Après quelques articles de la série « Les 5 skeuds de… » consacrés à l’électro, il était tant qu’on s’accorde un article pour parler hip-hop. D’abord parce que moi même j’y baignais avant même de savoir qui était Laurent Garnier, ensuite parce que la scène hip-hop strasbourgeoise déborde d’énergie et de productivité, et qu’il est temps qu’on s’y plonge sérieusement.

Pour le premier de cette série – que j’espère longue et enrichissante – je suis allé rencontrer le DJ sûrement le plus éclectique de la ville, James Djinn. Cet amoureux du vinyle titille les platines depuis plus d’une décennie, affirmant à chaque prestation son goût pour la diversité des styles et des genres musicaux, de la house au rap en passant par la drum n bass ou encore du disco.

Chaque set de James Djinn est un voyage pour les audiophiles : on passe par tous les paysages et toutes les époques, et à tous les coups, on découvre quelque chose ! Quand le boy est aux platines, vous n’êtes à l’abri de rien, ni même d’entendre du PNL après un morceau d’Aphex Twin !

Également graphiste et graffeur, il s’amuse à croiser différentes formes d’expression pour construire un univers persistant, et le pari est plutôt réussi. Il est aussi le cofondateur du collectif « Les Ills », qu’ils ont formés avec son collègue Ostalgie, et qui fut durant plusieurs années la principale interface de leur activisme.

Je suis allé le rencontrer pour qu’à son tour il me balance 5 boulettes à passer fort pour faire chier les voisins, et voici donc sa sélection 100 % hip-hop, 100 % classiques, et 100 % trés lourd !


1 – Fuzati feat Mf Doom – Depuis que j’étais enfant

Le Klub des Losers, j’ai découvert au collège, très tôt, et je me suis vite identifié au gars. Fuzati, c’est un rappeur de blanc de Versailles qui s’exprime derrière un masque, qui parle de dépression et de misanthropie, c’était assez décalé à l’époque. C’est le premier skeud que j’ai acheté de ma vie, je n’avais même pas encore de platines pour l’écouter. Ce qui est assez drôle sur ce morceau, c’est que c’est un remix de Mf Doom qui rappe lui même derrière un masque et qui est une grosse légende du hip-hop. J’ai trouvé ce remix vachement symbolique et important. Enfin voilà, c’est un mec qui m’a beaucoup touché, et que j’écoute toujours.


2 – Palm Skin Productions – How The West Was Won

Il y a une influence un peu asiatique dedans que je kiff bien généralement dans le hip-hop. Je l’avais trouvé dans une espèce de brocante à Berlin qui a lieu tous les dimanches, ça fait 10 ans maintenant. C’est le premier skeud que j’ai acheté ailleurs qu’à Strasbourg, je savais pas du tout ce que c’était je l’ai choisi à la pochette. Parfait pour les dimanches enfumés, c’est que de l’instrumentale, trip-hop un peu perché, trés doux, vraiment smooth !


3 – Autumn 2.0 // Grems feat Peshi & Dutchmassive prod Noza

Grems, encore une grosse influence en matière de hip-hop, MC très polyvalent, il a péra sur de la house, du dubstep… Il est aussi graphiste et grapheur. C’est un bon mélange de forme gérée et de fond intelligent. Il reste fidèle à ses couleurs et à son son même s’il s’essaie aux tendances. J’ai eu la chance de le rencontrer au NL, le mec est vraiment cool et accessible. Du fait de sa diversité et des ses prises de risques dans le pera, il m’a aussi donné envie d’explorer plein de choses. C’est lui par exemple qui m’a donné envie de lancer le concept d’open mic « Punch Line » à la Kulture, où l’on propose à des MC de poser sur des beats inhabituels.


4 – King Britt Presents Sylk 130 – When The Funk Hits The Fan

Encore une fois, on est sur un artiste assez complémentaire ! Il est plus producteur, à la base il vient de la house puis il s’est intéressé à tout ce qu’il y a autour, funk disco, broken beat… J’aime trop ce côté black music qui groove de fou et qui est très riche instrumentalement, avec des arrangements assez complexes. C’est un gars qui peut être très accessibles mais aussi parfois bien pointu en terme de prod. C’est un artiste que je rêve de faire venir.


5 – Little Indian – One Little Indian (J-Dilla Remix)

J-Dilla, c’est un peu dieu pour plein de gens ! Il a influencé plein de monde et a rayonné dans le hip-hop par ses productions, il y a quelque chose d’organique dans ses prods vraiment unique. Il est mort hyper jeune, mais il a une grande importance dans le hip-hop fin 90s, début de 2000 et a impulsé plein de choses chez d’autres artistes. Il y a un côté street assez brute avec une caisse claire chatoyante, mais en même temps il y a des harmoniques super doux, ça donne un style singulier que j’aime beaucoup… C’est aussi un MC assez sous estimé.


6 – Hiba – JUICECALL

Hiba, deux Strasbourgeois très chauds en ce moment ! Le clip est vraiment trop lourd et bien mené. C’est des MC vachement aventureux, ils rappent sur tout, sont très polyvalents. Ils ont une vraie vibe et c’est des mecs complètement humbles ! J’attends avec impatience le prochain projet qui devrait vite arriver.


Vous pouvez retrouver James Djinn sur différents projets ces prochains temps, que voici :

  • Connexion @ La Kulture w/ Ostalgie & the log lady le 30/08
  • Longevity Festival le 31/08
  • After des Ososphère avec les ills x Bande Magnétique w/ Arômes, itako, Ostalgie 15/09
  • Retour du format Punch Line en octobre à La Kulture
  • Émission Ghetto Bass w/ effy sur ODC live à la reprise en début de saison

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