Ce lundi 27 avril, le Crous de Strasbourg et l’association SOS France victimes 67 ont signé une convention permettant la mise en place d’une cellule d’écoute VHSS (violences et harcèlement sexistes et sexuels) à destination des étudiant(e)s qui occupent les lieux gérés par le Crous. Un dispositif pour accueillir la parole des victimes et les accompagner dans leurs démarches.
Le Crous de Strasbourg vient d’ouvrir une cellule d’écoute VHSS dédiée aux étudiant(e)s. Pour acter ce nouveau dispositif, une convention entre le Crous de Strasbourg et l’association SOS France Victimes 67 a été signée ce lundi 27 avril.
Engagé en faveur de l’accès aux droits des victimes, l’association France Victimes 67 se compose de salariés et bénévoles formé(e)s. Qu’il soient juristes, psychologues ou bénévoles, les membres de l’association proposent une écoute et une prise en charge juridique globale qui permet d’accompagner les victimes sur l’ensemble de leurs procédures administratives et/ou judiciaires.
« La signature de cette convention répond à trois enjeux » d’après Sophie Roussel, directrice générale du Crous de Strasbourg. « D’abord la politique publique du Ministère sur la prévention des VHSS, mais c’est aussi une réponse à la demande des élu(e)s étudiant(e)s et des précédent(e)s, et c’est aussi un constat du Crous lui-même, puisqu’on gère des lieux de vie qui ne sont pas à l’abris de ce qu’il se passe dans notre société. Le Crous a donc aussi une responsabilité. »
La directrice rappelle notamment que près d’un étudiant(e) sur 10 déclare avoir été victime de violence sexuelle d’après l’OVE (Observatoire national de la vie étudiante).
Depuis la rentrée universitaire, le Crous a notamment dû gérer un cas qui relevait plutôt de « propos graveleux » et un autre qui concernait des questions de consentement lors d’actes sexuels. Jusqu’alors, le centre était seul à devoir gérer ces situations. Mais désormais, la cellule permettra aux étudiant(e)s, d’être entendu(e)s dans un espace extérieur au Crous. « Il nous manquait la finesse et l’analyse juridique pour accompagner au mieux les victimes, mais aussi les mis en cause. SOS Femmes Victimes 67 apporte des compétences que nous n’avions pas donc, c’est complémentaire. » précise Nicolas Gsell, directeur de la vie étudiante au Crous de Strasbourg.
Une externalisation qui permet notamment de laisser le choix à la victime de préserver son anonymat ou non. Un élément essentiel pour inciter les étudiant(e)s à oser témoigner.
Une campagne de communication sera également déployée dans les établissements gérés par le Crous comme les cafétéria, les Resto U, ou encore la Pokop et sur la plateforme Ma Résidence pour les étudiant(e)s logé(e)s en cité U. Si l’accent est mis sur les VHSS, le dispositif concerne tout type de violences; qu’il s’agisse de discriminations ou de n’importe quelle violence physique.
3 moyens de contact et un procédure pour accompagner les victimes
Pour joindre la cellule d’écoute, les étudiant(e)s peuvent, au choix, contacter le 06 66 45 47 02 par téléphone ou par SMS ; envoyer un mail à l’adresse dédié vss-[email protected] ; ou enfin se rendre à la permanence qui se tient tous les mardis de 9h à 17h, à l’Esplanade, au 6 Cour de Cambridge, 67000 Strasbourg.
Après un premier échange, les membres de la cellule d’écoute proposeront à l’étudiant(e) un rendez-vous en présentiel ou en visio avec l’objectif suivant : comprendre ce qu’il se passe et voir ce qui peut être mis en place rapidement. Sur demande, l’association peut également faire le lien avec le Crous.
Si le Crous est informé de la situation, des mesures conservatoires pourront être prises. Dans le cas où les deux parties concernées occuperaient la même résidence universitaire, la victime sera mise à l’abri et l’agresseur potentiel déplacé dans une autre résidence universitaire. Selon la gravité des faits observés, une enquête administrative pourra être menée et aller jusqu’à deux ans d’exclusion pour l’étudiant(e) concerné(e). La cellule d’écoute est également ouverte aux témoignages qui concernent des violences commises par des agent(e)s du Crous sur des étudiant(e)s.
Un dispositif semblable entre l’Université de Strasbourg et la même association a déjà fait ses preuves depuis 2015. Un avantage pour le directeur de la vie étudiante : « C’est intéressant de travailler avec le même partenaire que l’université, ça permet de bien se coordonner. »


