Strasbourg accueille tous les ans près de 2 millions de touristes lors du marché de Noël qui a eu lieu du 22 novembre au 30 décembre cette année. Le centre-ville a changé, il a dû s’adapter, sans que les habitants locaux aient leur mot à dire. En tant que jeunes reporters, dotés d’un modeste matériel, nous avons arpenté les rues de Strasbourg, tôt le matin, tard le soir, et en pleine journée, pour photographier des événements et des situations qui témoignent, selon nous, de phénomènes sociétaux importants, conséquences d’un espace public dédié à une fonction marchande.

À l’aube…

« Réveillez-vous, les touristes arrivent. » De nombreux sans-abris nous ont témoigné être régulièrement réveillés par cette phrase. Pendant le marché de Noël, vers 7h, tous les matins, des agents de la police municipale de Strasbourg s’arrêtent à chaque emplacement connu du centre-ville où des sans-abris dorment pour les réveiller.
Des agents municipaux nettoient la ville dés 5h du matin.
Vers 7h des dizaines de camionnettes remplies de marchandises s’arrêtent devant les magasins.

Une ville en état de siège

Le centre-ville de Strasbourg est une île, dont l’accés se fait par des ponts. Du 22 novembre au 24 décembre, des dispositifs de sécurité y ont été installés pendant les horaires d’ouverture du marché de Noël, soit de 11h à 20h lundi, mardi, mercredi, jeudi et dimanche, de 11h à 21h le vendredi, et de 11h à 22h le samedi. À ces moments, sur les 19 ponts d’accés au centre Ville, 3 étaient totalement bloqués et des fouilles systématiques étaient organisées sur les 16 autres.
Depuis 2015, lors du marché de Noël de Strasbourg, les vestes, les sacs et les valises de chaque personne qui rentre dans le centre-ville de Strasbourg sont vérifiés. Un budget de plus d’un million d’euros était alloué à la sécurité du marché de Noël 2019.
À certaines heures, de longues files d’attentes apparaissent sur plusieurs ponts.
Toutes les voitures qui rentrent dans le centre-ville sont fouillées et nécessitent une autorisation d’accès.
Des militaires Sentinelle armés surveillent en permanence les rues du centre-ville.

« Cachez cette misère que je ne saurais voir »

Pont du Théâtre, à côté de la place de la République.
La foule rue des Orfèvres.
Une personne qui mendie, rue des Orfèvres.
La même personne qui mendie, rue des Orfèvres, 3 jours plus tard.
Une personne qui mendie rue Gutenberg. La mairie a mis en place un arrêté « anti-mendicité agressive » valable pendant la période du marché de Noël. Cette mesure est jugée « très discriminante » par de nombreuses associations, collectifs et même certains élus de la Ville.
Une personne qui mendie sur le pont Kuss.
De nombreux stands du marché de Noël de Strasbourg proposent des articles de fabrication chinoise.

Aucune manifestation n’est admise au centre-ville

Des manifestants contre la réforme des retraites ont essayé de dénoncer « l’hypocrisie du marché de Noël » le 5 décembre, mais ils ont été repoussés par des gendarmes mobiles après être arrivés à une centaine de mètres du centre-ville. Pendant toute la période du marché de Noël, aucune forme de manifestation n’est autorisée dans l’enceinte du centre-ville, pas même une pancarte.
Des militants d’Extinction Rebellion ont tenté de dénoncer la consommation de masse lors du Black Friday en bloquant symboliquement deux portes d’une boutique Apple (l’accès au magasin était possible par d’autres portes). Ils ont rapidement été évacués hors du centre-ville par les forces de l’ordre.
Bonnes fêtes…

Délicia Yahi, Thibault Vetter

11 COMMENTAIRES

  1. Cette sempiternelle culture du mea culpa. Faut-il afficher les clichés des mendiants roumains et des faschistes du consommer moins pour exorciser la mauvaise conscience répandue par les médias jamais contents ?

    • Jamais content, toujours méchant, chanson de Souchon. Moi, je trouve ce photo-reportage excellent.
      Ne vous inquiétez pas, le consommer moins va vous sauter à la figure dans pas très longtemps.
      Et ces mendiants roumains, tout de même! salauds de pauvres, tiens.

    • Heureusement qu’il y a les partisans des Vitrines pour réclamer plus de cirage de pompes…merci Pokaa de nous montrer le pas bien reluisant sous les paillettes de décembre. Mais show must go on et RDV en 2020 pour les mêmes choquantes disparités entre oubliés de la vie et danseurs sur le volcan.

  2. Les personnes qui mendient en photos mendient toute l année au même endroit… la vielle dame est la rue des orfevres depuis au moins 5 ans , je passe par la tous les jours pour aller à mon travail. Le nettoyage de la ville le matin c est quotidien aussi et les livraisons pareil ce n’est pas du au marché de noel …

  3. Moi je reconnais l’avancement des riches dans notre société…. Ceux qui manque de rien »n’on plus besoin de quelques choses….Je retiens une seule phrase que je vais me faire tatouer sur mon bras » Les Maudits de leurs temps Furent souvent les Héros de leurs patries »

  4. Les touristes n’y prêtent peut-être pas attention à ces personnes posées là, dans la rue… mais moi oui. J’habite ici, je les vois, je connais cette vieille dame assise rue des Orfèvres, ça fait des années qu’elle est là. De temps en temps, je lui donne une pièce ou un sandwich.
    En revanche, je ne dirai rien sur ceux qui profitent des fêtes, ils en ont bien le droit…
    La seule chose qui me fait hurler, c’est le gaspillage.

  5. Bonjour, vous ecrivez dans votre titre « mauvaise qualité ». Si les articles fabriqués en chine ne sont pas de l artisanat local, certes et c’est dommage, pour autant rien ne demontre qu’ils sont de mauvaise qualité. Vous affirmez, or ce n est pas ça etre journaliste. Pour etre credible, vous avez bien du chemin a faire. Laurent

    • C’est simplement que Mr Mondialisation et nous avons acheté le même article au même pigiste indépendant. Le sujet était intéressant, nous ne devions pas être les seuls intéressés 😊

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