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nuit bar terrasse

Stationnement, adjoint au commerce « dilué » et racisme : ce que Strasbourg a décidé hier

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Ce 2 novembre, nos élu(e)s se sont retrouvé(e)s en séance, pour de nouvelles aventures, un mois après le gros drama du départ de l’opposition. Alors que la douce lumière de l’automne se pose sur Strasbourg, l’ambiance dans l’hémicycle a été plus tumultueuse que feutrée sur de nombreux sujets, entre stationnement, adjointe au commerce et lutte contre le racisme. C’est l’heure du récap’ de 9h15 de politique.

Pour Strasbourg, le conseil municipal du 2 novembre a une saveur particulière : c’est « celui d’après », suite au départ de toute l’opposition le 28 septembre dernier sur fond de nouveau règlement intérieur. Dans ce nouveau temps fort de la politique strasbourgeoise, Catherine Trautmann a concocté un ordre du jour plutôt resserré, avec seulement 39 points, dont 19 retenus, soit près de la moitié. Dans toutes les têtes, la tenue du nouveau règlement intérieur allait être particulièrement scrutée, avec 3 motions, 6 questions orales et une question d’actualité.

Après un hommage à Pengo Bossio Wangi, tué lors de l’attentat raciste de Trappes et La Verrière [qui reviendra plusieurs fois sur le tapis lors de ce conseil, ndlr], la séance a démarré. Une séquence politique qui a tourné autour de la suppression du poste d’adjointe au commerce, le rachat du Basket Center, la lutte contre le racisme ou les nouvelles réformes de stationnement. Un programme dense, très politique, et qui donne le ton des futurs conseils municipaux, au fur et à mesure que l’élection présidentielle se rapproche.

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conseil
© Live Conseil municipal / Capture d'écran

Le décryptage dès le début de séance : quelle place pour le commerce à Strasbourg avec la suppression d'un poste d'adjoint dédié ?

D’entrée de jeu, ce conseil municipal est monté dans les tours, avec le départ de Pernelle Richardot. Récemment élue sénatrice, elle ne peut plus être adjointe au commerce. Plutôt que de réélire un(e) adjointe sur cette thématique, Catherine Trautmann a pris la décision de ne pas remplacer son poste, qui est donc supprimé. Les délégations sont alors redistribuées telles quelles :

  • L’attractivité et le rayonnement à Mathieu Cahn, 1er adjoint.
  • Le commerce, l’artisanat et le tourisme à Paul Meyer, 6e adjoint.
  • Le Neuhof, le Stockfeld et la Ganzau à Émilien Keller, 18e adjoint.

Un « ultra-cumul » critiqué par l'opposition

Alors que les commerces sont en difficulté, ils perdent une délégation propre, diluée chez des adjoints qui en ont déjà pléthore [Mathieu Cahn en avait déjà six, et Paul Meyer quatre, ndlr]. Un argument mis en avant par Florian Kobryn (LFI) : « Les désignations sont reléguées et diluées alors qu’elles étaient affichées comme priorité. » Germain Mignot (Communiste) regrette que le « Neuhof devienne une variable d’ajustement des ambitions politiques » et interroge une concentration des pouvoirs : « Pourquoi mettre tout le pouvoir entre les mains des mêmes personnes ? »

Un argument repris par Jean-Philippe Vetter (LR) qui, après avoir salué l’élection de la sénatrice, fustige un « ultra-cumul » de la majorité de Catherine Trautmann. L’élu regrette ainsi « la séparation de l’attractivité et du commerce ainsi qu’une municipalité à deux vitesses où les responsabilités sont partagées entre seulement quelques-uns ».

Force est de constater qu’il y a deux poids, deux mesures dans les affectations de délégation.
Jeanne Barseghian

En réponse, Pierre Jakubowicz critique les actions du mandat passé en termes de commerce, et se félicite que Paul Meyer retrouve un poste qu’il avait occupé sous Roland Ries. De son côté, Catherine Trautmann justifie ce choix par les ponts qui peuvent se créer entre l’urbanisme et le commerce, notamment sur le sujet de la préemption. Avant de conclure : « Mon équipe est parfaitement compétente. Je ne relègue pas les délégations, je les délègue. »

Le tout est voté à 44 voix pour (la majorité), 4 contre (LFI), 6 abstentions (Strasbourg Juste et Vivante). Le groupe de Jean-Philippe Vetter n’a pas pris part au vote.

commerce shopping touriste
© Anthony Jilli / Pokaa

Un débat qui dérive

Les débats auraient pu s’arrêter là. Sauf qu’en plus de porter sur la disparition du poste d’adjointe au commerce, il a dérivé sur Pernelle Richardot elle-même. C’est Florian Kobryn qui a allumé la mèche, déclarant : « Cette délibération acte une chose positive pour Strasbourg et l’Eurométropole. Il n’y aura plus dans l’exécutif strasbourgeois une élue qui a organisé avec l’appui des médias d’extrême droite une campagne de cyberharcèlement islamophobe contre une citoyenne strasbourgeoise portant le voile. »

En réponse, Nicolas Matt critique les « attaques injustes subies » par Pernelle Richardot ; tandis que Catherine Trautmann fustige l’accusation d’islamophobie, « l’inconscience » de Florian Kobryn d’en faire une « querelle politique violente », ainsi que son « art de la conflictualisation de la vie politique » et son « besoin de division ».

Depuis mon premier mandat, je me suis préoccupée de donner des lieux de culte décents pour les musulmans de Strasbourg.
Catherine Trautmann

Une intervention qui motive l’élu insoumis à demander une suspension de séance. Ce qui provoque un deuxième tour de parole, où Jeanne Barseghian a pu regretter « la mise en pâture d’une Strasbourgeoise engagée dans la vie associative par Pernelle Richardot parce qu’elle portait le voile ». L’ancienne maire a également critiqué l’absence d’expression de Catherine Trautmann sur le sujet à l’époque.

En réponse, Mathieu Cahn dénonce des « amalgames », tandis que Catherine Trautmann explique : « Je me suis exprimée pour regretter que cette personne ait eu son image sans son consentement sur une affiche. » Finalement, dans cette triste séquence d’ouverture, il faudra particulièrement retenir que Pernelle Richardot, la principale concernée, n’a pas dit un mot. Une constante depuis le début de la campagne des municipales, puis celui de la mandature Trautmann.

rue strasbourg commerce boutique
© Anthony Jilli / Pokaa

Le sujet chô : « Acte 2 » de la réforme de stationnement

Tout roule pour les voitures sous Catherine Trautmann. Après des premières baisses du prix du stationnement, une deuxième salve de mesures ont été annoncées ces derniers jours. À partir du 4 janvier 2027, la Ville de Strasbourg rendra effective la gratuité des 30 premières minutes de stationnement, une fois par jour et par véhicule.

Dans la continuité, depuis le 31 octobre, une quarantaine de places violettes remplacent des places de stationnement « normales », au sein de « cinq poches de stationnement » imaginées avec les Vitrines de Strasbourg et installées près des commerces et des établissements de santé. Enfin, sont également décidées une baisse des tarifs jusqu’à 1h30 de stationnement et une tarification qui se fera désormais au quart d’heure. « Un rééquilibrage de la politique de stationnement » selon Landdry Augier de Lajallet, l’adjoint en la matière, qui a divisé le conseil municipal.

À gauche : « Il fallait oser »

Du côté gauche de l’hémicycle, le constat est dur. Jeanne Barseghian fustige une mesure qui ramène la voiture en ville, alors que les sujets de canicule et de qualité de l’air ont rythmé tout l’été. Elle accuse Catherine Trautmann de faire peur sur l’état des finances de la Ville, tout en mettant « sans sourciller » des mesures qui privent la collectivité de 3,5 millions par an. Un « pied de nez aux enjeux de santé publique et de climat, et in fine aux Strasbourgeois ». L’ancienne maire conclut : « Il fallait oser. »

On a l’impression de revenir 30 ans en arrière.
Floriane Varieras

De son côté, Syamak Agha Babaei critique un dogme « no parking no business » qui ne tient pas : « Il n’y a pas de lien entre stationnement dans les grandes villes et bonne tenue des commerces. »

Il est rejoint dans son argumentaire par Florian Kobryn, qui assène que « penser que le centre-ville va être relancé par une politique de stationnement est archaïque ». L’élu insoumis critique un « non-sens écologique » et une réforme qui « favorise les micro-déplacements, plus polluants ».

stationnement strasbourg
© Nicolas Kaspar / Pokaa

À droite : une mesure saluée mais qui « ne change pas véritablement la vie des gens »

Côté droit, sans trop de surprises non plus, la réforme est critiquée mais pour une autre raison : elle ne va pas assez loin. Jugée « de bon sens » par Mohamed Siaaliti, elle est pourtant vite relativisée par l’élu : « On offre 30 minutes mais comment expliquer qu’au bout de 2h, la facture augmentera [en zone orange, entre 1h45 et 2h, le tarif est plus cher avec la réforme que maintenant, ndlr] ? » Nicolas Matt se réjouit d’une telle délibération, mais enjoint la municipalité à faciliter les tarifs pour les professionnel(le)s de santé.

Le stationnement est devenu une véritable vache à lait pour les finances de la collectivité.
Jean-Philippe Vetter

C’est finalement Jean-Philippe Vetter qui a été le plus offensif. L’élu souhaite le retour de la gratuité entre midi et deux, supprimée sous Roland Ries, et assène : « Les dix dernières années ont vu les commerçants et les familles être lourdement pénalisés. Ce ne sont pas des actions à la hauteur des problèmes des commerçants. Votre cadeau mis en avant, c’est beaucoup de communication, ça ne représente qu’une réduction de 5 % de rentrées fiscales. » Avant de conclure : « Ces dispositions ne changent pas véritablement la vie des gens. »

stationnement horodateur
© Nicolas Kaspar / Pokaa

Au milieu : une majorité qui vante un « geste social nécessaire »

Prise en étau, la majorité s’est défendue. Landdry Augier de Lajallet vante que « un coup de pouce peut se transformer en vrai coup de main » et explique que la réforme n’augmente pas le nombre de places dans la ville. Pierre Jakubowicz met en avant « une politique de justice sociale à destination des plus fragiles », tandis que Paul Meyer évoque un « signal nécessaire, notamment pour les quartiers populaires ».

Ce n’est pas juste de dire que quand on prend des mesures pour le stationnement, on est forcément opposé à la santé.
Catherine Trautmann

Élue de la liste de Pierre Jakubowicz, Sandra Dietsch se félicite d’une « délibération qui revient redonner de l’air aux commerçants et aux Strasbourgeois ». Enfin, Catherine Trautmann conclut : « Quand on parle de droit à la ville, on parle de ça, offrir plus de solutions pour se déplacer. » En réponse à Nicolas Matt, la maire évoque un « Acte 3 » de la réforme du stationnement, qui concernera cette fois-ci les salarié(e)s. En attendant, « l’Acte 2 » est adopté à 52 voix pour et 9 contre.

stationnement strasbourg
© Nicolas Kaspar / Pokaa

Ce qui change pour Strasbourg et les Strasbourgeois(es)

Un Basket Center racheté, et amené à évoluer

Annoncé à la presse par Catherine Trautmann en amont de ce conseil, le rachat par la Ville du Basket Center a animé les débats strasbourgeois. Pour rappel, la municipalité a prévu 5 millions d’euros dans son budget pour acquérir l’équipement situé à quelques pas du stade de la Meinau, afin de « maintenir les usages scolaires et accompagner la pratique du basket à Strasbourg et la formation des plus jeunes vers le haut niveau » selon Jean-Baptiste Mathieu, adjoint au sport.

Racheter un bâtiment à ce montant-là sans en faire bénéficier prioritairement les scolaires et les associations, ce serait un peu choquant au vu des besoins d’installations sportives.
Benjamin Kuntz, conseiller municipal LFI

Malgré des salutations presque unanimes, l’opposition de gauche émet plusieurs réserves. Syamak Agha Babaei rappelle, non sans ironie, que « parfois on peut recourir à la dette pour l’investissement ; ça ne brûle personne et ce n’est pas la fin du monde ». L’ex-1er adjoint dénonce ensuite un « flou » sur la future part des activités des scolaires et des associations, sur le mode de financement et sur le mode de gouvernance.

Des questionnements partagés par Benjamin Kuntz, qui demande à la municipalité de « s’assurer que malgré la passation d’un tel équipement à du privé, les écoles et le quartier pourront toujours bénéficier de créneaux prioritaires parce qu’on manque de gymnases ». Il évoque également un engagement pour des créneaux de basket fauteuil.

Basket Center terrain
© Bastien Pietronave / Pokaa
Sans cette délibération, le Basket Center ne serait plus un endroit où il y aurait de l'activité physique.
Jean-Baptiste Mathieu, adjoint au sport

Côté opposition de droite, Frédéric Agaud (groupe de la droite et du centre) salue cette décision, mais émet un point de vigilance sur les dépenses de fonctionnement, rejoignant Syamak Agha Babaei sur l’absence de visibilité. Jean-Philippe Maurer souscrit quant à lui entièrement à cette délibération, pour le sport et le quartier de la Meinau.

Pour la majorité, Jean-Baptiste Mathieu assure le maintien de l’accès aux scolaires, sans néanmoins donner de réponses sur la question de la priorisation des créneaux pour les associations et les scolaires. Pour conclure, Mathieu Cahn affirme que la gestion sera d’abord donnée au CD67 pour assurer une continuité et qu’ensuite, celle-ci sera divisée entre une partie publique pour accueillir scolaires et associations, et une partie privée assurée par un AMI (appel à manifestation d’intérêt) lancé au 1er trimestre 2027 pour un exploitant.

Un Basket Center qui va donc évoluer, à l’issue d’une délibération votée à 51 voix pour et 10 abstentions (LFI + Strasbourg Juste et Vivante).

Basket Center
© Bastien Pietronave / Pokaa

FestiQueer en question

Dans ce conseil municipal rempli de votes de subventions, un sujet est particulièrement ressorti. La question du financement des associations contre les discriminations et pour les droits des femmes a permis à Florian Kobryn d’évoquer la situation autour de FestiQueer, organisatrice de la Marche des Visibilités.

Cette démarche unitaire appelle une demande institutionnelle de votre part.
Florian Kobryn

Si l’association n’apparaît pas dans la délibération, l’élu insoumis fait référence à l’appel interassociatif du 1er novembre pour la démission des membres actuels du CA de FestiQueer. Le tout après révélation en juin dernier d’accusations répétées de comportements et propos condamnables et problématiques, dont du racisme. Un appel également soutenu par Floriane Varieras.

En réponse, Mathieu Cahn n’a pas souhaité intervenir avant l’assemblée générale de l’association qui se tiendra ce soir à 19h, tandis que Catherine Trautmann a refusé de « prendre parti a priori dans un conflit entre associations. », mais a tout de même annoncé « mener une enquête si les faits étaient établis. »

marche visibilite lgbt trans
© Manon Jensen / Pokaa

Un contrat territorial d'accueil et d’intégration pour favoriser l’intégration des étrangers/ères et des réfugié(e)s, qui dérive en débat sur l'hébergement d'urgence

Une délibération sur la création d’un contrat territorial d’accueil et d’intégration pour favoriser l’intégration des étrangers/ères et des réfugié(e)s a remis sur le tapis la question de l’hébergement d’urgence. Mis en place par Caritas, ce contrat permettra de renforcer les parcours d’accueil et d’intégration des personnes réfugiées, en mettant en relation l’hébergement, l’apprentissage de la langue française, l’accès à l’emploi et l’accompagnement vers un logement autonome.

Le point focal des discussions a pourtant dérivé : Floriane Varieras, ancienne adjointe à la Ville inclusive, a d’abord interrogé la municipalité sur les 300 places d’hébergement d’urgence, annoncées il y a quelques temps dans les DNA. Si 130 places sont certes prévues aux Deux-Rives, quid des 170 autres ? Quant à Halima Meneceur (LFI), elle souhaitait des éclaircissements sur les solutions proposées aux personnes après le démantèlement du campement Krimmeri. Aucune réponse apportée par la majorité.

camp étoile sdf sans abri
© Mathilde Cybulski / Pokaa

La deuxième mi-temps du CM : les textes additionnels sous le nouveau règlement intérieur

Elle allait forcément être scrutée après le gros drama du 28 septembre dernier. La deuxième mi-temps des textes additionnels a souvent animé le conseil municipal sous la mandature de Jeanne Barseghian. Sous Catherine Trautmann, elle est désormais limitée à 1h30, réduisant les possibilités d’expression sur des sujets en dehors de l’ordre du jour.

Pour ce conseil, les sujets ont tourné autour de la lutte contre le racisme, pour le féminisme, les expulsions du camp Krimmeri et sur le soutien au commerce. Pour celles et ceux qui tiennent les comptes, c’est moins que ce qui avait été annoncé à l’ordre du jour, et c’est normal : si on dépasse l’heure et demie, tant pis pour ce qu’il restait à aborder. Ce 2 novembre, pas de questions donc sur la Foire Saint-Jean, la piste cyclable dans le secteur Rotterdam, ou l’ouverture des lieux municipaux pour les personnes qui en auraient besoin.

Le gros sujet qui fâche : la lutte contre le racisme sans le mot islamophobie

Dans ces 1h30, plus de la moitié des débats ont tourné autour de la motion commune déposée par la majorité sur la lutte contre le racisme, la haine antireligieuse et pour la défense des valeurs républicaines. Et comme aux plus belles heures des invectives sur les définitions de l’antisémitisme sous la mandature Barseghian, les élu(e)s se sont cette fois-ci écharpé(e)s sur un nouveau terme : l’islamophobie.

Avec l’attentat raciste à Trappes et à La Verrière dans toutes les têtes, la motion présentée par Marie-Noëlle Gandzion, adjointe chargée de la lutte contre les discriminations, et Étienne Loos, adjoint aux cultes, prévoit d’organiser tous les ans une manifestation contre les haines racistes et antireligieuses. Sauf que pour l’opposition de gauche, le compte n’y est pas. Ou plutôt, le mot islamophobie, absent du texte.

Refuser de nommer une discrimination, c’est y participer.
Floriane Varieras

Halima Meneceur dénonce cette absence ainsi que celle de « négrophobie ». Floriane Varieras et Syamak Agha Babaei le regrettent également, estimant que cela pose « un problème essentiel ». L’ancien 1er adjoint ne manque pas de rappeler que le groupe Strasbourg Juste et Vivante avait poussé pour que la motion mentionne explicitement les termes « d’extrême droite », « d’islamophobie » et de « racisme systémique ». Leurs demandes n’ayant pas été acceptées, le groupe a par la suite annoncé ne pas prendre part au vote de la mention.

Après ces interventions, les débats sont montés dans les tours, particulièrement du côté de Pierre Jakubowicz. Dans la lignée des discussions houleuses sur ces thèmes dans l’ancien mandat, il a dénoncé la transformation du moment « en terrain d’affrontement idéologique », ainsi qu’une « approche communautaire » tel un « poison » pour la société.

attentat trappes rassemblement contre le racisme
© Adrien Labit / Pokaa
La haine anti-musulmane est un terme plus juste pour moi et il ne faut jamais la dénoncer sans rajouter le racisme.
Catherine Trautmann

C’est finalement Catherine Trautmann qui prendra de la hauteur, expliquant longuement pourquoi elle n’aime pas utiliser le mot islamophobie. L’édile déclare : « Je refuse ce mot amalgame, la phobie est une attitude personnelle qui définit une peur qu’on ne peut pas dépasser. La haine anti-musulmane est une construction mentale, politique et culturelle qui se retrouve à l’extrême droite. »

Elle rajoute : « Personne n’a le droit d’enjoindre quelqu’un ou de le qualifier par rapport à l’usage d’un nom ou pas. C’est le début de l’inquisition et de l’autoritarisme. » Une prise de parole longuement applaudie dans ses rangs, ce qui serait contraire au règlement intérieur selon un rappel facétieux de Benjamin Kuntz, dénonçant un « tunnel ». La motion sera finalement adoptée à 55 voix pour et 4 voix contre de LFI.

attentat trappes rassemblement contre le racisme
© Adrien Labit / Pokaa

Une fin étrange

Alors que les débats étaient passés par le soutien au commerce et sur une motion, finalement rejetée, de Jeanne Barseghian sur Strasbourg, ville féministe, le conseil municipal s’est terminé abruptement, une fois l’heure et demie réglementaire passée. Restait un seul sujet : une question orale [pas comprise dans les 1h30, ndlr] sur l’avenir du Marché-Gare, alors que Catherine Trautmann a demandé la fin de la délégation de service public qui pilotait la structure.

Jeanne Barseghian dénonce une « décision difficilement compréhensible et qui doit être justifiée », et demande des explications sur les motifs de la résiliation, les changements prévus et les sommes engagées. Pour toute réponse, Mathieu Cahn rappelle que l’Eurométropole est compétente et que les réponses seront apportées à ce moment-là.

Jeanne Barseghian objecte, rappelle que la Ville est actionnaire à 25% et le président est Paul Meyer (qui doit néanmoins se déporter sur le sujet). Mais l’ancienne maire n’aura pas gain de cause, et la séance s’arrête là. Une bien drôle de façon de conclure ce conseil municipal, signe des changements de ce nouveau règlement intérieur.


Il est 23h16 lorsque ce conseil municipal se termine. Un moment politique qui a vu nos élu(e)s s’écharper sur des concepts politiques comme le racisme ou l’islamophobie, tout en ferraillant sur le stationnement ou la place du commerce. Alors que le prochain conseil se tiendra le 7 décembre, il faudra s’attendre à des débats de plus en plus âpres, au fur et à mesure que la situation politique nationale infusera dans les discussions locales. En espérant tout de même qu’un peu de magie de Noël vienne saupoudrer le tout.

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