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Tendance nail art : ces 3 Strasbourgeoises transforment nos ongles en chefs-d’oeuvre !

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Lorena (Chulas Nailz), Carla (Bianki Beauty) et Annaëlle (Krukov nails) sont des « nail artists ». C’est-à-dire qu’elles métamorphosent les ongles des Strasbourgeois(es) en véritables œuvres d’art. Intrigué(e)s par ce métier créatif et ses coulisses, on a discuté avec les trois jeunes femmes, qui nous ont parlé de leur passion et qui ont déjoué bien des clichés.

On a, pour certain(e)s, l’habitude de la sempiternelle remarque « ohlala mais tu fais plus rien avec des ongles aussi longs ». Les trois artistes qu’on a rencontrées nous ont pourtant prouvé qu’elles arrivent à tout faire avec leurs mains, sous notre regard ébahi. Et mieux encore : Lorena, Annaëlle et Carla témoignent d’une pratique minutieuse, porteuse d’un véritable savoir-faire et d’une identité artistique propre à chacune.

On a donc papoté avec elles le temps d’une séance, et on a découvert un univers créatif dont on ne soupçonnait pas les possibilités… Et surtout une véritable communauté, qui accueille, prend soin et revendique ses idées. On vous raconte.

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Chulas Nailz ongles manucure nail art protèse ongulaire (3)
Chulas Nailz. © Marie Goehner-David / Pokaa

La création sous mille et une facettes

Petit point terminologique d’abord : si le nom officiel du métier est « prothésiste ongulaire » (PO dans le jargon), les trois jeunes femmes se qualifient de « nail artists ». Lorena (Chulas nailz) explique :

« PO, c’est la formation qu’on suit, pour créer des extensions et être calée sur le côté technique. Mais l’appellation délaisse le côté artistique, qui offre mille et une possibilités. Et ça, en général, on l’apprend en autodidacte à travers des vidéos, des posts de la communauté, ou nos expérimentations sur nous. »

Ce que confirment d’ailleurs Carla (Bianki Beauty) et Annaëlle (Krukov nails). Cette dernière s’est lancée dans le nail art depuis maintenant 2 ans. En tant qu’étudiante, les jobs stressants et parfois rébarbatifs l’ont poussée à se lancer dans sa passion.

« Ce que j’aime, c’est que je peux travailler en développant ma fibre artistique, trouver mon propre style. Ça m’apprend la minutie, la patience, et me donne confiance en mes capacités créatives. Manipuler les formes, les volumes, les matières… C’est exaltant », nous dit-elle.

Un métier qui prend soin de l’autre

Pour une pose, le temps peut rapidement défiler et atteindre plusieurs heures. Tout rendez-vous devient alors un véritable moment de partage et de discussion. « Les personnes reviennent parfois chaque mois. J’adore parler, on a toujours des choses à se dire. Et puis, j’ai des clientes qui ont désormais leur playlist sur mesure, et qui arrivent pour un vrai moment de déconnexion ritualisé », explique Lorena.

Carla poursuit : « Ce que j’aime dans ce métier, c’est qu’on prend vraiment soin des autres. On leur offre un boost de confiance en soi, un moment privilégié, et on devient souvent aussi une oreille pour les confidences. On crée des liens forts, et c’est ce côté profondément humain qui me porte. »

« Le nail art, c’est politique »

Pour Lorena, le nail art, c’est aussi et avant tout une prise de position dans notre société. « On dit souvent que se faire faire les ongles, c’est un luxe. Mais je ne suis pas d’accord : je suis d’origine chilienne, et dans ma culture, les ongles c’est par les minorités et pour les minorités. Prendre soin de soi, partager un moment de care, c’est pour tout le monde. Et d’ailleurs, je mets un point d’honneur à ce que mes créations ne soient pas genrées, car pour moi, ce n’est pas qu’un apprêt féminin. »

Toujours dans l’optique de démocratiser la pratique, elle trouve des stratégies pour rendre son travail accessible : « J’essaie de faire en sorte que toute transaction ne passe pas forcément par de l’argent. Je suis une adepte du troc pour soutenir la création : cela m’importe encore plus à l’ère de l’intelligence artificielle, qui met des métiers comme les nôtres en difficulté. »

Chulas Nailz ongles manucure nail art protèse ongulaire (22)
Chulas nailz. © Marie Goehner-David / Pokaa

Elle termine ainsi : « C’est une pratique qui permet de penser la place du genre, de la création, et même l’économie ou l’impact écologique, que j’essaie de minimiser le plus possible. Ce n’est pas juste mon métier, c’est comment je vois le monde et comment je fais porter ma voix dedans. »

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