Quand on entend « cryogénie », on pense un peu aux bons vieux films de science-fiction. Mais à Strasbourg, c’est loin d’être ça : la Cryogénie, c’est un lieu d’exposition hybride qui se cache dans les jardins de l’Université et qui réserve bien des surprises. On y est allé y jeter un œil à l’occasion de l’exposition Chaînons, portée par Axelle Lehmann et Sauvan Launay, pour voir ce qui s’y trame. Et on n’a pas été déçu.
Dans les jardins du Palais Universitaire se cachent de nombreuses surprises. On vous parlait il y a quelques temps du Musée de sismologie, bâtiment dédié à la recherche devenu aujourd’hui un espace d’exposition insolite.
Dans la même veine, la Cryogénie fait aussi parler d’elle. Petit bâtiment rattaché à l’Institut de physique et d’ingénierie, elle servait à l’époque aux recherches sur le froid, avec tous les instruments qui allaient avec.
Depuis 2018, elle a fait peau neuve et est devenue un « espace de recherche-création », soit un véritable petit laboratoire d’expérimentations artistiques, que les étudiant(e)s (Faculté des arts notamment) sont invité(e)s à s’approprier. On vous explique.
Un lieu pour fédérer les pratiques et les publics
Le lieu est coordonné par Marwan Moujaes et Simon Zara, maîtres de conférences à la Faculté des arts, et par Cécile Grémillet et Sophie Hedtmann, du Service universitaire de l’action culturelle.
Cécile nous explique : « L’idée, c’est de l’investir comme un espace d’expérimentation. On n’a pas la prétention d’être une galerie. On conçoit des projets en lien avec la Faculté des arts, les artistes, les enseignants, et surtout les étudiants. » Elle poursuit : « Le but est de leur permettre de porter des projets, les concevoir et les suivre en intégralité, pour concrétiser les apprentissages. »
C’est ainsi que le lieu accueille de nombreuses typologies de projets : expositions, résidences, ateliers, conférences… « Ici, on ne se concentre pas sur les savoirs académiques, mais sur toutes les formes de création. Ce qui nous intéresse, c’est l’échange, la transmission, et finalement, le faire ensemble dans toutes ses formes », précise Simon Zara.
Il poursuit : « Le but est de réfléchir à d’autres manières de transmettre le savoir, de troubler un peu l’ordre établi. De donner un espace aux étudiants pour. »
Ainsi, la Cryogénie a autant pu voir défiler des expositions d’ampleur telles que celle de l’artiste Boris Eldagsen ou Soumoud en 2025, qu’accueillir des ateliers de crochet, de lecture de tarot ou de captation sonore, entre autres conférences ou performances.
Dépasser le syndrome de l’imposteur
On est allé jeter un œil à ce qui se trame à Cryogénie. En l’occurrence, l’exposition Chaînons portée par deux étudiant(e)s, Axelle Lehmann et Sauvan Launay, qui ont suivi le cursus Écritures critiques et curatoriales de l’art. Pour faire simple, la conception d’expositions, le commissariat (le fait de choisir les œuvres exposées), la scénographie, la régie, le montage, la communication. Bref, tous les métiers qui gravitent autour de la création, c’est ce à quoi le duo s’est formé.
Axelle nous raconte : « Le but de ce projet, c’est de prendre confiance et d’appliquer tout ce qu’on a appris pendant nos études. C’est un tremplin vers le monde professionnel et une manière de se dire que oui, on peut le faire, qu’on est légitime. Finalement, d’oser faire porter notre voix. »
Simon Zara renchérit : « On s’imagine qu’à l’université, il n’y a qu’une approche théorique, que le cursus n’est pas professionnalisant. La Cryogénie, c’est l’occasion de dépasser les clichés, de rendre les étudiants acteurs d’un lieu incarné, sensible, loin des préconçus de l’université. Surtout, c’est un lieu qui leur permet de prendre confiance, de penser, d’initier. Et c’est précieux. »
« Chaînons » : faire ensemble, continuer à imaginer encore et encore
Pour voir l’exposition Chaînons, ça se passe jusqu’au 12 juin. À l’origine du projet, la volonté de montrer la diversité des pratiques des étudiant(e)s en arts, et surtout, la manière dont la question de la collectivité revient à travers les différents projets.
Sauvan explique : « Quand on a cherché les points communs entre les artistes, on s’est rendu compte que la question du lien, de la communauté ressortait systématiquement. Comme s’il y avait un manque. Alors on a choisi d’y répondre. »
Et c’est en ces mots que les deux étudiant(e)s présentent ce projet : « Chaînons fait écho aux gestes, aux histoires, aux souvenirs et aux liens, qui se transmettent et se répètent, s’enchaînent et se déchaînent. »
L’exposition se construit autour d’un format hybride, à travers des accrochages, mais aussi divers temps de rencontres et des performances, « pensés comme autant de prétextes à se retrouver, émuler, fédérer », explique Sauvan.
Un peu à l’image de ce lieu, qui se veut être un véritable incubateur, un terrain de rencontre et d’expérimentation ouvert à tous les publics. Et qui promet de faire encore parler de lui.
Établissement
Cryogénie
Quoi ?
Espace d'exposition, de recherche-créationQuand ?
9 Juin. 2026où ?
3 rue de l'Université, à StrasbourgPlus d'infos ?
Page Instagram de la Cryogénie
Exposition Chaînons : du 5 au 12 juin
Entrée libre


