Alors que les sondages ont rythmé la campagne des municipales à Strasbourg, on a également voulu avoir le nôtre. Ça tombe bien, la spécialité des sciences des statistiques redressées et celle des sciences occultes ne sont pas si différentes. On est donc allé rencontrer un voyant, qui est aussi médium et tarologue, pour qu’il nous dévoile le/la futur(e) maire de notre ville.
Dans cette campagne des municipales de 2026, les instituts de sondage se sont dépassés : 4 sondages différents ont été commandés en quelques mois, deux par des candidats de droite et du centre, deux par des médias. Étant quelque peu jaloux de ne pas avoir eu notre propre sondage, on a décidé de commanditer le nôtre, à deux jours du premier tour.
Comme il y a six ans, on est allé voir un voyant, pour qu’il utilise son don et le tarot de Marseille pour déterminer qui deviendra maire de Strasbourg le 22 mars prochain. Les astres donneront-ils les mêmes résultats que tous les autres sondages ? Réponse tout de suite.
Étape 1 : la méthodo du sondage
Avant de commencer, petit point méthodologie. Étant donné que chaque sondage doit posséder sa méthodologie à la rigueur inattaquable, voici la nôtre : on lui a présenté les 8 candidat(e)s qui sont passé(e)s chez Pokaa en vidéo en lui montrant une photo de chacun(e).
Il y a donc Jeanne Barseghian, Florian Kobryn, Pierre Jakubowicz, Virginie Joron, Fahad Raja Muhammad, Mohamed Sylla, Catherine Trautmann et Jean-Philippe Vetter [Cem Yoldas s’étant retiré, il n’a pas pu participer, ndlr].
À ce moment-là, il a d’abord utilisé ses dons de voyance pour ressentir l’énergie de chaque candidat(e), afin de savoir qui dépasserait le seuil des 10% pour se qualifier au second tour. L’échantillon représentatif était bien entendu les astres, qui avaient des choses à dire.
Après cette étape, il leur a ensuite tiré les cartes afin de connaître leur futur lors du second tour. Dans un souci d’équité et de représentativité, il a également tiré les cartes pour les candidat(e)s qui n’ont pas réussi à se qualifier au second tour, afin de rendre son choix encore plus robuste.
Étape 2 : qui va continuer après le premier tour ?
De retour face au voyant, bien calé dans une haute chaise en bois et entouré de chouettes, je lui transmets les photos des candidat(e)s. Il réarrange alors les images selon sa propre logique que lui dictent les astres. Puis, très vite, une première énergie : trois candidats mordent la poussière. Il s’agit de Mohamed Sylla, Fahad Raja Muhammad… et Florian Kobryn (LFI). Les astres et leur univers impitoyable.
L’élimination de Florian Kobryn lui transmet alors une autre énergie : en 2026, Strasbourg se dirigerait vers quelque chose d’intermédiaire, et non d’extrême. Exit donc Virginie Joron (Rassemblement national), que le voyant voit tout de même finir devant LFI, une maigre consolation. Une sacrée surprise de la part des astres, allant à contrecourant de sondages annonçant souvent une quinquangulaire.
Et là, deuxième grosse surprise que les sondages n’avaient pas prévue : cette énergie strasbourgeoise vers un sentiment « d’intermédiaire » servira à Pierre Jakubowicz. Celui qui, s’il est à la peine dans tous les sondages sauf celui qu’il avait commandé, franchirait là le Rubicon du second tour. Les astres perçoivent ainsi l’étiquette macroniste, qui ne lui portera pas préjudice, et montrent qu’il y aura un aspect étonnant dans son résultat. Un sacré retournement de situation.
Le candidat macroniste retrouverait alors au second tour Catherine Trautmann (PS) et Jeanne Barseghian, les favorites des astres, mais également Jean-Philippe Vetter (LR), que les astres voient faire mieux qu’en 2020. Pour la maire écologiste néanmoins, il y aura une sorte de déception dans les résultats du premier tour. Enfin, si les astres restent nébuleux quant à l’ordre d’arrivée de Barseghian, Vetter et Jakubowicz, ils sont sûrs de deux choses : un, Catherine Trautmann sortira en tête ; deux, une femme sera maire de Strasbourg.
Étape 3 : le tirage des cartes
Néanmoins, les premières prédictions des astres ne suffisent pas à former une méthodologie respectable ; il faut donc les accompagner d’un tirage de cartes du tarot de Marseille. Il débute par Catherine Trautmann ; et c’est dès les premières minutes un succès : l’ancienne maire de Strasbourg enchaîne l’étoile, la force, les amoureux et la mort. La signification ? L’ex-maire bénéficie d’une bonne étoile, et va avoir la force d’arriver vers son objectif.
Seul petit bémol : les amoureux marquent une hésitation avec les Strasbourgeois(es), mais signifient également qu’elle pourra se rapprocher d’un autre candidat [aurait-on appris en exclusivité le scoop d’une alliance avec Pierre Jakubowicz ?, ndlr]. Enfin, la mort signifie la fin de quelque chose : met-elle fin à quelque chose, ou est-ce la fin de quelque chose pour elle ? Tout est dans l’interprétation, bien que l’étoile semble donner un début de réponse.
On enchaîne ensuite avec Jeanne Barseghian, qui se voit entourée de l’étoile, de l’impératrice, du chariot et du pendu. Comme sa rivale, elle part avec une grande chance d’y arriver, encore plus bonifiée par une position de force et de dominance. Si la route vers le succès sera pavée d’efforts et de labeur, elle pourrait y arriver… jusqu’au pendu.
Là encore, l’interprétation est clé : soit elle s’écrase sous la réputation qu’elle a à Strasbourg ; soit par son abnégation et un sacrifice, elle pourrait renverser la situation grâce à une décision personnelle [là encore, les astres poussent en exclu vers une alliance, cette fois-ci vers Florian Kobryn, ndlr].
Pierre Jakubowicz se voit tirer les cartes du mât, de la force, de l’ermite et du bateleur. Le candidat va s’aventurer vers des terrains inconnus [sans doute le second tour, ndlr], au risque peut-être de se perdre. Mais la carte de la force lui promet du pouvoir sur certaines choses dans la ville [peut-être en faiseur de roi ou reine, ndlr]. Ensuite, la prudence de l’ermite le pousse à aller vers de l’expérience [là encore, les astres voient une alliance, ndlr].
Une chose est sûre : en finissant avec le bateleur, quel que soit le destin du candidat macroniste, il s’y rendra avec sa jeunesse et son énergie. Si un destin dans la lumière n’est sans doute pas dans les cartes, il aura son rôle à jouer dans le résultat.
Enfin, Jean-Philippe Vetter est entouré du Pape, de l’étoile, décidément bien populaire, de la maison de Dieu et de la justice. Le pape met les limites et pose un cadre, étant rassurant et assurant la continuité des repères. Rien de surprenant pour un candidat qui s’est vite positionné comme seul candidat de droite capable de l’emporter. Néanmoins, la face sombre du pape étant une trop stricte rigidité, sa volonté de ne pas ficeler d’alliances entre le premier et le second tour lui portera peut-être préjudice, malgré sa bonne étoile.
Car la Maison de dieu signifie l’imprévu, qu’il soit positif ou négatif. Un changement d’environnement pour un renouveau, mais aussi la fin des illusions. Une chose est sûre : quoi qu’il arrive, Jean-Philippe Vetter restera droit dans ses bottes, comme l’indique la carte de la justice.
Étape 4 : les tirages des quatre autres candidat(e)s
Pour être à 100% sûr de la validité de la méthodologie, le voyant a également tiré les cartes des candidat(e)s qui ne rallient pas le second tour. Avec le chariot, Virginie Joron réussira à améliorer le score du RN par rapport à 2020. Mais la carte du diable qui suit signifie la malchance, l’empêchant de réaliser son objectif d’être au second tour. Un aléa de l’existence intensifié par la roue de la fortune, avant de terminer le tirage sur la mort, qui ouvrira une nouvelle page de sa vie.
Florian Kobryn débute mal son tirage, avec directement la mort, l’empêchant d’avoir des espoirs trop nourris. Mais la carte du soleil, arrivant juste après, lui promet de beaux auspices et une réussite ; avec la carte du monde, il aura son rôle à jouer dans l’élection. Surtout en terminant le tirage sur la papesse, une carte qui implique une relation intense, profonde entre deux êtres qui se comprennent et se complètent parfaitement. Si avec ça il n’y a pas d’alliance… les cartes nous auront laissé tomber.
Enfin, dans un tirage commun, Fahad Raja Muhammad et Mohamed Sylla profitent du chariot pour se mettre en avant. Avec l’empereur, ils peuvent s’attendre à des positions dominantes, mais dans un futur plus lointain que cette élection. La justice implique une relative égalité des scores entre les deux, mais s’il fallait être sûr, le diable clôt toute possibilité d’aller au second tour.
Étape 5 : le tirage final
Si le premier tirage donne clairement deux favorites, pour être sûr de chez sûr, il en faut un second… et même un troisième. Pour donner le ton du résultat final, il tire une nouvelle carte : c’est la mort. La fin d’un règne, le début d’une nouvelle page.
Ensuite, c’est au journaliste qui écrit l’article de s’y coller. Il y a l’empereur, le monde, le bateleur et la Maison de Dieu. Traduction : difficile de lire clairement ce qu’il va se passer. Car si le monde et le bateleur appellent à un renouveau, l’empereur appelle à la stabilité, et la Maison de Dieu promet de renverser la table.
Dans cette nébuleuse, une lueur apparaît : ceux qui étaient sûrs de gagner ne le sont plus trop. Et si Catherine Trautmann apparaît néanmoins comme la mieux placée, et reste la favorite globale de ce tirage, attention aux surprises qui pourraient arriver avec les alliances.
Finalement, il n’y a que peu de différences entre science statistique et science occulte. Rendez-vous le 15 mars pour les premiers résultats.


