Le 22 juin dernier, Strasbourg a été choisi pour accueillir un rendez-vous consacré au documentaire, dans la lignée du traditionnel Sunny Side of the Doc, proposé depuis 20 ans à La Rochelle. Une fierté pour la Ville, qui a monté une candidature en quelques semaines et qui va réinventer l’événement d’ici 2027.
Un nouveau titre pour Strasbourg. Jamais avare de récompenses et de titres de capitale de, Strasbourg deviendra en 2027 la capitale du documentaire. Une annonce faite par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), à l’occasion du Sunny Side of the Doc 2026 de La Rochelle.
Marché international du documentaire pour les professionnel(le)s et rendez-vous immanquable de la profession depuis 1990, celui-ci se tenait à La Rochelle depuis 20 ans. Pour sa dernière édition rochelaise, il avait failli être annulé, victime d’un contexte toujours plus compliqué pour la profession entre baisse des subventions, nouveaux supports et réorganisation de la filière. Il fallait donc trouver un remplaçant pour réinventer le format, et c’est Strasbourg qui a été choisi.
Une candidature très rapide
Le choix de la ville comme futur hôte du marché international du documentaire est une fierté pour Pierre Jakubowicz. L’adjoint à la culture salue un projet construit avec ses collègues Pernelle Richardot et Rebecca Breitman, monté « dans un temps ultra record ». « Quand on a pris nos fonctions, on a appris qu’une sélection était en cours dans l’organisation de l’événement. Strasbourg ne s’était pas positionnée, donc il fallait qu’on agisse très rapidement. »
C’est l’un des premiers sujets qu’on a traités dans les premiers jours du mandat.
Des contacts ont été réalisés avec la Région Grand Est, afin de porter une candidature commune. Le dossier a été constitué en une dizaine de jours à peine et, à la mi-avril, Pierre Jakubowicz est parti présenter le projet strasbourgeois devant le président du CNC avec Martine Lizola, présidente de la Commission culture et mémoire à la Région. Jusqu’à la désignation de Strasbourg, le 22 juin dernier.
Strasbourg capitale du documentaire
Un choix qui a du sens pour Pierre Jakubowicz, vantant les atouts de Strasbourg dans le domaine : « On est un gros territoire d’audiovisuel. On est l’un des principaux lieux de tournage en France, on accueille des structures comme Eurimages, ARTE, l’Observatoire européen de l’audiovisuel, mais aussi des dizaines de sociétés de production et de post-prod. »
C’était logique d’accueillir un événement professionnel en rapport avec une filière d’exception du territoire.
Par la suite, l’adjoint à la culture met également en avant le statut de capitale européenne de la ville, considérant « que le documentaire participe à la lutte contre les fake news et le fait de mettre en avant cette esthétique correspond à l’identité de Strasbourg ».
Enfin, il justifie également le choix par les bénéfices en termes d’attractivité : « Pendant quatre jours, chaque année, 2 000 professionnels venant de 60 pays viendront à Strasbourg. C’est une opportunité économique pour la filière image de Strasbourg et du Grand Est, mais également pour le territoire avec les hôtels et restaurants. C’est un surplus de visibilité et d’attractivité. »
On peut s’attendre à quoi en 2027 ?
Dès 2027, Strasbourg accueillera donc le marché international du documentaire. Une réimplantation durable, a minima pendant 3 ans, le projet étant inscrit dans le contrat triennal Strasbourg capitale européenne jusqu’en 2029.
Surtout, l’événement va évoluer. Alors que La Rochelle comportait surtout des rencontres pour les professionnel(le)s, Pierre Jakubowicz explique que Strasbourg va mettre en place une quatrième journée, co-organisée avec le CNC : un sommet européen sur les enjeux actuels de l’audiovisuel, comme l’IA, les droits de douane ou les droits d’auteur.
Strasbourg a été choisi à l’unanimité des acteurs professionnels, il y a eu un vrai engouement.
Mais que les Strasbourgeois(es) se rassurent : si le rendez-vous est d’abord pour les professionnel(le)s, la Ville a également prévu de créer un festival grand public selon Pierre Jakubowicz. L’adjoint à la culture annonce des projections, des interventions en milieu scolaire et des masterclass, en mobilisant les cinémas du centre-ville dont le Cosmos : « Il faut qu’il y ait également une résonance grand public autour de l’information, de l’investigation, de l’écologie et de la démocratie. »
À partir de septembre, un comité de pilotage se mettra en route avec la Région, la Ville, l’Eurométropole et les acteurs socio-professionnels du documentaire et de l’audiovisuel. Afin de bien préparer la première édition du nouveau marché international du documentaire, qui se déroulera autour de la troisième semaine de juin 2027.


