« Ne te laisse jamais tomber », « Tu es celle qu’il te faut », « Je te suis vrai » : en vous baladant dans les rues de Strasbourg, peut-être êtes-vous tombé(e)s sur ces petits messages qui accrochent l’œil. Pour en savoir plus sur ces mots doux apparus sur le bitume, on est allé causer avec leur auteur, Pierre Fraenkel, qui n’a pas fini de faire parler de lui.
Connu des mulhousien(ne)s pour les textes qu’il graffe dans l’espace public, Pierre Fraenkel a décidé de s’attaquer à Strasbourg. On a discuté avec l’auteur des phrases courtes qui sont apparues partout dans nos rues.
L’art pour tous les publics
« Formé aux Beaux-Arts, je me suis rendu compte que l’art contemporain n’était pas toujours le plus accessible au grand public. » Titillé par cette absence d’ouverture, il s’est demandé comment jouer ses cartes pour toucher les gens.
« J’ai débarqué à Mulhouse il y a plus de 20 ans maintenant, et j’ai vite abandonné le figuratif. Alors que pourtant, je dessine tout le temps depuis le CP. Je me suis rendu compte qu’avec le texte, j’arrivais mieux à être compris. À toucher les gens. »
C’est alors qu’il investit l’espace public de différentes manières : murs, trottoirs, mais aussi banderoles de manifestation, panneaux directionnels…
« Mon but, ce n’est pas d’être une vedette internationale. Au contraire, c’est d’être l’artiste du coin avec qui on peut discuter dans la rue, quand on me croise en train de graffer mes phrases. À Mulhouse, j’ai ma petite communauté. Et je me dis que maintenant, c’est au tour des Strasbourgeois(es) de subir un peu mes mots ! » poursuit-il en rigolant.
Des mots qui rassurent, des mots qui résonnent
« Le principe ? Aujourd’hui, le monde va vite. Alors je fais des phrases courtes, colorées, qui interpellent et n’obligent pas à s’arrêter. Je cherche des mots qui résonnent avec notre époque, qui parlent de nous, des relations, de l’amour, des crises… Je cherche des formules qui peuvent revêtir plusieurs sens, mais surtout, qui nous traversent toutes et tous. »
Pierre nous avertit : les quelques phrases qui se baladent au centre-ville ne sont qu’un aperçu de ce qui nous attend, car des pochoirs et des idées, il en a en stock. Et vous ? Vous avez déjà croisé ses mots ? Et sinon, pour le suivre, c’est par ici !


