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Bien ancrée dans la scène musicale électronique strasbourgeoise depuis maintes années, Longevity passe de la transmission de son à la transmission de savoir. L’association qui organise depuis 6 ans un festival de techno au jardin de deux rives ouvre cette année une école de musique pas comme les autres… puisqu’elle est basée sur la musique électronique et les nouvelles technologies !

Non, la Longevity Music School n’est pas là pour vous apprendre à devenir DJ. Par contre, si vous cherchez à savoir comment faire du gros son, comprendre le fonctionnement des signaux sonores pour faire des trucs expérimentaux, ou vous éclater avec des machines à sampler, c’est pour vous ! Production musicale en MAO (musique assistée par ordinateur), composition, création, sound design, arrangement, structure, mixage, mastering, performance live… Leur objectif est de donner les clés aux jeunes (et moins jeunes) créateurs pour la réussite de leur projet artistique de A à Z. Tu veux faire de la techno avec des cuillères comme le star strasbourgeoise Jacques ou faire des instrumentales pour ton pote trop doué en rap? Longevity est là pour ça.

Pas trop de Do-Ré-Mi-Fa-Sol dans cette école

« On est là pour traiter tout le spectre de la musique électronique. Pas seulement le versant festif, même si c’est ce qui nous anime à la base », explique Guillaume Azambre, co-fondateur du festival et de l’école Longevity. « Cette idée d’école nous trottait dans la tête depuis 3-4 ans. On ne s’improvise pas fondateur d’une école ! On bien pris le temps de maturer le projet. »

L’école, qui a fêté son inauguration samedi dernier au Shadok, sera ouverte en « béta-test » pour des stages et des ateliers à l’instar d’événements que Longevity avait déjà organisé auparavant. Pour les vrais « cursus longs », il faudra attendre avril pour s’inscrire et septembre pour le début des cours.

Guillaume promet beaucoup de pratique, mais aussi de la théorie. « Quand tu démarres un logiciel comme Abelton ou FL Studio, tu te retrouves rapidement en face d’un mur. Avec les tutoriels sur Youtube, il n’y a pas ce rapport humain, pas de retour sur sa production et on est souvent dans de la simple reproduction de mécanismes », explique-t-il. « Nous on cherche a réellement accompagner les gens dans leurs projets et être le socle du développement de la créativité des élèves. » Un mois de théorie, un mois de pratique, c’est comme ça que s’organiseront les cours chez Longevity. On commence par un mois d’apprentissage des rouages et de l’histoire du son avant de s’attaquer à son projet personnel qu’on travaille de chez soi avec des rendez-vous et un suivi régulier  des professeurs via une plateforme numérique en cours de développement.

« On veut être une plateforme de ressources et d’aide pour les artistes »

Des programmes sont disponibles pour les enfants comme pour les adultes. « On a vraiment voulu développer des cours pour les enfants, ça nous tenait à cœur. Les ateliers qu’on développe déjà au Shadok ont eu de très bons retours. Les parents nous demandent tout le temps « comment on fait pour en avoir plus ?! » » Guillaume précise qu’il y aura également d’autres ateliers, modules, workshops et stages pour développer des compétences précises comme la sonorisation d’une expo d’art par exemple. « Aujourd’hui, un graphiste quand il fait du motion, il a envie de mettre un peu de musique dessus … il y a un vrai croisement des pratiques, chacun veut rajouter des cordes à son arc. »

Une équipe de 4 à 6 intervenants coordonnée par le co-fondateur de l’école Frédéric Traverso

Pour Guillaume, cette école « est le fruit de la rencontre » entre Frédéric et lui-même. Tout les deux sont des professionnels de la musique. Le premier est DJ et organisateur du festival Longevity, l’autre joue dans le groupe Kings Love Jacks et est professeur en Musicologie et en Multimédia à l’Université de Strasbourg.

A l’inauguration, quelques enfants, mais surtout pas mal de jeunes adultes curieux d’essayer les machines, disposées en ateliers. Au programme: remix pop à la Madeon, beatmaking sur tablette à sample launchpad, création participative d’une musique en live, jam instrumentale augmentée digitalement, modulation des propriétés du signal sonore lui-même pour le transformer en vraie musique, quelques bribes d’histoire musicale … et même des sons activés grâce aux propriétés conductrices des fruits !

On pourrait rester des heures à l’essai des différentes activités installées au premier étage du Shadok. Pour autant, impossible ce samedi de visiter la salle de classe, d’enregistrement et de montage (pour des raisons d’organisation), toutes au deuxième. A 17h, une table-ronde est menée par Fredéric Cisnal, DJ depuis une trentaine d’année et auteur d’un livre « Berlin avant la Techno ». Les deux fondateurs de l’école, Guillaume et Frédéric discutent pendant une heure avec Maxime Meunier, directeur de l’ADIAM 67 (association départementale d’information et d’action musicale et chorégraphique) et Manu Dague, professeur à l’école de musique du Fossé des Treize.

« On ne peut plus séparer la musique électronique du rock par exemple. Il n’y a quasiment plus de guitare branchée en direct sur un ampli ! » s’exclame Maxime Meunier. « Grâce à internet et aux nouveau logiciels de MAO, beaucoup de choses ont changés. » Pour Manu Dague, les comportements musicaux se sont bouleversés: « Avec cette école, on ne poussera plus la porte pour apprendre la musique à travers un seul instrument. Aujourd’hui les enfants arrivent et veulent faire de la musique avec une tablette ! »

Juste après la table ronde, un adjoint au maire en charge du numérique de la Ville de Strasbourg, Paul Meyer (qui remplaçait Alain Fontanel premier adjoint au maire et adjoint à la culture absent pour cause de Racing), et Geraldine Farage, la responsable du Shadok, prennent la parole, histoire d’officialiser l’inauguration:

« Les arts prennent parfois un certain temps avant d’être reconnus et compris. Ça vaut encore plus pour les pouvoirs publics qui sont bien souvent les derniers à comprendre un mouvement. C’est aussi important de faire en sorte que les pouvoirs publics ne soient pas toujours les derniers à comprendre ce qui se passe ! […] Pendant longtemps, il y avait un retard au niveau des musiques électroniques. La scène locale très vivace ne trouvait peut-être pas les cadres institutionnels pour pouvoir s’épanouir et donc l’a fait en dehors de ces cadres. « 

S’ensuit le traditionnel cocktail préparé par les soins du Fabcafé avant que deux artistes s’enchaînent sur la scène du rez-de-chaussé pour une démonstration technique avec du matériel similaire à celui testable durant l’après-midi. GSTN (Gaston) propose un live de beatmaking dansant et Panda Maschine livre un live modulaire très intense, le tout accompagné d’animations d’AV Exciters.

Pour l’instant, pas de diplôme reconnu par l’état et les frais d’inscriptions ne sont pas encore affichés (sauf pour les workshops du shadok), mais l’école a un objectif clair de professionnalisation et une équipe passionnée et motivée à transmettre son savoir aux générations futures.

Aujourd’hui, le fait qu’un projet comme cette école fasse ses premières classes dans un lieu municipal aussi atypique que le Shadok harmonise un peu plus les relations entre Strasbourg et la musique électronique, qui furent parfois dissonantes par le passé. On souhaite aux futurs élèves qu’ils deviennent les futurs emblèmes de la fameuse « French Touch » électronique dans le monde !


Ecole de musique Longevity

Shadok, la Fabrique du Numérique – Presqu’île Malraux, Rivetoile, Strasbourg

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Longevity Festival


 

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