En ces temps de confinement, le débordement d’énergie créative et la bonne humeur du début laissent désormais place à une lassitude et un sentiment de solitude. On est tous clairement dans le dur, surtout depuis l’annonce du Président hier soir. Il n’empêche que, çà et là, des initiatives fleurissent pour entretenir la créativité des Strasbourgeoises et des Strasbourgeois, d’ici ou d’ailleurs. Le projet : Marathon Vidéo 48H, où plus de cinquante équipes devaient réaliser un film avec des contraintes bien définies, durant le week-end de Pâques. La diffusion des films se déroule ce soir à 19h par Facebook Live et on vous en dit plus.

Grand Prix du Jury, édition 2019

Le Marathon Vidéo 48H, kézako ?

Le Marathon Vidéo 48h est un festival audiovisuel annuel où des équipes doivent écrire, réaliser et monter un film de 3 minutes maximum en 48 heures sur un week-end. Michaël, membre de l’équipe contacté par téléphone, m’en dit un peu plus : « Le Marathon existe depuis plusieurs années mais d’habitude il se fait en vrai ! Les équipes sont en compétition en réel et se rencontrent à l’UGC pour découvrir le thème et 48 heures plus tard, elles se retrouvent pour le rendu avec projection dans la grande salle de 600 places. Derrière, on réalise la projection, puis la délibération et enfin la remise des prix. »

Une édition (très) spéciale confinement

Avec la situation de confinement qui frappe la France depuis maintenant quatre semaines, l’équipe derrière le projet a eu une idée : « Pourquoi ne pas faire un marathon spécial confinement ? Il y a des équipes qui ne savent pas quoi faire chez elles. » De plus, ces équipes, en participant, font une bonne action. « Les frais de participation – 5 euros minimum, mais chacun pouvait aller au-delà, ndlr – ont été entièrement reversés au personnel soignant pour leur offrir des repas. » Ils ont pu récolter en tout 455 € !

Le marathon a eu lieu durant le week-end de Pâques et a très vite été victime de son succès. « On a ouvert les inscriptions une semaine avant le 10 avril. On avait à la base un quota de 50 qu’on a ouvert à 55 et on les a eus en près de 24h. » Parmi toutes ces équipes, on en trouve évidemment beaucoup de Strasbourg et de ses alentours, mais leur profil est très hétérogène. « Ce sont autant des amateurs que des confirmés, des habitués comme de nouvelles têtes. Ils peuvent être jeunes voire très jeunes, ou alors même séniors. On n’a pas de filtres ou de critères de sélection prédéfinis, c’est un peu le premier qui s’inscrit. La qualité des films est donc forcément hétérogène, en fonction des gens. »

Un thème, plusieurs contraintes

Pour les 55 équipes inscrites, le thème a été dévoilé le vendredi 10 avril à 17h. « Le thème, c’était « Pâques ou pas cap », on avait envie de faire quelque chose dans le thème de Pâques. On avait en plus deux contraintes : un fer à repasser et élastique. » En plus de ces contraintes, il y en avait également en termes de format : « Il y avait aussi une durée maximum de 3 min, format classique Full HD. »

Dernières règles, cette fois-ci en rapport avec le confinement : « Il fallait respecter les règles de confinement pour que les gens ne fassent pas n’importe quoi. Dans la même veine il ne fallait pas parler de confinement. Il y en a déjà des milliers de vidéos sur internet, on voulait éviter qu’on en ait 50 de plus. » Le tout donc, en 48 heures. « 48 heures pour faire le film : écrire, tourner, monter et envoyer le film. Jusqu’à dimanche 17h précisémentCeux qui ont remis un film ont déjà fait un très bon boulot, ça demande beaucoup de faire un film en 48 heures. »

Un jury de qualité

Pour juger ces films, selon les propres mots de Michaël, « le jury cette année est exceptionnel ». Il y a tout d’abord Antoine Garceau, réalisateur de notamment les 4 saisons de la série Dix pour cent, ou encore la nouvelle série César Wagner qui est tournée à Strasbourg. Il y a également Lauriane Escaffre, auteure-réalisatrice du court-métrage Pile Poil, lauréat Césars 2020, et Antonia de Rendinger, comédienne, auteure et humoriste, notamment au Marrakech du rire, Montreux, deux saisons sur France 2 dans « On n’demande qu’à en rire ».

Enfin, il y aura aussi Laura Fix chargée puis directrice de production, qui exerce aujourd’hui dans plusieurs sociétés de production alsacienne et Hervé Roesch, chef-opérateur qui met en image et éclaire des films documentaires et de fictions. Ce jury devra sélectionner les cinq meilleurs films.

La créativité au temps du confinement

Qui dit confinement dit forcément moyens techniques réduits. Ce qui développe davantage le système D. « Ce qui était rigolo, c’est que étant confiné, ils n’avaient pas accès à des lieux de tournage, aux comédiens, à leur matos habituel. Il y avait donc un besoin de créativité pour passer outre ces situations extrêmes. »

D’où des films différents de d’habitude. « On a reçu plus d’animations, une qualité d’image forcément un peu moins bonne mais globalement c’est intéressant de voir la différence qui ressort de ces films. Les gens essayent de faire avec les moyens du bord : beaucoup de choses en intérieur, dans l’intimité des gens. »

Tous les films ont donc été réceptionnés dimanche soir. Le début d’un autre marathon, cette fois-ci pour l’équipe. « On a tout mis en ligne en disposition au jury, qui a les films en main et les passe en revue sur les deux prochains jours – lundi et mardi, ndlr. » La projection des films se fait quant à elle sous la forme d’un Facebook Live sur cette page, ce soir à 19h.

Le jury se réunit en même temps que la diffusion des films pour délibérer et le donner le palmarès à la suite des projections.Préparez les popcorns, les bonbons ou ce que vous prenez à chaque fois que vous allez au cinéma. Installez-vous, la séance va bientôt commencer !


Marathon 48h

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