Ce 12 mars à 18h45, le Racing Club de Strasbourg se déplace en Croatie pour le match aller des 8e de finale de Ligue Conférence. En face se dresse le club du HNK Rijeka, actuel 3e du championnat croate. Avant le match, petite présentation de l’adversaire, entre histoire riche et tourmentée de plusieurs pays et des supporters/rices qu’il faudra surveiller.
Ce soir, c’est la Coupe d’Europe. La chanson, souvent chantée par les supporters/rices du Racing, est de retour ce 12 mars à 18h45. Ce sera l’occasion pour le club de se relancer, lui qui est distancé des places européennes en championnat après trois nuls et une défaite sur les 5 derniers matchs, mais qui reste brillant en coupes [seul club français encore engagé dans trois compétitions, ndlr].
Qualifié en demi-finale de la Coupe de France où il affrontera Nice à la Meinau le 22 avril, le club strasbourgeois se prépare désormais à jouer son 8e de finale aller de Ligue Conférence. Face à lui se dresse le club croate méconnu du HNK Rijeka. L’occasion d’un déplacement en Croatie pour les supporters/rices, et pour nous d’en apprendre un peu plus sur le troisième meilleur club croate, dont l’histoire tourmentée s’écrit entre plusieurs pays, comme de nombreux clubs des Balkans.
Une histoire entre l’Empire austro-hongrois, l’Italie et la Yougoslavie
Rijeka est située au nord de la Croatie, et officie comme la ville portuaire principale du pays, loin des villes balnéaires de Split ou Zadar. Mais elle n’a pas toujours eu ce nom et a longtemps porté celui de Fiume, comme un rappel à son histoire italienne. Autrefois propriété de l’Empire austro-hongrois, la ville devient temporairement un État indépendant italien à idéologie fasciste, où des conflits éclatent à la fin de la Première Guerre mondiale, puis est définitivement annexée par l’Italie en 1924.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Yougoslavie de Tito reprend la main, et l’annexion de Rijeka est officielle en 1947. Un événement qui s’accompagnera d’exécutions d’au moins 650 Italien(ne)s et de l’exil de la majorité des 40 000 Italien(ne)s qui peuplaient alors la ville. Aujourd’hui, il n’y a plus que 2% d’Italien(ne)s à Rijeka. Finalement, après l’éclatement de la Yougoslavie, Rijeka et son activité portuaire passent du côté de la Croatie.
Rijeka, le 3e club croate
De par son histoire, le HNK Rijeka a glané des titres (modestes) austro-hongrois, italiens, yougoslaves et croates dans son existence démarrée en 1904. C’est surtout sur ces 20 dernières années que le club a brillé, devenant progressivement la troisième force majeure du pays au damier, derrière le Dinamo Zagreb et l’Hadjuk Split.
Dans leur maillot caractéristique où une croix bleu ciel traverse le maillot blanc (ou noir si c’est à l’extérieur), Rijeka a particulièrement brillé dans les années 2010. Il a terminé 5 fois vice-champion de Croatie en six ans entre 2014 et 2019, faisant même le doublé Coupe-championnat en 2017. Une performance qu’ils ont rééditée la saison dernière, avec la particularité d’avoir remporté le championnat avec le même nombre de points que le Dynamo Zagreb.
Sur la scène européenne, le palmarès est bien plus modeste, le club réussissant très rarement à s’extirper des phases de qualification des différentes Coupes d’Europe. Dans le passé récent, Rijeka a fini dernier de son groupe lors de la saison 2020-2021 de Ligue Europa. Et cette saison (2025-2026), ils ont terminé 16e de la phase de poules de Ligue Conférence avec 2 victoires, 3 nuls et une défaite, et 5 buts marqués contre 2 encaissés.
En barrages, ils ont battu deux fois les Chypriotes d’Omónia pour se retrouver sur le chemin du Racing Club de Strasbourg.
Un déplacement à haut risque (surtout pour les supporters du Racing)
Dans leur enceinte bouillante du stade Rujevica et ses 8 200 places situé dans les montagnes, donnant une vue imprenable sur la baie adriatique, Rijeka ne sera pas évident à prendre. Le Racing devra faire respecter son statut de favori sur le terrain, ayant en plus évité le tirage piège de la Fiorentina.
En dehors du terrain néanmoins, les supporters/rices strasbourgeois(es) faisant le déplacement devront faire attention. Et on ne parle pas seulement du parcage visiteurs/ses, un véritable clapier.
Car si la partie touristique du centre-ville sera sans doute agréable à visiter, selon le site La Grinta, les fans du HNK Rijeka sont réputé(e)s pour leur groupe d’ultras quasi-néo-nazis, l’Armada Rijeka. Si, là encore, les hooligans de Rijeka restent à distance de l’ultra-violence des Bad Blue Boys de Zagreb ou encore de la Torcida Split, les nombreux sticks néo-nazis, les croix celtiques et autres symboles fascistes, racistes et homophobes pullulent au fur et à mesure que l’on s’approche du stade.
On espère que le club a prévu d’assurer la sécurité de ses supporters/rices pour que tout se passe de la meilleure des façons. En attendant, allez Racing !



