Les élections municipales 2026 n’ont jamais été aussi proches et les candidat(e)s à la mairie de Strasbourg multiplient les annonces de mesures. Catherine Trautmann, soutenue par le Parti socialiste, a formulé ses propositions pour le monde de la culture, entre critiques et innovations.
Elle l’avait déjà formulé dans nos colonnes, Catherine Trautmann, candidate soutenue par le PS, veut une ville « qui bouge ». Une promesse de la doyenne des candidat(e)s en lice pour la mairie de Strasbourg qui se retranscrit dans ses mesures en faveur de la culture.
« La culture est une respiration, une manière de vivre ensemble. Ce n’est pas un gadget », a expliqué l’ancienne ministre de la Culture sous Jacques Chirac, lors de sa conférence de presse ce mercredi 25 février.
Selon Catherine Trautmann, la culture a un rôle sociétal « essentiel dans un monde qui se durcit, se fragmente et s’inquiète ». Pour construire sa vision de la culture à Strasbourg, qui pourrait guider un futur mandat, la socialiste a décomposé son programme en quatre priorités.
« Soutenir l’existant et accompagner la création »
La colistière Laura Cassarino a pris la parole et s’est chargée de présenter le premier axe de ces priorités. « Dans un premier temps, il faudra procéder à un état des lieux des espaces qui existent déjà sur le territoire, pour identifier les besoins et les attentes des artistes. »
Avant de citer, en exemple, l’un des lieux que la liste socialiste aimerait modifier. « La Cave à Vins dans le quartier COOP est sous-exploitée. Elle pourrait devenir un espace d’exposition », imagine Laura Cassarino.
Parmi les autres actions qu’elle souhaite mettre en place : le soutien renforcé aux collectifs locaux, aux scènes ouvertes et aux tremplins. Avec l’objectif d’accompagner les acteurs et institutions « dans une dynamique de mécénat, pour mutualiser et diversifier les ressources ».
« Éclairer les chemins, notamment grâce au livre »
Pour la deuxième priorité du programme culturel, c’est le colistier Éric Kribs qui a présenté différentes mesures, s’appuyant sur le rôle du livre. « Nous avons besoin d’éclairer les chemins, notamment grâce aux livres », explique-t-il.
Strasbourg, capitale mondiale du livre de l’année dernière pourrait donc bien continuer sur sa lancée et faire graviter tout un pan de la culture autour du papier. « Il faudra travailler sur les temps périscolaires, avec l’instauration d’un temps de lecture. »
Dans le même temps, les élèves en élémentaire seront aidé(e)s durant leur scolarité. Une carte de médiathèque, dont les horaires d’ouverture seront revus et élargis, sera remise aux élèves dès le CP. Avant d’arriver au collège, les élèves recevront également un livre sur l’histoire de Strasbourg en CM2.
Enfin, pour en finir avec les mesures autour du livre, la mandature Trautmann souhaiterait voir la création d’un prix littéraire du premier roman !
« Faire rayonner Strasbourg toute l’année »
Pour Mathieu Cahn, autre colistier de Catherine Trautmann, « il faut poser les fondations d’une culture qui fait rayonner, avec des événements et grands événements qui amènent de l’attractivité ». Il affirme notamment « qu’il n’est pas question de réduire le budget de la culture à Strasbourg ».
« On veut entrer dans la logique d’une ville en mouvement permanent. Il se passera quelque chose toute l’année, on trouvera toujours quelque chose à faire à Strasbourg », se réjouit-il.
Pour cela, il imagine une culture calendaire en ville, qui se décline selon les saisons. Par exemple, le printemps dédié à la saison des festivals. Mathieu Cahn rêve même d’un retour de l’Industrie magnifique.
« Faire du FARSe l’un des cinq événements majeurs du spectacle de rue en France »
« Nous voulons faire de Strasbourg l’une des capitales françaises des cultures urbaines. » Un objectif qui passerait par la création « d’un skatepark couvert, à vocation internationale et à l’écosystème ambitieux ».
L’été, Strasbourg serait « la ville de la scène ouverte, de la culture qui sort des murs », raconte le colistier. Avec comme vocation de « développer le cinéma de plein air, les grands spectacles populaires, où on se rassemble, les plages urbaines. Nous souhaitons aussi faire du FARSe l’un des cinq événements majeurs du spectacle de rue en France ».
L’automne, Strasbourg serait « la ville des patrimoines », avant de céder sa place à l’hiver.
Pour Catherine Trautmann et ses équipes, « Noël doit avoir une dimension universelle pour faire vivre toute la ville durant cette période et ne pas opposer touristes et habitants. Nous devons retrouver une ambition artistique et de saison autour de Noël ».
La candidate socialiste a aussi partagé un commentaire sur l’organisation du marché de Noël 2025, en évoquant son démontage, alors que les touristes visitaient encore Strasbourg.
« Il y avait énormément de gens sur la place Kléber, au milieu des déchets. J’avais un peu honte ce jour-là, même pas mal honte. »
« Éclairer nos choix »
Enfin, Catherine Trautmann veut faire de la culture le chemin vers la connaissance en organisant tous les mois « les savoirs en commun ». Des expériences de « rencontres avec des scientifiques hors les murs ».
La candidate croit en la science pour « débattre, apprendre et avancer. La culture peut aider à faire des choix justes, plus intelligents et plus humains », explique l’ancienne maire de Strasbourg.
Des désaccords avec la politique culturelle de Jeanne Barseghian
La prise de parole a également été l’occasion pour Catherine Trautmann de pointer du doigt ce qui n’a pas fonctionné, selon elle, durant le mandat de Jeanne Barseghian. La socialiste dénonce « un financement instable, peu lisible et sans cap » autour de la culture.
Désaveu sur le lieu d’organisation de la Foire Saint-Jean, doutes soulevés sur les animations de la place de la Cathédrale ou constat que « Strasbourg capitale mondiale du libre a fait l’impasse sur les libraires » : les désaccords avec la mandature en cours sont nombreux.



