Bien souvent, on se retrouve surpris de trouver de la beauté dans les instants du quotidien : ces petits moments en apparence banals mais qui nous apportent tellement. Valentin Philiponet, le photographe que Pokaa a décidé de mettre en avant dans cet article, détecte toutes les singularités de toutes les personnes que l’on peut croiser dans la rue, sans pourtant jamais se retourner.

Valentin Philiponet, par lui-même

Comme d’habitude désormais, place à l’artiste pour se présenter :

« J’ai 20 ans, je suis étudiant ingénieur à l’INSA Strasbourg et je ne sais toujours pas vraiment comment décrire ce que je fais. J’aime passer du temps à photographier secrètement les « trucs » spéciaux que je remarque chez les gens, et qui passent inaperçu en temps normal. C’est vachement chelou quand même !

Loin de moi toute démarche malveillante, au contraire. Mes photos se basent principalement sur les singularités de chaque inconnu. Peu importe l’âge, le sexe, le style, n’importe qui peut avoir « ce truc ». Ce fameux truc en plus. J’entends par là des choses simples : un regard, un visage expressif, un style particulier, tout peut y passer.

Ma plus grosse caractéristique, c’est que jamais personne ne sait que je le photographie. De mon point de vue, la personne va me rester en tête, puisque je vais chercher à la prendre sous le meilleur angle de vue possible. Mais pour elle, je ne suis qu’un passant qu’elle n’aperçoit même pas. Et elle ne saura surement jamais que j’ai capturé un moment de sa journée.

Comment je m’y prends finalement ? Quand j’ai une ou deux heures à tuer, je prends mon appareil, mes écouteurs, et mes lunettes de soleil. Avec ça, j’ai ma tenue d’action, celle qui me fait croire que je suis invisible aux yeux des gens. Une fois au centre ville, le zig-zag commence. J’observe quasiment tous les gens que je croise, jusqu’à repérer ce fameux « truc ». Après 3-4 allers-retours entre la cathédrale et Homme de fer, je peux rentrer tirer mes photos. D’une bonne séance, je pourrai en tirer 2 ou 3 photos que je trouve top, que je posterai dans les semaines qui viennent sur Instagram. 

« Oui, mais tu n’as pas peur d’avoir des ennuis si la personne se reconnaît ?! »

Il n’y’a vraiment qu’en France que les gens posent cette question ! Et non, absolument pas. Mes photos ne sont jamais négatives. Sans être prévenus, les gens sont naturels, ils sont vrais, ils sont eux même, jamais en mauvaise posture. Et au final, mon job est de prendre de belles photos, donc y’a pas de raisons qu’il y’ait un souci. Après, je le comprendrais, évidemment.

Et tout ça, je le poste sur Instagram. Ça ne fait qu’un an que je fais tout ça, donc mon travail passe encore inaperçu, mais je commence à avoir de plus en plus de personnes « inconnues » qui apprécient ce que je fais, et ça c’est génial ! Je vais continuer les photos tant que j’ai le temps, en espérant trouver un moyen de développer ce que je fais, je ne sais par quel moyen !

L’insoutenable légèreté de l’inconnu

Désormais, voici quelques photos prises par Valentin. Vous pouvez les retrouver (et bien d’autres encore) sur son Instagram.

Valentin Philiponet est encore un jeune étudiant, mais il serait temps que plus de monde se rende compte du talent qu’il a. Ses photos prennent des inconnus, comme vous et moi, et les expose dans tout ce qu’ils sont. Pour moi, il y a peu de choses aussi émouvantes que cela.


9 COMMENTAIRES

  1. Euh c’est sérieux? Le droit à l’image ça existe pas par pour rien, les gens qui se baladent dans la rue ont pas forcément envie de se faire prendre en photo par inconnu qui prend bien soin de se cacher avec ses lunettes de soleil comme il dit. Faudrait arrêter de tout se permettre au nom de l’art, pas sûre que les gens sur ses photos ont envie de se retrouver sur l’appareil d’un inconnu, qui plus est qui poste leur photo sur internet ensuite, surtout pour des enfants (et petit rappel : « avant utilisation de l’image d’un mineur, l’autorisation des parents (ou du responsable légal) doit obligatoirement être obtenue par écrit. ») ou des personnes sans domicile fixe. Laissez les gens tranquilles et trouvez-vous des modèles qui acceptent de poser pour vous.

  2. Bonsoir,
    Légalement tout le monde peut non seulement photographier des gens dans un lieu public, mais aussi publier les photos sans autorisation, c’est un droit défendu par la loi (liberté d’expression, liberté artistique).
    Pour une explication détaillée en 8 minutes par une avocate : https://www.youtube.com/watch?v=PVypp_zz7Oo
    Excellente soirée à vous 🙂
    Alex

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