Avec les vagues de chaleur qui se succèdent dans l’Hexagone, les agriculteurs/rices sont en première ligne. Selon Météo France, les sols alsaciens ont quasiment atteint leur record de sécheresse à la fin du mois de juin. Pour quelles conséquences sur les cultures agricoles ?
Les années se suivent et s’aggravent, hélas, pour les acteurs/rices du monde agricole. Alors que l’été ne fait que commencer, la France étouffe déjà sous les épisodes de chaleurs extrêmes qui se succèdent. Ces derniers jours, une nouvelle canicule a frappé l’Alsace, placée en vigilance orange.
À la fin du mois de juin, les sols de la région avaient déjà quasiment atteint leur record de sécheresse selon Météo France.
Une période anxiogène pour les agriculteurs/rices de la région qui ne peuvent que constater, impuissant(e)s, le mal-être de leurs terres. Sur son compte Facebook, l’agriculteur Jean-Michel Obrecht a pris la parole pour alerter sur la situation de la profession.
L’agriculteur s’égosille et évoque une année « très compliquée avec les aléas climatiques, l’excès d’eau puis la sécheresse » dans son post. « Les rendements sont en berne. Va-t-il falloir changer de métier ? Produire pour nourrir les Hommes est un beau métier, mais mourir à petit feu sans réagir n’est pas la solution. »
Le dérèglement climatique épuise les sols, tandis que le contexte international n’aide pas ses exploitant(e)s. Pour Franck Sander, vice-président de la FNSEA, principal syndicat agricole, « il n’y a aucun voyant qui est au vert pour nous. Le monde agricole est vraiment face à de très grosses difficultés ».
« Si l'eau arrive trop tard, ça peut être largement pire »
« Tout le monde souffre : l’agriculture souffre, les animaux souffrent, les plantes souffrent. Et quand les animaux ont chaud, ils produisent moins. L’exemple du lait est le plus flagrant puisque pour la dernière période de canicule la production laitière moyenne française a baissé d’environ 10%. »
Cette année, le contexte climatique s’avère particulièrement délicat pour les récoltes. « On a souvent connu des mois de juin qui étaient très humides, très frais. Là c’est l’inverse. On a eu un printemps qui était très sec et déjà deux vagues de chaleur. On subit vraiment très fortement », analyse Franck Sander.
Le vice-président compare déjà cet épisode à la canicule historique de 2003, qui avait vu, cette année-là, les rendements s’effondrer. « L’année dernière, le rendement de maïs dans le département était de 125 quintaux par hectare [12 500 kg, ndlr]. Durant la canicule de 2003, on était à 86. Et encore en 2003, l’eau est arrivée fin juillet. Si l’eau arrive trop tard, ça peut être largement pire pour toutes les cultures de printemps type maïs, betterave, ou toutes les cultures d’été. »
Une troisième « vague » de canicule déjà redoutée
Le maïs fait pourtant office de valeur sûre pour les exploitant(e)s agricoles lors des étés très chauds, grâce à sa meilleure résistance à la chaleur que les autres cultures. Pour autant, « cette année, on n’y est pas du tout. Cette ‘troisième vague’ de canicule est en train d’achever un certain nombre de parcelles, notamment celles où le sol retient le moins bien l’eau ».
Si les épisodes de chaleur se poursuivent durant tout l’été, compromettant les rendements agricoles, ce serait un nouveau coup dur pour toute une profession. « Les éleveurs qui n’auront pas de fourrage ou de maïs vont être obligés d’aller en acheter ailleurs pour nourrir leurs animaux. Donc la rentabilité n’y sera pas. »


