Le 26 février, toutes les listes pour les élections municipales ont été déposées à Strasbourg. 861 colistiers/ères, 12 têtes de liste, des listes qui ont renoncé, d’autres arrivées en dernière minute… À 11 jours du premier tour, on fait le point sur les personnalités pour lesquelles on peut voter.
Mise à jour le 11 mars à 15h26 : la liste de Jean-Thierry Gangloff : « Vision collective 67 » a été refusée par la préfecture du Bas-Rhin. La tête de liste pour « Vision Collective 67 » est accusée de ne pas avoir déposé l’ensemble des pièces requises. Nous l’avons donc retirée.
Le marathon n’a jamais été aussi proche de la ligne d’arrivée. Depuis plusieurs mois maintenant, les élections municipales phagocytent l’actualité locale strasbourgeoise ; pas un jour ne passe sans qu’un(e) candidat(e), voire plusieurs, ne réunisse les médias pour présenter un pan de son programme. Une capacité de division du temps presse qui épuiserait n’importe quel coureur de fond.
Le 26 février dernier néanmoins, une étape décisive a été franchie : le dépôt officiel des listes à la préfecture. Après vérification du casier judiciaire des 861 personnes qui constituent les 12 listes strasbourgeoises, ces dernières ont été validées. Elles auraient pu être 13, mais Cem Yoldas a retiré sa liste le 25 février dernier, « pour sa sécurité » face à la « violence d’extrême droite ».
Quelles sont les 12 têtes de liste ?
Le 15 mars prochain, 12 listes s’affronteront ainsi pour un seul trône, en espérant que le nombre ne portera pas malheur aux candidat(e)s. Vous pouvez retrouver les listes dans leur intégralité en suivant ce lien, à partir de la page 935. Dans le détail, et l’ordre du tirage au sort effectué par la préfecture :
- Virginie Joron (RN) : « Sauvons Strasbourg ».
- Florian Kobryn (LFI) : « Strasbourg fière et solidaire ».
- Eva Lacote : « Strasbourg pour les jeunes et les travailleurs ».
- Louise Fève (LO) : « Lutte ouvrière, le camp des travailleurs ».
- Jean-Philippe Vetter (LR) : « Aimer Strasbourg ».
- Mohamed Sylla (Utiles) : « Utiles pour Strasbourg ».
- Pierre Jakubowicz (Horizons – Renaissance – MoDem) : « Du nouveau pour Strasbourg ».
- Neïla Boutghata (ERS) : « Engagé.e.s pour Strasbourg ».
- Jeanne Barseghian (Les Écologistes – PCF – Place Publique) : « Strasbourg juste et vivante ».
- Catherine Trautmann (Parti socialiste) : « Pour Strasbourg ».
- Fahad Raja Muhammad (MPI) : « Strasbourg sans frontières ».
- Clément Soubise (NPA-R) : « Strasbourg ouvrière et révolutionnaire ».
On retrouve ainsi les six listes principales, avec des partis bien identifiés au niveau national, mais aussi des partis d’extrême gauche comme LO, le NPA-R ou une émanation du parti ultra-centriste LIOT, avec Utiles. Il y a également une liste à dominance étudiante avec celle d’Eva Lacote, ou celles qui mettent en priorité les quartiers populaires, comme celles de Neïla Boutghata et de Fahad Raja Muhammad. Une représentation de la diversité des habitant(e)s de Strasbourg.
Qui a ses chances ?
De manière raisonnable, les têtes de liste des six partis les plus identifiés sont celles qui ont le plus de chances de sortir devant le soir du premier tour le 15 mars prochain. Si l’on se fie aux sondages [qui sont pour le moins imparfaits, ndlr], c’est Catherine Trautmann qui caracole en tête des intentions de vote. L’ancienne maire de Strasbourg mène sa barque, en se présentant toujours seule face aux médias, alors que d’autres la jouent davantage collectif. Une volonté de centrer sa campagne autour de sa personne et de sa notoriété, sans réelle étiquette partisane. Rappelons tout de même que lors des municipales, on élit d’abord une liste, avant d’élire un(e) maire.
En ballottage favorable se trouvent ensuite Jeanne Barseghian et Jean-Philippe Vetter. L’édile écologiste veut poursuivre une relativement bonne dynamique de campagne, en insistant sur le fait qu’elle est celle qui a réussi l’union la plus large de la gauche, pourtant réalisée sans le PS ni LFI, les deux plus grosses forces motrices au national. Le second, après avoir essuyé l’absence de réponses positives pour une alliance avec Pierre Jakubowicz, semble croire en ses chances de gagner tout seul. Il se positionne comme la seule alternative d’opposition crédible à droite.
Côté LFI, Florian Kobryn mise sur la jeunesse et la combativité de sa liste, sans oublier le programme et les 400 propositions pour Strasbourg… Mais aussi (et sans doute un peu trop) sur le fait que la ville vote très souvent LFI lors les dernières élections nationales. Il reste néanmoins écolo-compatible, en vue d’alliances au second tour.
Quant à Virginie Joron, si elle s’est alliée avec l’UDR, partenaire du RN en national, elle n’a pas réussi « l’union des droites » avec Jean-Philippe Vetter qu’elle appelait de ses voeux. Elle se présente elle aussi comme la seule réelle opposition à six années de Jeanne Barseghian.
En grande difficulté dans les sondages et enfermé à sa droite par Vetter et à son centre-gauche par Trautmann, Pierre Jakubowicz pourrait ne pas dépasser les 10% et ne pas se maintenir au second tour. Le candidat macroniste pourrait donc viser une fusion des listes, s’il dépasse 5 %. Vers qui ? Possiblement vers Catherine Trautmann, dont la liste contient son lot de macronistes ; un choix qui pourrait se révéler intéressant par rapport aux élections à la métropole.
Enfin, les scores de Mohamed Sylla et Fahad Raja Muhammad seront intéressants à observer. Le premier mène campagne sérieusement et a réussi une alliance avec Thibaut Vinci et Ismaël Becherirat, deux ex-candidats. Dans un centre bouché par Jakubowicz et Trautmann, la place pour exister est néanmoins maigre. Quant au second, à voir jusqu’où mènera sa campagne de terrain dans les quartiers populaires, à grand renfort des réseaux sociaux.
Rendez-vous le 15 mars pour les résultats du premier tour !



