« C’est très dur… Les urgences et les réa sont complètement débordées. Ce matin, il y avait une file de 10 ambulances les unes à côté des autres. On a dû admettre quasiment 30 nouveaux patients hier, qui avaient tous besoin de réanimation. Le téléphone sonne sans cesse. On devient complètement dingues. Après 75-80 ans, le pronostic est effroyable, même sous ventilation mécanique ça se passe très mal. On voit arriver des patients de plus en plus jeunes. 35 ans. 40 ans… Plusieurs. Souvent sans aucun problème médical ou respiratoire préalables! » nous raconte un médecin réanimateur en réanimation médicale au NHC. Il fait partie de ces personnes en première ligne face au Covid19. Des héros du quotidien qui débordés, épuisés, à bout de forces et à court de ressources, tentent d’alerter la population sur la gravité de la situation et l’importance d’intégrer le sens du terme : « Restez chez vous ».

« On a pas assez de places. On court dans tous les sens. Il nous arrive des patients de partout. On n’arrivera pas à sauver tout le monde, on va devoir essayer de limiter la casse. C’est très dur. On aurait besoin que ça ralentisse, mais ça accélère encore comme nous l’avait prédit les Italiens. On flippe ».

Un vaste élan de solidarité s’est formé les derniers jours envers le personnel soignant, à travers des hommages, la livraison à l’hôpital de repas offerts par des particuliers ou des chaînes de restaurant, mais aussi de matériel (masques, blouses de protection…). Cependant, via les initiatives personnelles, il n’est pas toujours simple de savoir comment s’y prendre ou à qui s’adresser pour aider. Aussi le chef de service de la réanimation médicale du NHC vient de lancer une cagnotte en ligne afin que ceux qui désirent apporter leur soutien au personnel soignant et à la recherche puissent le faire de manière centralisée et utile :

LE LIEN DE LA CAGNOTTE PAR ICI

Les fonds serviront à améliorer le quotidien des soignants, aider au financement de projets de recherche contre le Covid, fournir du matériel. Non seulement les services sont remplis, mais le personnel présent sur le pont plus de 100 h par semaine, manque cruellement de matériel et de protections, mettant ainsi en danger sa propre santé au service de celle des autres.

« On a ouvert des lits dans des salles de réveil de blocs, dans des soins intensifs, dans toutes les unités qui pouvaient permettre une surveillance et une ventilation mécanique. On est sur le pont plus de 100h par semaine. On a doublé les effectifs de garde. Et malgré ça la charge de travail est énorme. Les cas de Covid-19 font de graves défaillances respiratoires, qui nécessitent d’être endormis et ventilés pendant des durées longues : de 2 à 3 semaines. Et ça arrive de partout. On a dû décharger Colmar et Mulhouse qui sont totalement débordés. Et on commence à envoyer les plus stables en Allemagne, à Nancy, et dans des cliniques, pour accueillir le flux incessant. »

« L’ambiance est lourde. On doit faire attention à tout. S’habiller, faire attention à pas se contaminer. On garde les FFP2 plusieurs heures d’affilée pour pas les gâcher. En fin de journée on a souvent mal à la tête. On travaille plus de 24 heures d’affilée quand on est de garde, avec de très courtes pauses, juste pour manger quand on a le temps, sans avoir le temps de dormir. Après 24h a courir partout, sous tension permanente, habillés masqués, on devient irritables. C’est dur de garder les idées claires. On est épuisés, on n’a pas dormi, et on doit encore être capable de réfléchir et prendre des décisions vitales pour le patient. On est sous pression. De nombreux collègues craquent en fin de garde, on est épuisés, à bout. « 

En ne respectant pas le confinement, on met également en danger nos proches et le reste de la population. Les nombreuses familles touchées ne peuvent malheureusement pas voir et être auprès de leur proche malade.

« Pour les familles c’est horrible aussi : tout l’hôpital est fermé, trop de risques de se contaminer, ils ne peuvent pas voir le proche, qui va très mal, ils ne peuvent pas nous appeler car on n’arriverait pas à gérer les flux d’appels extérieurs… Du coup on essaie de faire le maximum pour eux aussi : on les appelle tous les jours, pour leur donner des nouvelles les plus précises aussi, leur état de santé, l’évolution, et aussi les soutenir parce que c’est très dur pour eux »

Alors s’il vous plaît pour le bien de tous, restons chez nous ! <3


CAGNOTTE DE SOUTIEN AU SERVICE RÉANIMATION DU NHC

MERCI A TOUS

Crédit photos : Jérémie Rumpler, infirmier au service réanimation médicale du NHC

4 COMMENTAIRES

  1. Bonjour,
    Concernant cet article, j’ai juste une remarque : il peut prêter à penser que la réanimation médicale du NHC représente l’ensemble de la réanimation du CHU de Strasbourg. En réalité, ce service prend en charge une trentaine des patients admis en réanimation sur l’hôpital (actuellement environ 150). Ça aurait été bien de rendre hommage à tous les autres services qui prennent aussi en charge les patients nécessitant de la réanimation : la réanimation médicale à Hautepierre, les réanimations chirurgicales, les soins intensifs, les cliniques…

  2. Est ce vraiment une bonne idée de mettre une photo de groupe où les gens sont entassés comme image de présentation d’un article de ce genre ???

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