Homme d’action au grand cœur, José Kouamé a relancé SOS Racisme Alsace en 2024 après 6 ans « d’absence » sur le territoire. L’association, sous la houlette de son président, lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations. Un vaste combat dont il nous livre les actions.
Sorti de ses limbes au printemps 2024, le comité alsacien de SOS Racisme a connu un redressement impressionnant sous la houlette de José Kouamé, devenu son président.
Alors que le comité ne comptait plus qu’un seul référent, dont l’unique tâche était de faire remonter les informations au national, la branche alsacienne compte actuellement plus de 50 intervenant(e)s qui multiplient les actions sur le terrain et à travers les réseaux sociaux.
Avant de commencer : quelques mots sur SOS Racisme
L’association française a été créée en 1984 sous l’impulsion de personnalités politiques, dont Harlem Désir et Julien Dray. Elle a pour but de lutter contre le racisme et l’antisémitisme.
Elle s’oppose plus généralement à toutes les formes de discriminations et s’appuie sur la loi Pleven, du 1er juillet 1972, qui définit le racisme comme une provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes en raison de leur origine, de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race…
Forte de son cultissime logo « Touche pas à mon pote », elle prône l’antiracisme : c’est-à-dire la volonté de voir chacun(e) vivre à égale dignité dans la société quelles que soient ses origines, sa confession ou sa couleur de peau.
Au fil des années, SOS Racisme a étendu son champ d’actions en y incluant la lutte contre l’homophobie, contre le sexisme et contre les discriminations envers les personnes handicapées.
La genèse de l'antenne alsacienne
Ouverte en 1990 en Alsace, l’antenne a connu un essoufflement entraînant une baisse drastique du nombre de bénévoles. Sa « fermeture » pendant 6 ans, de 2018 à 2024, a donc été inéluctable.
Mais tel un phénix renaissant de ses cendres, elle a ressuscité sous l’impulsion de José Kouamé, un père de famille que rien ne prédisposait à prendre la présidence d’une association. C’est en croisant le fléau du racisme, avec son jeune fils alors âgé de 9 ans, que José a décidé de réagir et d’agir.
Alors que lui-même n’avait jamais été victime de racisme ou de discrimination, il a soudain été confronté au racisme ambiant lorsqu’une camarade d’école de son fils lui a dit : « sale noir, tu mérites de mourir ».
José recherche alors de l’aide et se tourne tout naturellement vers SOS Racisme Alsace, ignorant que cette dernière est devenue une coquille vide. Loin de baisser les bras, il se rend alors au conseil national de SOS Racisme à Paris, association présidée par Dominique Sopo. Il propose de réactiver l’antenne locale.
Cette proposition emporte de suite l’adhésion du niveau national, soucieux de relancer un maximum d’antennes locales dans l’esprit de tolérance et d’égalité qui caractérise ce mouvement vieux de plus de 40 ans.
Le retour en Alsace d'une association reconnue d'utilité publique
Avec José Kouamé, Caroline Soubies la secrétaire générale, et Thibaut Fauste le trésorier, l’association monte très rapidement en puissance et atteint les 15 membres dans un premier temps – ils sont plus de 50 aujourd’hui. Elle assure une forte présence sur le terrain et se développe autour de 3 axes prioritaires !
L'éducation populaire, premier levier d'action
L’association intervient 2 à 3 fois par mois dans les écoles, collèges et lycées (surtout dans le public) pour y faire de la sensibilisation autour du module « Faire reculer les discriminations ». Bien entendu, la manière d’aborder ce module diffère en fonction de l’âge des enfants/ados et de leur niveau de maturité.
Ayant obtenu l’agrément de l’Éducation nationale, l’agenda des actions affiche déjà complet jusqu’à fin décembre !
Pour José, cette sensibilisation est primordiale : « Les enfants d’aujourd’hui sont les adultes de demain. » Il estime qu’il faut leur dire comment agir et leur marteler que tout acte ou parole raciste ou antisémite est condamnable par la loi.
L'organisation d'événements culturels et festifs
L’association se lance aussi dans l’organisation d’événements culturels et festifs : conférences avec des débats, séances de cafés littéraires, participation le 21 mars à la Journée de lutte contre la discrimination.
En avril 2025, un café littéraire a notamment été organisé autour du livre Résister de Salomé Saqué, avec ensuite un débat autour du thème d’actualité « Comment résister à la connexion entre extrême droite et médias ? ».
Une conférence-débat a aussi eu lieu début octobre sur le thème « L’engagement, un moyen efficace de lutte contre le racisme ? », dans le but de réfléchir collectivement à l’efficacité de l’engagement.
Pour échanger sur le sujet, trois intervenantes ont représenté trois milieux distincts : les médias pour leur rôle dans la sensibilisation et la représentation avec la journaliste Ophélie Gobinet, la politique avec Linda Ibiem qui a donné un éclairage sur les politiques publiques, mais aussi l’associatif avec Bella Beltaief qui a fait part de son expérience de terrain et des actions citoyennes.
Accompagner les victimes de discriminations
Un axe majeur de l’association consiste à apporter son soutien et à accompagner juridiquement les personnes victimes de discriminations raciales ou xénophobes.
L’association compte en son sein deux personnes, dont une avocate, capables d’accompagner les victimes. Elle propose également un volet juridique par téléphone pour recueillir les plaintes et évaluer les suites judiciaires possibles.
À partir de mi-octobre, une permanence juridique sera ouverte.
Le cas de Julie Decroix, miss Alsace 2025
Face aux actes ou paroles malfaisantes, José tape du poing sur la table et relate la récente mésaventure survenue à Miss Alsace 2025, victime de cyberracisme : « Nous ne pouvions pas laisser passer une telle situation sans réagir. On ne peut pas stigmatiser une personne et décréter qu’elle n’a pas la bonne couleur de peau sans réagir vivement ! La France est à tous. »
C’est à la demande de SOS Racisme Alsace que le parquet de Strasbourg a été saisi des faits. « Il faut rappeler que ceci est condamnable et que la peine encourue va jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende, alors que beaucoup de gens se servent des réseaux sociaux en se croyant impunis », explique José.
« Le parquet de Strasbourg s’est dessaisi de l’affaire au profit du Pôle national de lutte contre la haine en ligne », se réjouit José, ce qui confère à l’événement un plus grand impact médiatique.
L'antenne alsacienne parmi les plus actives
Forte de ses nombreux/ses adhérent(e)s et de son ardeur militante, l’antenne locale se fixe de nouveaux objectifs : croître encore et encore pour devenir incontournable en matière de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la discrimination.
Pour lutter en faveur de la justice et de l’égalité, il fait appel à toutes les bonnes volontés et José sait que celles-ci ne manquent pas en Alsace. Preuve en est : le comité alsacien est actuellement l’un des plus actifs de France !
Pour la suite, des testings seront également organisés à l’image de ce que fait SOS Racisme national depuis une trentaine d’années. L’objectif est de dénoncer toutes les formes de discriminations qui s’exercent dans des domaines aussi variés que les lieux de loisirs, les boîtes de nuit, l’entreprise, l’immobilier…
« Il faut sensibiliser avant tout et ne pas se limiter au seul aspect répressif. Certaines personnes font inconsciemment de la discrimination et nous remercient de leur avoir ouvert les yeux », estime José.
Beaucoup de pain sur la planche donc, surtout en ces temps troublés, mais pas de quoi effrayer José qui se définit lui-même comme un optimiste assumé : « Il faut semer les graines pour que demain la société soit plus égalitaire et plus juste. »
Son souhait pour un proche avenir : trouver un local, des sponsors et surtout de nouveaux/lles bénévoles pour mener ces luttes qui lui tiennent tellement à cœur.
Site web national
La page Instagram de SOS Racisme Alsace
[email protected]



j’ai très peur, il n’y a qu’à voir les commentaires sur facebook sur le même article, le racisme est décomplexé , s’en est affreux, les gens ne s’en rendent même plus compte