Le service des Archives de Strasbourg appelle les habitants de l’Eurométropole à ne pas détruire créations, banderoles et autres petits mots faits à l’occasion du confinement. Tous ces témoignages permettront de transmettre la mémoire de cette période particulière.

Petits mots laissés à vos voisins, dessins pour les hôtes et hôtesses de caisse ou pour les agents de collecte des déchets, banderoles de remerciements ou encore journal de bord, photographies et vidéos… Le confinement a rimé avec créativité pour de nombreuses personnes créant, parfois inconsciemment, le souvenir de cette histoire commune.

Ces petites traces, même anodines, sont aujourd’hui collectées par le service des Archives de Strasbourg. « L’objectif pour nous est de les conserver pour documenter la période du confinement, explique Laurence Perry, directrice du service. Ce n’est pas ordinaire de confiner toute une population comme ça. Nous aurons des traces des archives de l’administration mais en complément de ces archives publiques, nous collectons des archives privées. C’est un autre regard sur l’histoire sur cette période. »

La directrice appelle alors les habitants de l’agglomération à ne surtout pas détruire ou jeter ces productions : « Il faut penser à cette notion de transmission d’une mémoire. Ces archives seront des sources pour les futurs historiens ».

Dessin reçu sur la porte pendant le confinement

Numérisation et restrictions

Le service a ainsi déjà collecté des dessins, des peintures ou encore des photos de la ville désertée et des travaux scolaires de collégiens. «  Nous allons aussi aller numériser les mots de remerciement pour les éboueurs car ils souhaitent les garder », constate Laurence Perry.

En effet, celles et ceux frileux à l’idée de se défaire de tous ces souvenirs, peuvent convenir d’une numérisation avec les archivistes. De mêmes, ceux qui ne souhaiteraient pas voir des témoignages trop personnels diffusés peuvent demander des restrictions de diffusion. « Les gens peuvent, par exemple, dire qu’ils refusent que ce soit dévoilé ou exposé avant 50 ans. Ça peut être le cas quand il y a des noms qui apparaissent. », détaille la directrice du service.

Si vous pensez avoir certains témoignages et souvenirs du confinement pouvant intéresser le service des archives de Strasbourg, vous pouvez envoyer un mail à l’adresse [email protected]. Un archiviste prendra contact avec vous. Un contrat de don sera alors établi et vous pourrez les déposer au service situé 32 avenue du Rhin.

16 km linéaires d’archives

Les 25 membres du service des Archives collectent régulièrement des souvenirs privés afin de compléter les archives administratives de l’Europmétropole et de la Ville. «  C’est quelque chose qu’on fait tout le temps. En plus des archives des administrations – ce qui est réglementaire – on a des archives d’entreprises, d’associations, d’érudits, d’écrivains, d’artistes. Et on a l’habitude de collecter la mémoire des événements, comme lorsqu’il y a eu les attentats où on est allés sur le terrain collecter les documents sur les lieux. »

Attestées dès 1399, les Archives de Strasbourg conservent 16 kilomètres linéaires d’archives de la ville, de la communauté urbaine puis de l’Eurométropole. « On peut ainsi revenir sur des événements qui se sont passés il y a plusieurs centaines d’années », conclue Laurence Perry.

Et vous, c’est quoi les vestiges créatifs de votre confinement que vous aimeriez transmettre à la postérité ?

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