Comme chaque année, les Rencontres de l’illustration apparaissent avec l’arrivée du printemps. Un festival mettant à l’honneur la place centrale qu’occupe Strasbourg dans la création graphique. Expositions, ateliers, animations… certains événements seront gratuits ! Si les arbres n’affichent pas encore leurs bourgeons et leurs fleurs, du 4 au 29 mars, Strasbourg revêtira ses plus belles couleurs.
Une 11e édition qui a du mordant. Avec pour thème fédérateur « l’animal comme langage », les Rencontres de l’illustration nous prouvent une fois de plus qu’en matière d’illustration, Strasbourg est très à cheval sur le sujet.
Après avoir été nommée « Capitale mondiale du livre » par l’Unesco en 2024-2025, la ville continue de faire le pont « entre création contemporaine et héritages graphiques ».
Créées en 2015 à l’initiative de la Ville, les Rencontres de l’illustration rendent visible le foisonnement culturel et artistique qui existe à Strasbourg. Un « écosystème » entre « ancrage local et ouvertures aux scènes internationales », comme on peut le lire en préambule de cette édition.
Avec de grands noms de l’illustration comme Tomi Ungerer et Blutch, mais aussi des jeunes talents émergents. L’occasion de mettre en lumière, aussi, les riches collections patrimoniales de notre ville.
Un programme qui a du chien
Qu’y verra-t-on ? Des expositions à foison, des conférences, des workshops et masterclasses, dont deux « journées d’études » à la HEAR et à l’Auditorium du MAMCS – Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg.
Mais aussi des animations et spectacles pour toute la famille, ainsi qu’une vingtaine d’ateliers – en majorité gratuits –, à retrouver dans une quinzaine de lieux. L’idée : « Rendre l’illustration accessible au plus grand nombre. »
L’occasion d’y tester le dessin, le collage, l’estampe, la bande dessinée ou la création collective, aux côtés d’artistes et de médiateurs/rices, et donner vie à ses propres animaux.
Et si elles se déroulent parallèlement au festival Central Vapeur (qui ouvre, lui, sa 16e édition avec la Parade des Micronations le 4 mars), c’est aussi pour en « prolonge[r] et amplifie[r] les dynamiques ».
Les deux se retrouveront ainsi sur plusieurs événements communs, notamment sur le Dialogue de dessin, des battles d’illustrateurs/rices, et le Salon des Indépendant(e)s.
Avec aussi un week-end dédié à la microédition indépendante, à ne pas louper (les 28 et 29 mars à la Coop) avec : des tables rondes et ateliers, ainsi que de nombreux stands tenus par des collectifs et petites maisons d’édition locales et internationales. Pour faire le plein d’albums jeunesse ou de fanzines et autres affiches sérigraphiées. On adore.
>>> Pour plus d’informations, il suffit de cliquer ici.
Des expos partout dans la ville !
Des expositions, nous disions… C’est le point fort des Rencontres de l’illustration qui se déploieront partout en ville.
Commençons par le Musée Tomi Ungerer – Centre international de l’Illustration qui en consacrera une d’envergure au dessinateur F’murrr (Richard Peyzaret). Il s’illustre dès les années 70 dans la BD humoristique, avec notamment sa série Génie des Alpages qui met en scène un troupeau de moutons philosophes.
Le travail d’une vie, annoté par l’illustratrice Camille Potte, à découvrir du 6 mars au 30 août (Hi – Yo, c’est l’écho. L’esprit de F’murrr, annoté par Camille Potte).
On notera aussi L’esprit Phantomas – Faire voir la poésie à la Bibliothèque des Musées, au MAMCS (du 17 mars au 27 juin). Une expo sur la revue d’avant-garde belge Phantomas qui a été un « laboratoire collectif de création poétique et visuelle », où se sont notamment rencontrés René Magritte et Marcel Broodthaers.
À l’approche de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, ne ratez pas les derniers jours d’accrochage d’Hope for change. Hackney Flashers, de Londres à Strasbourg (jusqu’au 8 mars au CEAAC).
Une expo qui tient lieu d’hommage au Hackney Flashers, un collectif londonien féministe qui fête ses 50 ans. Créé par neuf femmes du quartier d’Hackney en 1975, celui-ci dénonçait, au travers d’une série de panneaux et de diapositives, les inégalités entre hommes et femmes, et les clichés sexistes véhiculés à l’époque.
Le CEAAC en propose une lecture contemporaine, pointant ici les « conditions des femmes et des mères de Strasbourg aujourd’hui », accompagnée des œuvres de trois autres artistes : Claude Dugit-Gros, Julie Luzoir et Pascaline Morincôme.
Partenaire historique du festival, la HEAR (Haute école des arts du Rhin) ouvrira cette année les portes de La Chaufferie (sa galerie), pour Hypercute : La « S » vs la HEAR (du 6 au 29 mars).
Un gros plan sur un centre d’art brut et d’art contemporain situé en Ardenne belge fondé en 1992 : La « S » Grand Atelier. Un espace de rencontres et de réflexions autour de l’art brut (qui met par exemple en relation des artistes handicapé(e)s et valides). Ici, il s’agira de montrer des œuvres issues du travail d’atelier et de la résidence d’étudiant(e)s en illustration de la HEAR.
Des illustrations pour toute la famille
Comme chaque année, les Rencontres de l’illustration s’invitent dans les médiathèques de Strasbourg. Pour cette 11e édition : trois expositions gratuites, à caler entre deux lectures.
Deux accrochages prévus à la Médiathèque André-Malraux. Déjà, dans ses rayons, se baladeront des Bêtes de bibliothèque – Les animaux dans l’illustration jeunesse (du 3 mars au 25 avril). Une exposition en partenariat avec la Galerie Robillard « sur la découverte de soi, des autres et du monde qui nous entoure » avec des créations d’illustratrices contemporaines : Julia Chausson, Fanny Ducassé, Fleur Oury, Clémence Pollet, Adèle Verlinden, Célia Housset et Marie Mirgaine.
Puis, gros plan sur La balade d’Oscar (du 3 au 28 mars) : les coulisses de la création du livre éponyme qui met en scène le « chien rouge romantique et rêveur » imaginé par les illustratrices Charlotte Bresler et Anouck Constant – entre œuvres originales, esquisses et premières recherches.
À celle du Neudorf (et de son Artothèque), rendez-vous avec Walter Bibi et ses ami·es qui s’adresseront aux « architectes en herbe » (du 3 au 28 mars). Une exposition « ludique et sensible » qui s’inspire de l’album Bienvenue à Bibiville d’Éponine Cottey (aux éditions 2042) qui plonge les lecteurs/rices dans « une ville imaginaire où l’architecture devient un terrain de jeu et de réflexion », et qui remet l’amitié au milieu du village.
On le disait plus haut, les Rencontres de l’illustration s’écrivent également en partenariat avec le festival Central Vapeur. Parmi les événements communs : deux accrochages à se noter !
Le premier viendra égayer l’espace public, avec l’annuel parcours d’affiches, quai des Bateliers (du 4 au 29 mars). Sur les 20 panneaux : La fête des chiens, qui nous emmènera à la rencontre de l’ouvrage jeunesse éponyme de Laura Simonati, illustratrice italienne installée à Bruxelles.
C’est d’ailleurs elle que l’on retrouve derrière le joyeux « toutou » de l’affiche de Central Vapeur, qui annonçait déjà la couleur.
>>> Toutes les informations sur les expositions sont disponibles ici.
À la Menuiserie Coop, on retrouvera également le Dialogue de dessins (du 4 au 29 mars), une « expérimentation ludique et très conceptuelle » qui mettra en regard les illustrations de deux artistes, à travers la figure… du chien.
D’un côté, Vincent Pianina, co-fondateur du collectif Arbitraire, avec à son actif : des bandes dessinées, livres jeunesse, dessins de presse, clips animés, affiches et installations de vitrines. De l’autre : la jeune illustratrice strasbourgeoise Violette Le Gendre (co-fondatrice de l’atelier La Fourrière, et bientôt publiée).
Y a pas à dire : c’est qu’elle a du chien, cette 11e édition des Rencontres de l’illustration ! Pour découvrir toute la programmation, c’est par ici.
Événement
Les Rencontres de l'illustration – 11e édition
Quoi ?
Festival autour de l’illustration regroupant : expositions, rencontres, ateliers, animations, workshops, etc.
Quand ?
Du 4 au 29 mars
où ?
À Strasbourg, dans divers lieux


