg, en charge du commerce, de l’artisanat et du tourisme. Ça nous semble logique à l’époque actuelle de se positionner sur ce sujet et dire que ça n’a pas de sens de chauffer les oiseaux. Je trouve que ça va dans le bon sens ».

Conscient de la tâche, l’élu apparaît malgré tout serein quant à la mise en place de la mesure. « A Strasbourg, chaque restaurant n’a pas 200 m² de terrasse comme à Paris. Les quelques commerçants que j’ai vu pour l’instant n’ont pas l’air surpris, on en parle depuis un moment, c’est dans l’air du temps. Ce qui ne veut pas dire qu’ils sont d’accord avec ! ».

 » 30 % de chiffre d’affaire en hiver « 

Au Steack House District, pourtant équipé de chauffages en terrasse, Emmanuel Guth semble bien prendre la nouvelle. « On avait équipé un premier parasol il y a deux ans et on avait estimé que la dépense d’énergie était trop important pour le résultat escompté. Mais cela est dû à notre situation particulière, nous sommes dans une rue venteuse et les gens ne viennent pas juste pour prendre un verre mais souvent manger. Donc on ne s’en sert plus. Je trouve la mesure logique, c’est cohérent », explique le gérant malgré tout conscient que la situation sera plus difficile pour d’autres établissements.

Parmi ces autres bars et restaurants, il y a notamment The Dubliners. « Ça représente 30 % de notre chiffre d’affaire en hiver, explique Rachid Siaaliti. On a installé les chauffages il y a trois ans parce qu’on entendait dire les clients qu’ils allaient plutôt dans d’autres établissement où la terrasse était chauffée. Ils servent surtout en intersaison, au printemps et à l’automne, quand il fait entre 5 et 10 degrés. En dessous ce n’est pas suffisant. »

© Dubliners, page Facebook

Trouver des alternatives

Visiblement inquiet, le gérant a pourtant envisagé d’autres options. « On avait d’abord testé les plaids mais entre les vols, les parfums et les odeurs de cigarette c’est compliqué. On a pensé à fermer sur les côtés mais c’est interdit à Strasbourg. Alors on espère trouver une solution technologique moins énergivore et plus respectueuse de l’environnement. On regarde ce qui se fait à l’étranger mais pour l’instant rien n’a attiré notre attention ».

Les établissements auront normalement jusqu’à la fin de l’hiver prochain pour trouver des réponses. « Il faut qu’on travaille avec eux pour trouver des alternatives, assure Joël Steffen. C’est encore un peu tôt, à cette période tout le monde n’est pas là. » Et d’ajouter : « Il existe des villes où cette interdiction est déjà en place, on se tournera vers ces villes pour avoir des retours et voir quelles sont les possibilités explorées pour accompagner ce changement. »

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