Chaque semaine, un(e) DJ strasbourgeois(e) nous présente 5 disques de son choix. Coups de cœur, thématiques précises, zoom sur un genre ou une époque… Ils vous feront découvrir leurs univers à travers leur musique. Fermez les yeux, tendez l’oreille. 

Directeur Artistique de La Kulture, DJ et Producteur, plus connu sous le blase de Ostalgie, mais aussi Raw Joe ou encore Vita Cola… Co-fondateur du label Bande Magnétique et de l’ex collectif Les ills… Ostalgie a invité à Strasbourg plus d’une centaine d’artistes en 4 ans. Éclectique, son spectre sonore oscille entre hybridation : ambiant et techno, du jazz à l’acid, du dub au breakbeat, de la funk à la ghetto house, de l’expérimentale à la musique plus traditionnelle et tribale… Le projet ‘Ostalgie’ combine deux passions, musique et cinéma – ost (original soundtrack). Mélangeant enregistrements sonores ou visuels, à ses propres compositions généralement atmosphériques, teintées de vibes nostalgiques qui lui sont propres. Son 1er EP solo ‘electrosensitivity’, est sorti récemment sur la plateforme multi-artistique et culturelle de Willis Anne : Live Act Night Berlin – LAN. On découvre aujourd’hui quelques uns de ses coups de cœurs et leurs histoires…

1 – DJ Assault – Sex On The Beach [Purple EP / Electrofunk Records] (1996)

Je commence tout de suite par l’anthem inconditionnel, que je chéris toujours autant avec les potos de mon ancien collectif « les ills ». « Sex On The Beach » de DJ Assault nous a poursuivi lors de toutes nos soirées, open air, apéros ou 3ème mi-temps… Il y a quelque chose de magnétisant et assurément kitsch dans ce track que je ne saurais expliquer. Il fera toujours de l’effet sur n’importe quel dancefloor, il provoque quelque chose d’euphorique.

Originaire de Détroit, DJ Assault est l’un des pionniers de la Ghettotech ainsi que de la Ghetto House… Ce morceau a été produit avec un autre pionnier Mr De, que j’invite aussi à digger, son remix « Sex On The Beach 2000 ft. Greg C. Brown » est une masterpiece aussi. Un certain Denis dit « Letherique » l’a dans sa collection, je l’envie tellement… On a eu l’immense kiff de faire venir DJ Assault pour sa première fois à Stras, au Mudd Club (R.I.P) en 2017 et c’était énorme !


2 – Legowelt – Cruise till the Sun Shines [Los Alamos Hotel EP / Peoples Potential Unlimited] (2014)

Legowelt est l’un de mes plus grands gourous, est l’un des producteurs électronique les plus prolifiques de sa génération avec pas loin de 40 blazes et une centaine de releases à son actif… On m’a toujours dit que si je voulais que ma musique marche, je devais rester focus dans un seul style, j’ai toujours trouvé ça triste. Legowelt est l’exemple parfait du contraire, il ne se fixe aucune barrière et invente des alias pour chaque projet qu’il réalise. Ça a peut être des cotés schyzo, mais le mec se fait plaisir et son plaisir est communicatif. J’ai aussi un peu cette approche avec la musique : j’écoute de tout et j’essaie de produire de tout, je change constamment de mood !

J’ai beaucoup écouté le track que j’ai choisi avec mes khos Simon et Jordan, aujourd’hui à l’autre bout du monde, j’espère qu’ils apprécieront la dédicace là où ils sont et que ça leur donnera de la force. Le label PPU et l’un de mes labels préférés aussi, pour moi l’un des meilleurs label Disco, Funky, Boogie, Soul, Synthwave… encore en activité. J’incite tout le monde à le digger à fond. On a aussi invité Legowelt à Stras c’était en 2016, la plus grosse soirée qu’on ai fait avec « les ills ». C’était au Studio Saglio avec pas loin de 600 personnes, Legowelt en bon sorcier avait bien sûr retourné la salle…


3 – Oleg Buyanov – Money Is A Gas + Let Speak [True White EP / Gost Zvuk] (2015)

Alors là, on commence à rentrer dans les trucs un peu plus pointus et élitiste avec Oleg Buyanov aka OL, qui est à mes yeux (et oreilles), ainsi que le label en question « Gost Zvuk », respectivement mon producteur et label préféré… Je possède tout les skeuds de l’un et l’autre !

Toutes les sorties sont envoutantes, il y a quelque chose de mystique et original dans toutes les compos, comme si tous leurs sons étaient un savant mélange de sons oldschools et futuristes, de sons indus et naturels… Ce label a clairement changé ma vie. Exceptionnellement j’ai pris deux morceaux parce qu’il y en un très court d’une minute qui est plus une intro ou interlude « Money Is A Gas » est tiré d’un documentaire russe sur la cueillette des champignons. J’adore ce genre de truc obscure et je m’intéresse aussi par ailleurs beaucoup au cinéma… Le deuxième track, « Let Speak » est un morceau de dub techno breaké qui gratte, enveloppé dans des nappes venues de l’espace.
J’adorerais pouvoir les booker une fois à Stras que ce soit OL, Vtgnike, Flaty ou encore Buttechno… mais le grand public ne comprendrait pas trop le délire je pense, c’est beaucoup trop cheper !


4 – Watching Airplanes – Saboter La Machine [Pysop LP / Banlieue & Peur Bleue Records] (2018)

L’album « Psyop » de Watching Airplanes, est pour moi, le meilleur disque sorti en 2018, véritable ovni, c’est le bébé de la fusion de deux labels : Banlieue et Peur Bleue Records. C’est un skeud tellement complet, on y retrouve de tout comme styles, et mélangés à la perfection. On approche de la quintessence de l’hybridation et c’est un peu ce qui se rapproche le plus de ce que j’ai produit dernièrement. Ils sont deux et viennent de Manchester je crois, ils sont très discrets, j’ai essayé de les contacter, mais les mecs sont overbusy…

J’espère qu’ils sortiront des trucs prochainement, histoire de reprendre de bonne claques !


5 – Elektro-Dschungel – Liebe Gabi [Edition Dschungel] (1987 – 2017) – Kebab-träume

Elektro Dschungel c’est un groupe germano-turc des années 80, époque post mur de Berlin, qui fait du rock psy, funk et oriental. L’EP s’appelle Kebab Träume, « le rêve du kebab », c’est mon pote Chams qui me l’a offert celui ci à force que je lui envoie. Le track « Liebe Gabi » me fait penser à ma famille parce que j’ai des origines allemandes, et Gabi c’est le surnom de mon petit frère. C’est un morceau que j’écoute plutôt à la maison, je l’ai pas trop joué en club, mais c’est super groovy et funky, j’aime beaucoup ce qui s’en dégage.


Bonus : Rah Band – Messages From Stars 1983 – repress [Especial Discos]

Celle là, c’est un plaisir coupable, même si c’est plus un classique qu’autre chose. J’écoute ce track dés que j’ai un coup de mou, il me met la pêche et me met de bonne humeur. Je l’avais entendu dans un set de Dam Funk à Berlin, en 2010 il me semble, ça m’avait scotché. Pour la petite histoire, quand j’avais entendu ce son, je l’ai cherché partout. Je suis même allé jusqu’à Utrecht, à la plus grande foire aux disques du monde, j’ai rendu fou tous les vendeurs pour essayer de le choper, en vain. Heureusement, il a été repress l’année dernière, du coup je devrais me le procurer trés prochainement. C’est un morceau que je joue dés que possible en soirée.


Et les news de ton côté ?

Il y a peu, j’ai sorti mon premier skeud, « electrosensitivity » sur le label L.A.N, un label d’un pote à Berlin avec qui j’avais déjà fait des soirées par le passé. On a bossé deux ans sur ce projet, mais c’est le temps qu’il fallait pour sortir un truc cohérent. Niveau son, c’est à l’image de ce que je joue, c’est un mélange de plein de trucs, de la house à l’électro en passant par le break beat et l’ambient. On l’a sorti à 20 exemplaires pour le moment, c’est un truc super rare, la cover a été faite à la main par un pote à moi, Lukas, c’est un collage… chaque skeud est unique et original.

On a aussi sorti un clip, Alpina, j’en suis super content. C’est le boss du label justement qui a bossé dessus. C’est trés contemplatif, et il rejoint bien le titre de l’EP, la sensibilité électro magnétique qu’on peut avoir aujourd’hui avec tous les appareils électroniques, le wifi et tous ces trucs qui t’embrouillent le cerveau.

Et pour finir, on vous laisse aussi le track d’Ostalgie pour la playlist de Chineurs de House, efficace et bien groovy !

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