Images et textes sauf précision: M.L. pour Pokaa.fr

À l’heure où les villes se transforment avec les transitions numériques et écologiques, se pose-t-on encore les bonnes questions ? A Strasbourg, un lieu se veut être le centre des réponses et des solutions : le Shadok. Après les 5 ans de la direction de Géraldine Farage (qui a vu naître le projet en 2014 avec une ouverture au public depuis 2015), c’est Nicolas d’Ascenzio, ancien directeur d’une structure messine similaire, qui prend les rênes du « tiers-lieu » strasbourgeois, tout en étant également chargé de mission pour la nouvelle COOP. Après son aventure Bliiida à Metz, le nouveau directeur du Shadok veut consolider les acquis et ancrer la place du Shadok comme le lieu référence d’expérimentation et de médiation autour du numérique à Strasbourg.

On trouve de tout au Shadok. C’est surprenant, parfois même décontenançant. Ateliers de création de jeu-vidéo, école de musique électronique, exposition science-fiction ou encore conférences sur l’éthique numérique et des apéro-entrepreneurs… Selon le Shadok, c’est près de 320 événements qui ont eu lieu l’année dernière, avec près de 24 000 visiteurs en 2018. Le tout lié par le biais du numérique… et 282 000€ annuels, financés à 100% par la Ville (qui gère le lieu en régie directe, permettant 8 emplois en équivalent temps plein).

Sur trois étages, le Shadok propose un espace de vie et de rencontre au RDC, un espace exposition au 1e étage et un espace de co-working au 3e. L’idée semble claire : accueillir les pros, les artistes et les curieux pour les faire se rencontrer. Nicolas d’Ascenzio cherche à ouvrir encore d’avantage le lieu, et consolider sa dynamique. Il a répondu à quelques-unes de nos questions.

Qu’est-ce que c’est qu’un « tiers-lieu » et pourquoi ça vous plaît autant ?

Ce sont des espaces d’expression et d’échange. Dans notre société, aujourd’hui, il y a des problèmes à régler. On se pose la question de citoyenneté, de comment on vote [avec l’émergence des civictech et des débats autour des référendums], sur la transition numérique, la transition écologique… On est dans une période où il faut se poser des questions. Et il faut des endroits pour ça. Le Shadok en est un. On n’arrête pas de parler d’écologie, de circuit court, de fabriquer soi-même etc… Mais en soit, il y a peu d’espaces qui le proposent ! Les tiers-lieux comme le Shadok doivent rassembler tout ça.

C’est quoi la place du Shadok à Strasbourg ?

Sur le Shadok, il y a une volonté claire d’insister sur le numérique. C’est nécessaire pour Strasbourg. D’ailleurs, le Shadok n’est pas seul et rentre dans une logique avec d’autres structures comme la COOP ou l’ancienne Manufacture de Tabac. Il faut une cartographie claire de ces nouveaux espaces. Il est essentiel d’avoir une complémentarité entre ces lieux qui doivent travailler ensemble en cohabitation. Chaque lieu doit avoir sa ligne directrice claire pour les habitants. On imagine plus des jardins partagés à la COOP qu’au Shadok par exemple. Ça se fait naturellement et en bonne intelligence.  

Pour la question du quartier, le Shadok doit être une locomotive. On doit avoir une population qui vient spécifiquement pour voir les projets du Shadok et donc apporter des visiteurs sur la Presqu’île Malraux. Il faut qu’on établisse des partenariats avec les voisins, ne serait-ce que l’UGC en face. On ne peut pas non plus parler Shadok sans parler d’Alsace Digitale. Les deux sont imbriqués en toute logique. Un peu plus loin, il y a le Vaisseau. On devrait pouvoir avoir des programmes dédiés au numérique pour les enfants. 

Le lieu a un potentiel important. La Presqu’île est atout énorme et inexploité. Le quartier commence à prendre vie après sa grosse période de travaux. On pourrait croire que c’est un désavantage d’être enclavé autour de restaurants. C’est un flux de public déjà présent, avec les habitants, l’UGC, Rivetoile… Aujourd’hui, ce public-là ne rentre pas dans le Shadok. En été les terrasses aux alentours sont bondées. Ces gens-là doivent venir fréquenter le Shadok et l’utiliser.

Maintenant, je sais comment on va déployer la programmation en 2020. On va s’appuyer énormément sur les acteurs locaux et de partenaires. Je pense à Ososphère, au NL Contest, au FEFFS, AV LAB… On va s’appuyer sur ces forces là pour construire la programmation ensemble.  Le Shadok doit être un lieu qui fait partie de cette communauté, travaille avec eux, soit à leur service. Il faut que ces acteurs strasbourgeois s’approprient ce lieu.

Au deuxième étage, on avait un co-working généraliste. Je veux flécher des entreprises du côté culturel et créatif, avec un gros éclairage côté jeu-vidéo. Le Shadok doit être un lieu totem pour le milieu du jeu-vidéo, du côté des studios, des créateurs, mais aussi des nouveaux médias comme des vidéastes sur Youtube.

Niveau restaurant, un appel à projet est sorti récemment. Le restaurant doit prendre l’ensemble du RDC. L’idée étant un restaurant thématique où tu dois pouvoir venir t’amuser. On vise une inauguration octobre/novembre.

C’est quoi une ville numérique ?

C’est une ville qui arrive à combiner une éthique du numérique. C’est-à-dire, qui n’envisage pas seulement le numérique sous l’aspect cosmétique et gadget avec quelques objets connectés. C’est une ville intelligente qui arrive à recenser des données, mutualiser des coûts, favoriser l’intervention des services municipaux… Le numérique doit aussi servir à réduire les écarts d’une population fracturée. Ça passe par exemple par rapprocher les habitants des élus et des décisions [grâce au numérique]. Le numérique est transversal. Il est partout. Quand vous prenez le tram, dans vos paiements, dans votre façon de vous déplacer, de communiquer… Il est à 360° sur le territoire, mais il doit avoir une dimension sociale et éthique. Et c’est pour ça qu’il faut se poser beaucoup de question. Et le Shadok doit être le lieu où on peut se les poser ces questions.

Toutes les grandes métropoles sont de plus en plus armées pour réussir à travailler et se sécuriser en termes de données. Il y a une vraie révolution des collectivités territoriales, à Strasbourg comme ailleurs. En tout cas, à Strasbourg, il y a une volonté assez stimulante. Pour preuve, les projets événementiels et structurants, les nouveaux lieux… liés au numérique. A Strasbourg plus qu’ailleurs, il me semble qu’on veut accorder une place centrale au numérique.

Les institutions strasbourgeoises sont-elles prêtes à ce grand virement numérique ?

Il faut toujours militer. Il faut dialoguer. C’est un monde qui change et il est parfois difficilement compréhensible. Il faut amener de la pédagogie auprès des habitants. A Metz, ce qui était intéressant, c’était de pouvoir croiser la volonté économique (avec la dimension FrenchTech) avec les artistes. On part du principe que les artistes inventent eux aussi le monde de demain. Il y avait une volonté de la ville de s’ouvrir à cette dimension et à faire confiance aux acteurs. Il me semble retrouver cette volonté à Strasbourg.

D’ailleurs, si je viens à Strasbourg, c’est parce que je sais qu’il y a un panel d’acteurs exceptionnels, que ça soit dans le champ associatif, le secteur culturel, l’événementiel… Il faut simplement essayer d’harmoniser tout ça pour sortir des projets exceptionnels. Pour moi le Shadok doit avoir une position de « go-between » (ndlr : entre-deux, plateforme intermédiaire) pour les acteurs locaux, les institutions et les habitants en les accompagnants, leur donnant les moyens et en les mettant en avant.

S’il y a un changement politique avec les municipales, c’est difficile à dire si cela influera sur la situation du Shadok. Je n’ai pas eu beaucoup d’échanges encore sur ce sujet.

Comment on fait de la médiation numérique ?

Pour faire de la bonne médiation numérique, il faut absolument de la présence humaine forte. C’est ce que je veux essayer d’apporter au Shadok. L’humain doit être présent quotidiennement. Il faut des installations faciles d’accès. Pour bien comprendre le numérique, il faut être décomplexé avec, il faut pouvoir jouer, toucher, bidouiller. Être à distance d’une œuvre numérique, ne suffit plus. Il faut pouvoir la manipuler. Le Shadok doit devenir pleinement un laboratoire. Le numérique est une matière et on vient au Shadok la manipuler dans tous les sens pour essayer de la comprendre d’avantage. Plus que jamais, il faut aussi se connecter à l’ensemble de la métropole. Il faut sortir des murs physiques du Shadok, rencontrer les habitants, les touristes… Le Shadok ne doit pas être bunkerisé mais pleinement ouvert et extensible.

Presqu’île Malraux
Global Game Jam
Cérémonie Tango&Scan

Niveau médiation culturelle et numérique, le Shadok doit changer de direction?

Les activités doivent être beaucoup plus interactive, ludiques, basées sur l’expérience. On doit être moins dans une logique frontale avec le numérique où on se retrouve face à un objet qu’on doit essayer de comprendre. On va essayer de donner la possibilité de mettre les mains dedans, de toucher, bidouiller, s’immerger dans le sujet.

Comment transmettre ces savoirs-faire complexes, face à ce que certains appellent « l’illettrisme numérique » ?

Avec du temps, de la patience et du talent. Il faut réussir à connaître les carences et de proposer des contenus adaptés à tous. Par exemple, la VR [réalité virtuelle], c’est assez simple d’accès. Vous mettez le casque et c’est parti, vous pouvez vivre une expérience numérique [cinéma, jeu-vidéo…]. La création de JV, à travers des logiciels pédagogiques, ça permet de toucher doucement au code informatique qu’on ait 6 ou 77 ans. Il n’y a pas une réponse pour tout le monde. Chacun est différent dans son rapport au numérique.

Le monde des Startups et de « l’entreprenariat moderne » n’est-il pas trop dans sa propre bulle? Le monde des Startups et de « l’entreprenariat moderne » n’est-il pas trop dans sa propre bulle?

Oui et non. C’est sûr que quand tu entends que telle ou telle boite vient de lever 4 millions d’euros… Ça peut paraître hors-sol. Une startup, ça peut aussi être l’idée d’implanter une champignonnière sur mon territoire et proposer aux gens du quartier des fruits et légumes bio. De plus en plus de startuppeurs se dirigent et innovent dans du social. Ne serait-ce que dans leur façon de manager. Je crois vraiment en ça ! Il ne faut pas rester buté sur le côté « Startup Nation ». Inventer, ça peut aussi être des choses très simples qui servent au quotidien de manière pertinente avec 3 salariés.

Aujourd’hui, on apprend de plus en plus en jouant. Lors du dernier Tango&Scan au Shadok, un jeu-vidéo a été présenté, il apprend à trier tes déchets. C’est une entrée ludique à des problèmes sérieux. Les développeurs se sont dit qu’il fallait un jeu pour ça, adapté à la ville. Ça peut paraître assez anecdotique, mais en soit, c’est super intéressant comme moyen. C’est comme ça que je vois le Shadok : du local. Ça doit être un lieu du territoire, centré sur ses talents et les ressources à disposition.

Global Game Jam
Gaston, GSTN, en live beatmaking avec animation d’AV Exciters – Inauguration Longevity Music School

Pour vous, au Shadok, le numérique doit-il/peut-il prendre une tournure écologique ?

La question, pour moi, c’est : est-ce que le numérique peut-être une réponse à l’écologie ? Sachant qu’il produit lui-même son lot de déchets. Je pense que c’est une question d’éthique et que y’a pas mal de choses qui peuvent le permettre. Sur la collecte des données, sur les histoires de domotique, d’aquaponie, de permaculture… pouvoir planter des légumes en milieu urbain… le numérique peut être un réel atout écologique.

Sur la presqu’île Malraux on peut très bien imaginer des potagers participatifs. On peut imaginer que le Shadok fasse des rencontres autour de l’écologie et l’agriculture urbaine. C’est des domaines en plein évolution. Le Shadok ne doit pas devenir un « lieu de l’écologie » mais il doit permettre aux acteurs de l’écologie qui ont besoin d’un appui technologique de pouvoir venir se déployer.

Ça n’aurait pas forcément de sens de dire « le Shadok, on en fait de l’écologie ». Ça ferait juste greenwashing. Par contre, si tu es acteur de l’écologie et que tu dois interagir ou trouver des solutions via le numérique, le Shadok doit pouvoir t’apporter des réponses.

Mon rapport à l’environnement, c’est celui de l’urgence. Il faut être militant et agir, dans tout ce qu’on fait. Au Shadok, dans tout ce qu’on fait, l’angle écologique sera interrogé. Conso d’énergie dans les projets, messages diffusés, même la manière dont on sert de la nourriture avec le circuit court etc… Comment faire aujourd’hui, pour agir à titre personnel, tout en éveillant un maximum de consciences à cette urgence? Quand je parle d’éveil des consciences, c’est à la fois faire comprendre et donner les clés pour agir. On peut dire du jour au lendemain : on pose un arrêté et tous les fruits et légumes doivent être issus du local. Mais sans l’expliquer ça ne passera jamais. C’est aussi pour ça que l’écologie doit être transversale. Il faut parler de santé publique, l’impact de la pollution… Faire des légumes au coin de la rue mais les arroser au glyphosate, ça n’a aucun sens.

L’ancien Fabcafé au RDC du Shadok

Quand je vois des ruches connectées, je trouve ça génial. Le mec a une approche design, une approche écolo (réimplanter de la pollinisation en milieu urbain), une approche pédagogique parce qu’elles sont dans les écoles, et une approche numérique avec de l’électronique qui indique l’état de la ruche (température, nombre d’abeilles etc)… Il y a tout dans un projet comme ça. C’est cette croisée des chemins qui me passionne. C’est fondamental dans le monde dans lequel moi je veux vivre plus tard.

Comment vous voyez les liens entre Strasbourg et Metz ?

Les liens entre Metz et Strasbourg en termes de numérique et de culture sont de plus en plus forts. C’est un échange de compétences. Beaucoup d’artistes strasbourgeois viennent dans les événements messins, Bliiida s’est régulièrement exportée au Shadok… Récemment on voulait faire un événement commun sur le MakersLand (anciennement Mini Maker Fair), mais la pluie a décidé d’intervenir. J’étais régulièrement en contact avec l’ancienne directrice du Shadok, Geraldine Farage. J’étais déjà très connecté avec le milieu associatif de Strasbourg. Bliiida était en partenariat avec le Shadok, mais j’étais aussi en lien avec Ososphère, Av Lab et d’autres acteurs strasbourgeois.

Il faut faire du Bliiida à Strasbourg ?

Pas du tout, surtout pas. Ça ne marcherait pas.  Il faut prendre en compte les spécificités locales. Bliiida a été fait avec les acteurs messins pour leur ville. C’est forcément configuré différemment que Strasbourg. Après, oui, il y a des recettes qui marchent. Mon rôle, ça va être d’avoir les quelques ingrédients qu’on peut incorporer aux couleurs strasbourgeoises du Shadok. Mon but est d’orchestrer tout ça de manière bienveillante avec la logique de communauté. Mais ça dépend surtout des acteurs qui veulent s’investir dans le Shadok. Il faut que ça devienne une maison pour les acteurs strasbourgeois.

Après quand tu fais de l’événement, de la rencontre… la magie est censé s’opérer d’elle-même. Reste le choix d’orienter telle ou telle initiative, de l’accompagner un peu plus, de la mettre en avant… C’est ça qui donnera les couleurs du Shadok. Tout ça, c’est en cours de conception.

Global Game Jam

Aujourd’hui je dois recenser, discuter avec les acteurs. Le travail de projet viendra ensuite, tout en assumant ceux qui ont déjà été lancés. Je n’arrive pas sur une page vierge. Pour ça, j’ai dû écouter des acteurs strasbourgeois qui me paraissaient pertinents. J’ai discuté avec l’Ososphère, le Pixel Museum, Av Lab, l’équipe du Shadok… Mais l’image que j’en avais a déjà évolué depuis mon arrivée, il y a quelques semaines. Là je commence à comprendre les flux, l’activité autour du Shadok. Je trouve qu’il y a plein de choses à imaginer sur cette presqu’île, notamment avec l’exceptionnel bassin d’eau. Le quartier commence à sortir de sa grosse période de travaux. La Presqu’île redevient un terrain de jeu.

Aujourd’hui, le public du Shadok est-il trop initié et fragmenté ?

On veut changer ça, bien sûr. Par exemple, avec une saison à la thématique science-fiction. A l’heure des Avengers et du retour de Star-Wars, difficile de faire plus grand-public. Tout dépend de comment tu la traite. Est-ce que c’est pointu, perché, conceptuel ou plus accessible grand-public ? Je penche sur la seconde option.

Le lieu doit être ouvert à l’ensemble des générations de l’Eurométropole. On parlait de numérique et d’écologie, il faut créer des déclics. A mon sens, ça passe par de l’interaction et de l’immersion. Tu peux mettre une vidéo d’art numérique, c’est bien, c’est beau. Mais le Shadok doit prendre une autre place, une autre identité. Ça doit être un lieu où tu viens tester sans complexes, peu importe ton background culturel et social. Je défends une compréhension par l’expérience. C’est souvent plus facile que d’être dans une logique scolaire. Le Shadok doit être un laboratoire ouvert et vivant, avec du bruit, des enfants qui courent, des applis à tester etc. C’est une des clés pour que la médiation numérique se fasse efficacement.

L’art doit être un vecteur d’apprentissage du numérique ?

Quand vous parlez de code informatique, les jeunes générations peuvent vous comprendre, mais pour d’autres, ça ne va pas du tout leur parler. L’art peut interroger, faciliter la compréhension. C’est un premier rôle.  L’autre rôle, serait celui de critique. C’est par des projets d’artistes qu’on permet de critiquer, de poser les questions éthiques. Il y a beaucoup d’œuvres sur la vidéo-surveillance ou la géolocalisation. « Que fait Google avec nos données » ? Ou Strasbourg.eu? Mais il faut peut-être plus avoir peur de Google que de Strasbourg.eu… Les artistes apportent cet œil vif et acéré sur les nouvelles tech, et c’est un garde-fou nécessaire.  L’artiste a une fonction principale dans la vie d’une ville, il trace des trajectoires, des utopies. Il invente, il rêve… et il critique. Il se pose des questions.

Quand on invite des artistes au Shadok, l’idée c’est de leur demander : face au numérique qui se transforme et qui transforme le monde, c’est quoi votre point de vue ? Ce qui me plaît le plus c’est la rencontre entre l’art et la technologie. Par exemple, le jeu-vidéo est le terrain d’expression idéal pour les artistes. Il y a du scénario, du graphisme, de la création sonore etc… mais tu restes toujours dans la technologie avec les développeurs, la structure du jeu, le gameplay etc.

Décentraliser ses usages numériques – Crédit: Martin Lelièvre

Shadok 2019 et après, vers quoi le lieu se dirige-t-il ?

Le Shadok accueille en 2019 un programme d’expositions autour de la Science-Fiction. Quand on parle de SF, on parle d’anticipation. Donc le monde de demain. On parle aussi de pop-culture, donc on peut ramener du StarWars etc ce qui fait, j’espère, une entrée facile pour le grand public. Il y a aussi des associations qui ont besoin d’un lieu, d’un accompagnement… ce que le Shadok propose. Dans cette saison Science-Fiction, je vais commencer à mettre deux trois ingrédients pour qu’il y ait une transition dans la direction que je veux prendre, sur les quelques trous dans l’agenda qu’il nous reste par exemple. A la fin de l’année, j’espère avoir pris le temps d’avoir discuté avec tout le monde pour garder une machine qui marche pour pouvoir donner une nouvelle impulsion. Il faut aussi voir avec l’Eurométropole, forcément. Je dois consulter avec les élus et la Ville.

Le rôle des équipes du Shadok, c’est d’accompagner, mais aussi permettre les liens pour que les structures s’accompagnent entre elles. « Regarde, ton voisin, il a fait ça comme ça, il fait des supers vidéos pour un prix abordable… il vient de signer avec X prestataire, ça pourrait t’intéresser. » C’est vraiment faire en sorte qu’il y ait de l’interaction entre eux. Dans le milieu, on parle de « cross-fertilisation ou fertilisation croisée ».  C’est ce qui s’est passé à Bliiida pour le jeu de tri de déchet. Le mec spécialiste en bio-déchets va à la cantine et croise un studio de jeux-vidéo. Après plusieurs rencontres, ils ont monté un truc ensemble et ils ont gagné un appel à projets. C’est un exemple, mais c’est quelque chose qui se passe dans tous les tiers-lieux de France.

Façade du Shadok – Crédit: Martin Lelièvre

Dans la future programmation, trois expositions majeures vont s’inscrire dans une durée longue.  Chaque exposition doit-être vue comme une expérience pour les petits comme les grands.  La première, probablement avec Ososphère, visera plutôt de l’art numérique avec des dispositifs qu’on peut expérimenter, déclencher etc. La seconde, plus type MakerFair et écologie, avec de la fabrication et de la plantation. La troisième sera purement gaming, avec de la VR etc.

Pour le Shadok, il faut faire en sorte que le lieu soit de plus en plus connu et que les habitants se l’approprient. Il faut que la matière proposée soit plus ludique, interactive, accessible. Qu’on soit plus dans de l’expérience que dans de la démonstration. Il faut s’éloigner de l’exposition muséale (montrer le numérique comme œuvre), parce qu’il y en a déjà à Strasbourg et des pionniers comme Ososphère, un des premiers festivals d’art numérique en France, mais dans les tests et l’expérimentation. Le Shadok doit devenir un lieu de vie pleinement.


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