Projet au coeur de plusieurs controverses politiques, la résidence étudiante de 500 places située place d’Islande a été présentée à la presse le 2 juillet. Cinq bâtiments réunis en un seul, 1 600 m2 d’espaces verts et même un bar-container ouvert pour le quartier, retour sur un projet qui démarrera ses travaux au printemps 2027.
« On a voulu prendre le temps de faire les choses bien. » Pour Sophie Roussel, directrice générale du Crous Strasbourg, la résidence étudiante place d’Islande est sur de bons rails. Dans les cartons depuis 2023 sur une parcelle de presque 4 000 m2 appartenant à l’État, le projet a pourtant connu son lot d’oppositions, qu’elles soient politiques ou de la part d’un collectif d’habitant(e)s du quartier.
Mais ce 2 juillet, l’heure était à la présentation devant la presse. Pour l’occasion, toutes les équipes du groupement qui a remporté l’appel à projets étaient présentes et ont pu, nombreuses slides de Powerpoint à l’appui, dévoiler la résidence étudiante qui s’implantera à l’horizon 2029 dans le quartier. Retour en 4 questions.
Il va se construire où ce projet ?
Le projet va se construire entre la rue Schnitzler, prenant la suite de la rue Vauban et l’avenue de la Forêt-Noire, se trouvant ainsi entre l’Esplanade et la Neustadt. Deux secteurs très différents, que la résidence étudiante souhaite relier. Le bâtiment aura par exemple des façades en béton brut avec des lasures végétales, en utilisant du grès des Vosges rose, jaune et brun afin de faire écho aux bâtiments avoisinants.
Construit comme une seule entité, le bâtiment sera divisé en 5 ailes de hauteurs différentes, avec deux R+6 (rez-de-chaussée et 6 étages), un R+3, un R+8 et un R+9. Un jeu de hauteur qui donnera un aspect particulier au projet, qui opère sur 12 000 m2 de surface de plancher, et qui aura même 365 m2 de panneaux photovoltaïques en toiture.
Combien de chambres ?
La résidence pourra accueillir 500 étudiant(e)s dans 482 logements : 476 studios entre 14 et 16 m2, 25 logements PMR ainsi que 6 colocations de 4 personnes. On y retrouvera des espaces de travail, de cuisine et de préparation de repas, une douche, tandis que les colocations auront un séjour/cuisine de 21 m2.
Il y a de la demande pour du logement Crous de qualité et abordable.
Quant aux loyers, ils seront de 313€ hors charges pour un studio de 16m 2, soit un reste à charge après APL de 179 ou 229€ selon les échelons boursiers. Les charges restent à affiner selon Sophie Roussel, qui insiste sur le fait que la future résidence sera reliée au réseau de chaleur urbain dans le secteur, ce qui fera baisser sensiblement les factures de chauffage.
Surtout, la résidence aura son lot de locaux de vie étudiante partagés : une salle de fitness/danse de 40 m2, une salle de musculation de 45 m2, mais également des espaces de coworking et de convivialité. Enfin, une salle multi-usages sera également disponible, même pour les habitant(e)s du quartier, qui pourront la réserver.
Il y aura des espaces verts ?
Les différentes équipes du groupement ont voulu rassurer sur ce point, qui avait été l’une des grandes préoccupations des habitant(e)s opposé(e)s au projet. La surface d’espace vert est de 1 600 m2, soit le double de ce qui était requis dans le plan local d’urbanisme (PLU), pour former un « véritable parc urbain ». Les jardins de devant reprendront la trame paysagère de la Neustadt, tandis que différents chemins seront créés au sein des espaces pour pouvoir se poser avec du mobilier.
De nombreuses essences seront plantées, certaines locales et d’autres plus adaptées à résister au changement climatique. Surtout, un bar-container sera présent au coeur de l’îlot, ouvert aux étudiant(e)s mais également aux habitant(e)s du quartier. Une volonté de créer un véritable espace de convivialité, mais également un refuge de fraîcheur lors des périodes de canicule.
Est-ce que le projet est gravé dans le marbre ?
Le chantier démarrera au printemps 2027 pour une fin de travaux prévue fin 2028 et un emménagement prévu début 2029, pour un budget de 41,36 millions d’euros. Néanmoins, tout n’est pas gravé dans le marbre, et le projet pourra évoluer à la marge selon le retour des habitant(e)s et des politiques.
Car on l’a vu lors du dernier conseil municipal : si Catherine Trautmann a acté que le projet se ferait, la maire a réitéré son opposition. Et elle a même formulé un voeu : que le projet aménage un square public largement végétalisé sur la partie non construite, que la place puisse être traversée à pied, que le projet ne vienne pas aggraver les problèmes de stationnement, et que la sécurité et la tranquillité publique soient assurées.
On prend acte des vœux de la Ville, le projet ne peut pas se faire contre le territoire.
Sophie Roussel a assuré qu’ils et elles travaillaient à assurer une traversée piétonne, ainsi qu’à trouver une solution pour ne pas clôturer l’espace vert, ce qui était prévu au départ. Enfin, elle rassure à la fois les habitant(e)s et les politiques : tous/tes les étudiant(e)s n’ont pas de voiture, et « il n’y a pas 500 voitures qui vont arriver avec la résidence ».
Reste à voir les changements qui seront peut-être apportés au projet, alors que celui-ci prévoit de créer plus de logements étudiants en ville… Un énorme besoin alors que la précarité étudiante et la crise du logement ne cessent de s’accroître.


