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Barrage Vauban « trop arrosé » VS sécheresse : Strasbourg adapte l’arrosage de ses espaces verts

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L’été 2026 s’est avéré inédit sur bien des points. Comme ailleurs, une importante sécheresse touche le Bas-Rhin, la nappe phréatique et la majorité des bassins versants sont en situation de « crise ». Une lectrice nous a sollicités quant à des interrogations sur le barrage Vauban… qui paraissait « trop » arrosé. Qu’en est-il vraiment ? Et quid de l’entretien des espaces verts à Strasbourg face au changement climatique ? 

Si l’on a (enfin) l’impression de toucher du doigt la fin d’un été particulièrement éprouvant, la sécheresse persiste. On a reçu, il y a quelques jours, un petit message de la part d’une lectrice : « Je travaille juste à côté [du barrage Vauban] et à toutes les heures auxquelles je passe, même à midi, de l’eau s’écoule et vient se perdre sur la place minéralisée. »

Une situation qui peut effectivement surprendre, notamment au vu du contexte énoncé plus tôt. Alors le barrage Vauban est-il arrosé excessivement ? Et plus largement : comment la municipalité adapte-t-elle l’entretien de ses espaces verts à la sécheresse ? On a demandé à la mairie.

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Barrage Vauban
© Claude Truong-Ngoc - Wikimedia Commons / Photo d'illustration

Un barrage tout neuf

On vous en parlait il y a quelques mois, le barrage Vauban a tout récemment fait l’objet d’une remise en beauté. Les travaux visaient, entre autres, à reprendre totalement le système de végétalisation de sa toiture, notamment en augmentant son épaisseur.

Pour toute l’année à venir, la nouvelle végétalisation du barrage doit faire l’objet d’un arrosage spécifique, le temps que les racines prennent. Selon la municipalité, c’est cette sorte de double arrosage temporaire qui a pu causer « cette impression de goutte à goutte », du fait de la pente de la toiture.

barrage Vauban
Les travaux en avril dernier. © Nicolas Kaspar / Pokaa

Elle nous signale aussi une autre piste : un problème de joint début août. Réglé dans la journée, nous dit-on. Ouvrez l’œil en passant devant, normalement, ça ne goutte plus. Et si ça goutte, n’hésitez pas à nous le redire, on prendra des nouvelles des autres joints avec grand plaisir !

Et puis bon, vu qu’on était sur une bonne lancée, on s’est dit que c’était le moment d’interroger la Ville sur les adaptations plus générales concernant l’arrosage des espaces verts en période de canicule.

Végétaux quais (3) fleurs
© Marie Goehner-David / Pokaa

« Réduire les interventions d'arrosage »

Du côté de la Ville, on nous assure adapter les espaces verts dans le but de les rendre toujours plus économes en eau.

Ainsi, les traditionnelles jardinières sont petit à petit délaissées, car trop gourmandes. Une mesure mise en place progressivement à partir de 2023, poursuivie par la nouvelle municipalité. Pour les jardinières restantes, on privilégie des plantes « plus tolérantes à la chaleur, comme les vivaces ou les graminées, qui nécessitent moins d’arrosage ».

Et est-ce que vous aviez remarqué les jonquilles qui ont surgi un peu partout au printemps, ces dernières années ? Elles faisaient certainement partie des plus de 50 000 bulbes qui ont été plantés dans les massifs ou naturalisés dans les pelouses. Des alternatives qui permettent, selon le service espaces verts, « de réduire les interventions d’arrosage tout en offrant une floraison durable ».

En bref, les mesures poursuivies s’inscrivent dans des dynamiques amorcées il y a plusieurs années. Toutefois, la municipalité a fait le choix de ne pas interrompre les arrosages (à l’exception des pelouses), contrairement à ce qui avait pu être privilégié dans le passé par l’Eurométropole dans sa précédente gouvernance.

« Préserver l'humidité du sol »

Le rapport de la Ville à ses arbres, c’est un des sujets qui fait le plus parler. Outre l’aspect symbolique, c’est un élément incontournable et primordial de l’adaptation urbaine face au changement climatique. Alors forcément, tout le monde veut les chouchouter.

À Strasbourg, des stations tensiométriques ont été installées pour mesurer l’humidité au sol et ne déclencher l’arrosage qu’en cas de nécessité, comme cela se fait dans d’autres collectivités françaises.

Par ailleurs, on nous annonce une expérimentation en cours qui viserait à tester un substrat enrichi en pierre ponce. L’intérêt résiderait dans la faculté du matériau à améliorer la rétention d’eau… et donc à réduire les arrosages.

Et tout ça s’accompagne de la déminéralisation des pieds d’arbres, une dynamique lancée dès 2017 avec le lancement de « Strasbourg ça pousse », poursuivie ces dernières années.

Si l’on comprend bien que la réduction du bitume autour des troncs favorise l’absorption de l’eau de pluie, un autre levier est de réduire les tontes sous les arbres. C’est la Ville elle-même qui le dit : « Cela permet de préserver l’humidité du sol et de soutenir la vie microbienne. »

Le fauchage de la végétation avait été sujet à polémique ces derniers mois, la nouvelle équipe municipale ayant été accusée d’en abuser au détriment de la biodiversité, ce qu’elle avait catégoriquement réfuté. Une chose est désormais clarifiée : aujourd’hui, la Ville souhaite faire savoir qu’elle compte préserver la végétation au pied des arbres.

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