Ce 2 septembre à Strasbourg, Catherine Trautmann a présenté sa feuille de route politique pour la culture. Sans encore d’annonce précise ou de projet phare, la maire de Strasbourg a tout de même détaillé ses ambitions sur le sujet : une culture qui rayonne, qui replace la ville dans ses habits de capitale européenne et qui prend en compte les nouveaux sujets de l’époque comme l’intelligence artificielle.
Ambiance rentrée des classes au TAPS Laiterie ce 2 septembre. Catherine Trautmann au pupitre, telle une professeure des écoles, accompagnée de son élève Pierre Jakubowicz, adjoint à la culture. Devant elle, la presse, attirée par les promesses d’annonces sur la politique culturelle de Strasbourg, un sujet toujours très proche du coeur de la maire, en ses qualités d’ancienne ministre.
Mais comme à chaque rentrée des classes, le premier jour n’est jamais celui des annonces précises. C’est plutôt celui où le/la professeur(e) principal(e) détaille son projet pour les prochains mois, les attentes et le bilan de l’année passée. Et c’est exactement ce qu’il s’est passé hier, lors d’une (très) longue conférence de presse, durant laquelle Catherine Trautmann a dévoilé sa feuille de route pour la culture, faite de priorités, d’orientations et de critiques du précédent mandat.
Faire rayonner Strasbourg et rendre la culture accessible
Niveau grandes orientations, la maire de Strasbourg remet sur le devant de la scène des mots qui avaient été « bannis » du langage écologiste durant six ans, comme celui de l’attractivité. Plus précisément, Catherine Trautmann souhaite que Strasbourg assume « une ambition culturelle à l’échelle européenne », qui permettra son rayonnement et le développement de son attractivité. Une orientation partagée par Pierre Jakubowicz, qui a déploré le manque de grandes expositions et de grands événements dans l’ancien mandat.
Il faut arrêter de parler de la culture uniquement sous le prisme de ce qu’elle coûte.
Cette ambition de rayonnement s’accompagne d’une autre idée : celle d’élargir la culture à toutes et tous, et notamment aux plus jeunes, avec tout un travail autour du livre. Annoncée dans le programme de Catherine Trautmann, une carte de médiathèque, dont les horaires d’ouverture seront revus et élargis, sera remise aux élèves dès le CP. Une façon « d’offrir d’autres espaces pour la jeunesse », selon la maire.
Usage de l'IA et maintien des financements
Outre ces orientations, Catherine Trautmann a pu poser quelques constats sur le monde culturel à Strasbourg. Elle regrette notamment le désengagement financier du ministre de la Culture, de la CEA et de la Région dans le domaine culturel. Elle a d’ailleurs annoncé que la Ville et l’Eurométropole continueraient leurs financements, sans pouvoir pour autant compenser les baisses des autres financeurs.
Elle a également dit très fermement que ces financements sont un choix politique, qui sera répercuté sur d’autres domaines. Comme depuis six mois, l’audit financier en cours sera le juge de paix.
Notre ambition est de regarder ce qui existe, d'en prendre soin, de répondre aux urgences et ne pas rester sur les difficultés du présent et regarder vers le futur.
Catherine Trautmann a également annoncé, sans le détailler, un « Plan patrimoine », qui concernera notamment les musées de la ville qui devront être « remis à niveau » selon Pierre Jakubowicz.
Enfin, la maire explique que la municipalité surveillera le développement de l’intelligence artificielle, en s’imposant une « autodiscipline de ne pas avoir recours à des illustrations faites par IA, en faisant des commandes publiques avec des artistes » et en trouvant des moyens de réguler le détournement des oeuvres.
Le sujet de l’Opéra en question
Finalement, aucun sujet de fond n’a réellement été abordé au-delà des mots et des intentions. Si la maire est rapidement revenue sur la polémique concernant la censure de la couverture de l’agenda culturel des médiathèques de septembre/octobre pour une mention « Stop genocide », révélée par Rue89, et que la question de la hausse des prix des musées a été rapidement évoquée, seul le sujet de l’Opéra a pu être un peu plus développé.
De 7€50 à 9€ : le prix des musées vient d’augmenter à Strasbourg
Il n’y a pas de projet de Jeanne Barseghian pour l’Opéra.
Critiquant le « mandat précédent [qui] n’a pas porté de vision culturelle pour Strasbourg », la maire et son adjoint ont réaffirmé la volonté de la municipalité de mener à bien le projet de rénovation de l’Opéra, récemment décalé d’une année.
Pierre Jakubowicz en a profité pour dire que l’option du Palais des Fêtes pour les saisons hors les murs allait être « réinterrogée très concrètement », car elle est selon eux « loin d’être optimale ». Il évoque également l’existence de bâtiments alternatifs capables d’accueillir les saisons hors les murs, sans en dire plus, puisque les résultats seront donnés « très prochainement ». Affaire à suivre donc, pour l’Opéra comme la politique culturelle globale.



