Dans « Au nom de la terre », le réalisateur Edouard Bergeon raconte sa propre histoire. Fils d’agriculteur, il a vu son père se noyer petit à petit dans l’endettement, puis le désespoir le plus profond, victime du modèle productiviste et intensif agricole des années 90. Malgré l’amour et le soutien de sa famille, Christian (interprété par Guillaume Canet) finira par se suicider, comme plus d’un agriculteur par jour. On comprend sans mal le désir d’Edouard Bergeon de donner la parole aux agriculteurs qui souffrent en silence, et son film nous percute indéniablement de plein fouet. On réalise soudain notre responsabilité dans tout cela. Il était sans aucun doute indispensable de nous rappeler que chacun à son rôle à jouer afin de ne pas mettre en péril les agriculteurs au bénéfice des grandes firmes industrielles. Au Nom de la terre, un film indispensable, à l’occasion duquel nous avons rencontré Edouard Bergeon et Guillaume Canet.

Votre film croise les débats de société actuels.

Edouard Bergeon : Malheureusement oui. On me disait en 2012 que mon documentaire « Les fils de la terre » était d’actualité, puis on me disait ensuite que mon film allait l’être et il l’est encore plus aujourd’hui. Au mois de juillet, les derniers chiffres de la MSA sont sortis sur le nombre de gars qui se foutent en l’air, et c’est dramatique : 1 par jour, un peu plus même. Pour cette rentrée, on démarre sur les chapeaux de roue, à tous les niveaux. Je viens de lire ce matin qu’Intermarché enlevait 140 composés chimiques de ses produits alimentaires, pour obtenir une meilleure note sur Yuka, l’application que plus de onze millions de personnes utilisent pour voir quels produits vont nous empoisonner le moins. Et nous, c’est ce qu’on raconte le soir en débat, que le pouvoir on l’a tous. Pour sauver nos agriculteurs, et pour remplir nos assiettes de produits qui nous assurent une bonne santé. C’est chouette du coup de lire ça. Le politique avec un grand P a le pouvoir, c’est-à dire nous.

Il y a toujours autant de suicides d’agriculteurs, à qui la faute?

Edouard Bergeon : A nous, à la financiarisation de l’agriculture. On peut faire un cours d’éco, on a basculé les paysans d’une économie de production (en gros c’est le traité de Rome de 57 à 1992), à une économie de marché. On va donner des aides compensatoires et pas des primes pour combler les différences de prix. Le consommateur est complice de tout ce désastre qui consiste à détruire l’aménagement du territoire, la santé publique, et nos paysans. Il faut une aide du politique pour assurer l’autosuffisance alimentaire, garantir notre santé publique et maintenir le paysan sur notre territoire. On est tous responsables. Je ne sais pas si vous avez des voisins qui ont des jardins potagers, puis qui ont mis de la pelouse parce que c’était plus simple. Puis ils sont allés à Intermarché ou à Auchan pour avoir tout, tout le temps.

Vous aviez déjà réalisé un documentaire sur le sujet, pourquoi être passé au film ?

Edouard Bergeon : J’étais journaliste, je suis venu travailler aux bureaux de France 2 à Strasbourg en 2006. J’ai traité de nombreux sujets de société et partout dans le monde. Mais régulièrement, je suis revenu à des reportages sur le monde agricole, parce que je suis né là-dedans, j’ai la terre qui colle à mes baskets de parisien. Je me sens super bien à la campagne avec les gars que je connais. Il faut éclairer avec une caméra les zones d’ombre, donner la parole aux agriculteurs qui souffrent en silence. Car ce film raconte aussi qu’on a été isolés, que mon père, ma mère, on a quand même un peu crié depuis notre ferme. J’ai régulièrement fait ces reportages là, et puis surtout « Les fils de la terre », le documentaire sorti en 2012 sur un agriculteur, producteur de lait dans le Lot, qui n’est vraiment pas très bien psychologiquement, très endetté. J’y raconte déjà en abyme, en miroir, l’histoire de ma famille. Ce documentaire a eu une belle presse, et puis il est passé sur Infrarouge et ensuite je me suis battu pour qu’il ai une petite vie en salle avec des projections-débats, ça a même donné lieu à l’édition d’un DVD. Et c’est le destin qui a fait que ce DVD tombe sur le bureau de Christophe Rossignon, mon producteur, qui est lui-même fils et frère d’agriculteur. Sublime producteur, j’ai eu une chance incroyable, il est très engagé.  » La Haine », « La loi du Marché » … Il a été bouleversé par mon histoire et il m’a proposé qu’on se rencontre pour parler de nos familles respectives. A la fin du déjeuner, est née l’envie commune de réaliser un film de cinéma. Le premier pour moi. On a pris le temps de faire connaissance, moi je ne viens pas d’une école de ciné, je ne sais pas écrire un scénario, diriger des comédiens. Une bonne année passe, puis on a commencé l’écriture avec un co-auteur, Bruno qui vient du docu aussi et puis c’était parti. Ça a duré plus de deux ans.

Il y a l’aspect quand même émotionnel de transposer l’histoire de sa famille.

Edouard Bergeon : Oui la première année d’écriture, là c’est dur. Puis le temps fait son oeuvre, je suis bien entouré, j’ai un super gardien qui est mon producteur, et puis Guillaume Canet rentre dans l’histoire, et je commence à prendre mon pied. Ça fait vingt ans qu’il est parti mon père, le travail de résilience avait déjà été bien entamé avec « Les fils de la terre » . J’avais déjà déposé une petite partie du sac à dos.

Comment on prépare ce genre de rôle? Ce n’est pas un rôle fictif.

Guillaume Canet : On se plonge dedans, on ne se pose pas de questions. Surtout pas. Je ne peux pas dire que ça ai été réellement compliqué de me mettre dans la peau du personnage mais par contre ça a été plus compliqué d’en sortir. Il y a eu un travail physique, apprendre comment il marchait, comment il parlait, des détails que m’a donné la mère d’Edouard aussi sur le fait qu’il avait l’accent quand il parlait avec les autres paysans, et à la maison il n’en avait pas. Mais ma mère qui est pied-noir, quand elle parle avec d’autres gens elle n’a pas l’accent et dès qu’elle est avec ses copines elle l’a ( rires). Je pense que les paysans c’est pareil, il y a un truc d’appartenance. Le plus dur ça a été l’enjeu psychologique, de sombrer petit à petit dans la période hivernale. Je dormais dans la ferme, sur place, je ne voulais pas rentrer à l’hôtel le soir . Je vivais dans une caravane et j’ai senti petit à petit que je devenais un peu, je ne vais pas dire dépressif, mais j’étais irascible, je m’énervais pour rien. J’étais tendu. Edouard a vu que plusieurs fois je pétais un câble. On ne peut pas jouer des scènes comme ça et entre les prises se marrer tout le temps. Je pense qu’inconsciemment j’entretenais une rage au fur et à mesure du film. Quand ça s’est terminé c’était très dur d’en ressortir. C’était plus difficile de sortir du personnage que d’y entrer. Parce qu’il y a des choses dont on se sert, pour perdre du poids, être fatigué. Les scènes où j’avais vraiment des passages dépressifs et médicamenteux, je ne dormais pas de la nuit, je fumais deux paquets de clopes, j’arrivais avec une voix et les yeux défoncés. Après il y a l’énergie, à force de jouer quelqu’un de fatigué et de dépressif vous le devenez un peu. Au service du rôle. Pour moi c’est secondaire, quand vous faites un film, vous êtes au service du film, sinon il faut faire autre chose.

On vous sent impliqué dans le sujet du film, la détresse agricole.

Guillaume Canet : Elle me touche depuis longtemps, j’ai grandi dans le milieu rural, je le connais bien. J’ai un père qui avait des chevaux pendant des années, j’ai fait les box, les foins, conduit le tracteur, je connais ce milieu-là. Ce film m’a vraiment ouvert les yeux sur la complexité que les agriculteurs traversent aujourd’hui. Sur le simple fait que moi je sois père de famille et citoyen, et que je ne supporte plus l’idée que mes enfants s’empoisonnent tous les midis à la cantine. Et qu’on s’empoisonne tous. On est un pays formidable qui exporte des produits d’exception et on importe des produits de très mauvaise qualité. Je n’ai pas envie que mes enfants mangent du poulet nourri aux antibiotiques ou de la viande bourrée aux hormones. Aujourd’hui, il en va vraiment de notre santé. C’est normal que je me mobilise. C’est la première fois que je fais un film qui m’engage autant et qui me donne autant envie de défendre les sujets qu’il traite. Nos assiettes c’est les agriculteurs qui les remplissent et ces assiettes c’est notre santé. Aujourd’hui on vit dans un pays où les gens ne veulent plus prendre le temps de manger, ne veulent plus dépenser d’argent pour manger, et ne veulent plus cuisiner. Je ne parle pas évidemment des gens qui n’ont pas le pouvoir d’achat de manger bien et proprement, mais ça devient un vrai problème. Il faudrait que les gens retrouvent se plaisir de manger bien, avec des produits de saison, locaux. Il y a un mouvement qui est entrain de se créer, et j’ai juste envie d’accompagner ce mouvement-là en disant : « Oui c’est exactement ça qu’il faut faire », il y a plein d’initiatives. Chez les enfants, les adolescents, il y a une conscience environnementale qui se mobilise et il y a des choses qui se mettent en place et qui sont vachement bien, donc faut l’accompagner et faut qu’on regarde ce qu’on a dans nos assiettes. Qu’on soit certain que lorsqu’on mange quelque chose, on ne soit pas entrain de participer à mettre en péril nos agriculteurs et à simplifier la tâche à de grandes firmes industrielles. Qu’on ne soit pas dans « l’Aile ou la Cuisse », qu’on ne mette pas trop d’argent dans la poche de Monsieur Tricatel.

Edouard Bergeon: C’est pour ça que le lieu du cinéma est parfait, on pose son téléphone 1h40, et on regarde un film qui nous percute. L’émotion ça pénètre au plus profond de nos cellules, ça reste ancré. Il y a une fin dure, mais il y a de l’optimisme derrière quand même. On peut changer les choses.

Les coupables sont pointés du doigt de manière indirecte.

Edouard Bergeon : Je n’ai pas stigmatisé tel ou tel organisme.

Guillaume Canet : On en parle quand même beaucoup, quand mon personnage dit :  » Si ils veulent bouffer de la merde , ils en ont pour leur argent ». Quand on parle de la coopérative, de la banque, de Poulàvie, qui vient un peu comme le diable proposer ses services, et dire : « Mais vous pouvez agrandir, vous avez un terrain là ». On voit le pauvre agriculteur qui est dépassé, qui ne se rend pas compte, qui va aller contre l’avis de sa femme en lui disant : « Tout le monde s’agrandit, il faut faire pareil, il faut faire du rendement. »

Edouard Bergeon : Puis il y a une question de fierté, il faut y aller, on y croit.

Guillaume Canet : On ne montre pas exactement qui sont les coupables, mais le film est assez fin. Il suffit d’un plan où on ferme le semoir et on voit les bons grains bien rouges, ça veut tout dire.

Il y a beaucoup de scènes où on voit le glyphosate, on voit des hormones, les antibiotiques pour les moutons. Les agriculteurs ont malgré eux, leur rôle là dedans aussi.

Guillaume Canet : On leur a appris comme ça. Ils ne pouvaient pas faire autrement. Produire beaucoup. Aujourd’hui, un agriculteur qui sait faire de la qualité ne peux pas en faire, sinon il faut qu’il la paye de sa poche. Ou alors, il faut qu’il arrive à réduire son exploitation et réduire ses gains, ce qui est déjà compliqué parce que la plupart gagne moins de 350 euros par mois. Mettre des terres en jachère, les laisser 5 à 10 ans, et les convertir en bio, ça prend énormément de temps. Vincent, l’agriculteur chez qui on était, m’expliquait ça. Il me disait que lui il sait la faire la qualité, qu’il aimerait bien donner du lin à ses vaches, plutôt que du maïs dégueulasse qui demande un arrosage constant. C’est certain que ce n’est pas de leur faute, maintenant on les traite d’empoisonneurs, alors que ce sont les premiers empoisonnés. Le nombre d’agriculteurs empoisonnés par les produits, on ne les compte plus.

Vous donnez une grande place à votre mère dans le film.

Edouard Bergeon : Oui c’est l’arbre, la poutre. C’est le pilier, comme dans toutes les familles d’agriculteurs.

Guillaume Canet : Elles ont toutes un rôle hyper important. Elles font le tampon. Elles font quasiment toutes un autre métier à côté pour pouvoir assurer un autre salaire. Et elles sont là pour soutenir leur homme.

Edouard Bergeon : On voit bien le décalage entre la grand-mère et la mère de famille. La grand-mère qui est soumise, et à l’inverse la mère qui tient tout, les enfants, la compta, son mari qui plonge. C’est aussi un hommage aux femmes et aux filles de la terre ce film.

Oui on voit d’ailleurs que le grand-père n’aime pas trop ça, que sa belle-fille ai du caractère.

Edouard Bergeon : Eh non, c’est un métier d’homme. Ils ont une petite misogynie.

Et vous finalement professionnellement vous n’avez pas eu envie de vous tourner vers les métiers de la terre?

Edouard Bergeon : Mon père nous disait vraiment à ma sœur et moi de bien travailler à l’école pour choisir notre métier. Ce sont nos parents qui nous ont encouragés à ne pas reprendre, avant même qu’il y ait ce plongeon fatidique.

Et qu’est devenue la ferme familiale?

Edouard Bergeon : On a vendu le corps de ferme, on a arrêté les animaux après que mon père soit parti, mais ma mère avait un plan de redressement à payer pendant neuf ans encore. Ma mère est toujours exploitante des terres que mon grand-père détient, donc moi je vais reprendre les baux et faire comme ma mère fait en ce moment, de l’entraide avec les voisins. Mais ce n’est pas simple.

Vous avez tourné dans un poulailler industriel ?

Edouard Bergeon : Oui un bâtiment de poulets, que vous mangez peut-être. C’est 85 pourcent du poulet qu’on consomme.

Guillaume Canet : Moi je n’en mange plus depuis que j’ai tourné dedans. Je peux vous dire que l’odeur de l’ammoniac qui émane, les antibiotiques et les voir manger leur merde à longueur de journée, ça ne me donne pas du tout envie de manger ça. Les gamins n’ont pas conscience, parce que même moi qui me bat beaucoup avec mes enfants pour essayer de leur faire manger des choses saines, je pense que si vous leur donnez un nuggets, ils ne vont pas forcément se demander ce qu’il y a dedans. Mais par contre c’est très important de les emmener dans des endroits comme ça, ça c’est certain. Et je pense que si ils y allaient tous, ils verraient les choses autrement. Il est tout aussi important de remettre des potagers à l’intérieur des écoles. Il y avait un type hier dans la salle, qui nous expliquait qu’il est instituteur dans une école, et qu’il a voulu faire un potager, car ils ont 400 m2 de terrain. Il voulait cultiver, pour pouvoir s’en servir à la cantine. Mais le cuistot leur a expliqué qu’ils n’avaient pas le droit à cause de contrats sanitaires etc . Ça veut dire que là on donne aux gosses des trucs dégueulasses, mais par contre ils ne peuvent pas manger un potiron qui sort du sol et qui est entièrement naturel.

Edouard Bergeon : Il y a un travail à faire, que le temps de cantine soit un temps d’éducation. Si on arrive à faire ça, ça change beaucoup de choses.

Vous vous êtes impliqués tous les deux dans l’association Solidarité Paysans.

Guillaume Canet : Quand j’ai tourné le film, je me suis dit que ça ne pouvait pas rester qu’un film. On en a parlé avec Edouard, j’ai organisé un dîner avec des agriculteurs, avec des gens qui pouvaient me donner la bonne direction à prendre. Et j’ai rencontré peu après des gens de l’association Solidarité Paysans, ils sont formidables et vont dans les campagnes aider les agriculteurs en détresse. Ils les aident dans les démarches administratives, juridiques, psychologiquement mais aussi à une conversion, à une transition. Bien des fois, les agriculteurs ont tendance à se faire pousser par les banques, par les coopératives qui leur disent qu’il faut prospérer, agrandir, faire du rendement, et à un moment ils se noient. Donc là, l’association les encouragent aussi parfois à réduire l’exploitation, à devenir à taille plus humaine, et à réussir à la gérer correctement. Pouvoir le faire en ayant une vie normale, pouvoir prendre des vacances, voir leurs enfants, ils gagnent moins mais produisent mieux.

Edouard Bergeon : Même pas, ils font moins de chiffre d’affaires, mais eux gagnent plus d’argent. Le détail sur cette association c’est qu’il faut qu’ils soient sollicités pour venir, et c’est la souvent que les femmes tirent le signal d’alarme. Avec Guillaume on s’engagent derrière eux. Et on a réussi à convaincre aussi le producteur et le distributeur du film grâce à des maisons comme Gaumont Pathé, CGR, on a réussi à faire que le 29 septembre, le jour de la Saint Michel, la fête des paysans , il y ait un euro des recettes sur chaque ticket vendu qui soit reversé à l’association.

UGC va le faire aussi non?

Guillaume Canet : Non pas UGC, on leur a demandé trois fois, ils ont dit non. Donc voilà c’est bien triste, mais bon c’est comme ça. C’est déjà formidable qu’on ai pu organiser ça. Car ça touche les gens et ça leur donne envie d’aider cette association qui sauve des familles tous les jours.

Edouard Bergeon: Ils accompagnent mille nouvelles familles tous les ans. Si ils avaient plus de moyens il y en aurait plus. Et il faut savoir que chaque personne qui a été mis en contact avec cette association, n’est pas passé à l’acte. C’est ça qui est formidable aussi, le fait d’être en contact avec l’association, d’avoir quelqu’un qui vienne, qui soit à l’écoute , qui les aide à sortir la tête de l’eau, ça évite le pire. Pourquoi on laisserait crever ceux qui nous nourrissent?

Guillaume Canet : C’est de la non-assistance à personne en danger. On le sait, on le voit, c’est très clair. Il n’y a pas de pays sans paysan. Si on continue comme ça dans 12 ans on va se retrouver encore plus malades. On continuera à importer les poulets bourrés d’antibiotiques, et on continuera à se choper des cancers, comme c’est le cas aujourd’hui. Une personne sur trois aura un cancer, on est six dans cette pièce, voilà le calcul est vite fait.

Est-ce qu’il y a eu ou il y aura une projection au Ministère de l’Agriculture?

Edouard Bergeon : On le sollicite par son cabinet, mais il n’a pas le temps. Il doit connaître très bien le sujet. Ça prend 103 minutes de voir ce film, et une vie par jour. En tout les cas, on le présente à l’Assemblée, le 1 er octobre. On fait une grande projection, avec des députés et sénateurs. On l’attend avec impatience. Et on essaye de monter une projo de ministres.

Guillaume Canet : C’est compliqué il est très occupé, il a piscine le mardi je crois. Corrida le jeudi.

Il y a des objets appartenant à votre père dans le film?

Edouard Bergeon : Les diapos qu’on voit dans le film, c’est les vrais. Il a tout pris en photo quand il était aux Etats Unis.

Guillaume Canet : Le chapeau c’est celui de son père. Il y a beaucoup d’éléments du film, qui sont de vrais éléments. Je porte les bottes de son père pendant tout le film, le ceinturon aussi. Il y a la musique, le 33 tours, c’était son titre préféré. Les agendas de sa maman, avec les indications :  » Il ne se lève pas »,  » s’est levé uniquement pour fumer » etc , ce n’est pas de la déco.

C’est une grosse responsabilité de tourner dans les bottes du papa.

Guillaume Canet : C’est énorme, mais en même temps je les ai accepté avec beaucoup de bonheur, ça m’a apporté une certaine force. Quand vous jouez avec ces bottes, que vous les enfilez le matin, vous ne pouvez pas ne pas penser à lui. Ça m’a énormément apporté, et inspiré. Et vous savez moi, dans les films, je déteste les vêtements quand ils ne sont pas usés.

Les personnages du film sont tous formidables. Vous avez pensé à eux tout de suite?

Edouard Bergeon : Ils sont formidables. En fait j’ai eu de la chance, ce sont tous mes premiers choix. Donc très, très heureux.

>> Propos recueillis par Emma Schneider <<

Merci à Edouard Bergeon et Guillaume Canet, à l’équipe de l’UGC et de l’hôtel Régent pour leur accueil.

« Au nom de la terre » est actuellement à l’affiche du cinéma UGC et du cinéma Star St Exupéry.

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