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Sondage municipales 2026 : Catherine Trautmann reste largement en tête à Strasbourg

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Publié le 4 février, un nouveau sondage Ipsos/bva/Cesi pour le groupe EBRA place Catherine Trautmann en tête à 31%, suivie de Jeanne Barseghian à 22% et de Jean-Philippe Vetter à 19%. Comme d’habitude, cette enquête est à prendre avec d’immenses pincettes au vu du petit panel interrogé. Même si elle aura ses répercussions sur la dynamique de campagne autour des élections municipales 2026 de Strasbourg. 

À 37 jours du premier tour, un nouveau sondage vient rythmer la campagne des municipales à Strasbourg. Issu d’une enquête Ipsos/bva/Cesi pour le groupe EBRA sur les différentes villes écologistes de l’est de la France (Lyon, Annecy, Besançon, Grenoble et Strasbourg), il constitue la troisième « prise de température » des forces en présence à Strasbourg.

Depuis le dernier sondage paru en décembre, la campagne s’est accélérée. Les candidat(e)s dévoilent leur programme, notamment sur Pokaa, les listes commencent à tomber, avec chaque prétendant(e) à l’Hôtel de Ville choisissant le nombre de personnes à présenter, et tout le monde affûte ses armes. Une dynamique qui ne cessera de s’emballer, alimentée par un nouveau sondage qui fait déjà parler. Alors on va l’analyser.

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hotel de ville
© Nicolas Kaspar / Pokaa

Préambule : c’est quoi ce sondage ?

Ce sondage Ipsos/bva/Cesi commandé par le groupe de presse EBRA [possédant entre autres les DNA, ndlr] se divise en trois parties : d’abord la popularité des têtes de listes, ensuite les classiques intentions de vote, et enfin l’opinion à l’égard de la municipalité écologiste actuelle.

Côté méthodologie, 602 Strasbourgeois(es) ont été interrogé(e)s par téléphone sur la période du 13 au 27 janvier, dont 390 personnes sûres d’aller voter. Si l’échantillon est considéré comme représentatif de la population strasbourgeoise, les marges d’erreurs sont importantes, de +/- 1,4 point à +/- 4,6 points. Enfin, seules 7 têtes de listes sont testées, alors qu’il y a deux fois plus de candidat(e)s déclaré(e)s à Strasbourg. Des pourcentages à prendre en compte dans le décompte final.

Étape 1 : qui est devant ?

Comme d’habitude, ce sondage est à prendre avec de grosses pincettes, ce qui ne l’empêche pas d’être intéressant vis-à-vis des dynamiques de campagne. Passons donc à ce qui fait parler tout le Strasbourg politique ces dernières heures : les intentions de vote. Pour la troisième fois consécutive, c’est Catherine Trautmann qui sort en tête avec 31%, en hausse de 2 points par rapport à décembre [mais avec une marge d’erreur de +/- 4,6 points, entre 26,4% et 35,6% ndlr].

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© Ipsos - bva - Cesi / Capture d'écran

Suivant l’ex-maire de Strasbourg, toujours le même duo : Jeanne Barseghian et Jean-Philippe Vetter. Les deux candidat(e)s progressent également par rapport à décembre.

La maire actuelle gagne 6 points à 22% [marge d’erreur de +/- 4,1 points, donc entre 17,9% et 26,1% ndlr] et le candidat LR prend 3 points à 19% [marge d’erreur de +/- 3,9 points, ndlr]. Virginie Joron pour le RN reste elle à 11% [marge d’erreur de +/- 3,1 points, ndlr], en position de se qualifier pour le second tour.

Derrière, c’est sans doute la surprise de ce sondage : alors que Strasbourg se dirigeait vers une sexangulaire en décembre, en février, elle est plus proche d’une quadrangulaire.

Florian Kobryn ne passerait pas les 10%, avec seulement 9% [marge d’erreur de +/- 2,8 points, ndlr], tandis que Pierre Jakubowicz rechute à ses 6% de septembre, lui qui était remonté à 10% en décembre lors du sondage qu’il avait commandé. La marge d’erreur de +/- 2,4 points ne lui permet pas d’accéder au second tour. Enfin, Cem Yoldas ferme la marche avec 2% [marge d’erreur de +/- 1,4 point, ndlr].

Étape 2 : quels sont les autres enseignements de ce sondage ?

Petite nouveauté par rapport aux deux précédents, ce sondage Ipsos/bva/Cesi pour le groupe EBRA interroge aussi la notoriété et la popularité des têtes de liste, tout comme l’opinion de l’action municipale de la mairie écologiste.

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© Ipsos - bva - Cesi / Capture d'écran

La question de la notoriété n’est pas très intéressante, contrairement à celle de la popularité, surtout du côté de Catherine Trautmann. Son meilleur score de bonne opinion est de 66 % et il ne se trouve pas du côté des électeurs/rices socialistes… mais du côté des sympathisant(e)s Renaissance/Modem/Horizons ! Elle a aussi 46% de bonne opinion côté LR et même 41% côté RN. C’est paradoxalement du côté des sympathisant(e)s de gauche qu’elle fait son plus mauvais score, avec 40%. Cela ne va sans doute pas la démotiver de mener sa campagne sans étiquette.

Côté Jeanne Barseghian, elle a 41% de bonne opinion chez les sympathisant(e)s de gauche, un score plombé par les 24% de bonne opinion chez les Socialistes (contre 29% de mauvaise opinion). C’est aussi la tête de liste avec le plus de % de mauvaise opinion avec 40%, un score gonflé par sa perception négative côté LR (79%) et RN (69%). Les autres têtes de listes ont des pourcentages de « ne connaît pas » trop élevés pour que leurs scores soient vraiment représentatifs.

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© Ipsos - bva - Cesi / Capture d'écran

Enfin, au niveau de l’action de la maire de Strasbourg, les résultats sont ambivalents : prises individuellement, les thématiques d’action de Jeanne Barseghian sont pour la majorité satisfaisantes. Dans le détail, les actions menées sur les transports en commun (77%), l’environnement (69%), l’image de la ville (63%), la propreté, l’action sociale et la sécurité (53%), et le logement et le dynamisme économique (51%) ont des scores au-dessus de la moyenne. Seuls la fiscalité (45%), la circulation et le stationnement (26% !!) sont des points noirs.

Sauf que 55% des Strasbourgeois(es) interrogé(e)s sont mécontent(e)s de l’action menée durant son mandat par Jeanne Barseghian, et seulement 33% veulent qu’elle soit reconduite en mars. Un bilan en majorité apprécié, mais un déficit d’image et de popularité : les joies de la politique locale.

Étape 3 : à quoi va servir ce sondage ?

Déjà, comme les autres avant lui, ce sondage va faire parler, et notamment les têtes de listes qui se considèrent comme gagnantes. Pour Catherine Trautmann, de nombreux co-listiers inondent depuis quelques jours les espaces commentaires des articles ou posts évoquant le sondage, argumentant qu’il prouve ce que Strasbourg pense [ou plutôt ce qu’ils et elles veulent penser, ndlr] : il faut un retour de Catherine Trautmann. Une confirmation pour sa stratégie de campagne sans étiquette et rassurante, qui capitalise sur sa notoriété pour aller chercher les voix du centre.

Côté Jeanne Barseghian, on se félicite d’une dynamique enfin enclenchée, avec la plus grosse progression des candidat(e)s. Si l’on pousse au maximum les marges d’erreurs, dans le meilleur des cas, elle se retrouve juste derrière Trautmann [26,6% contre 26,1%, ndlr]. Pour Jean-Philippe Vetter, cette progression, bien que l’amenant moins haut que le premier sondage, est le « résultat de ce qu’il observe sur le terrain ». Pour Virginie Joron, « le RN fait tomber la LFI (sic) à Strasbourg » et ses 11% sont la preuve qu’« une autre voie existe pour Strasbourg ».

En réalité, les seuls qui ne peuvent pas vraiment se réjouir du sondage sont Florian Kobryn et Pierre Jakubowicz. Misant sur le fait de sortir premier à gauche, le candidat LFI accuse un certain retard, qui peut être expliqué par son manque de notoriété (16% des sondé(e)s le connaissent). Et si la marge d’erreur importante ne lui interdit pas un accès au second tour (surtout dans une ville comme Strasbourg qui vote largement LFI), il lui sera compliqué de sortir devant Jeanne Barseghian.

Pour Pierre Jakubowicz, c’est à nouveau la douche froide : après un départ difficile à 6% en septembre, il était remonté à 10% en décembre. Las, il redescend à 6%, coincé entre Jean-Philippe Vetter et surtout Catherine Trautmann qui lui aspire son électorat, sachant que le macronisme local provient en grande partie du PS strasbourgeois. La marge d’erreur ne lui permet pas d’accéder au second tour, et il se retrouve à nouveau sous la pression de Jean-Philippe Vetter, qui ne va pas manquer de l’appeler à rejoindre sa liste. Cela promet des prochaines semaines mouvementées pour la tête de liste macroniste.

Étape 4, boule de cristal : quid du second tour ?

Puisque l’on se rapproche petit à petit du premier tour, il peut être intéressant de s’intéresser aux forces en présence pour un second tour. Avec les marges d’erreur, cinq candidats peuvent théoriquement se maintenir au second tour, et Pierre Jakubowicz peut fusionner sa liste, ce qui réduit son pouvoir. On se retrouverait avec Virginie Joron, Jean-Philippe Vetter, Catherine Trautmann, Jeanne Barseghian et Florian Kobryn.

À ce stade, deux questions sont dans les têtes. Du côté de la droite et du centre : quelle alliance dans le trio Vetter-Jakubowicz-Trautmann ? Si la fusion Pierre Jakubowicz-Jean-Philippe Vetter est appelée depuis longtemps par le candidat LR, celle entre Catherine Trautmann et Pierre Jakubowicz semble être la plus « naturelle ». Que ce soit au vu de la campagne sans étiquette de l’ancienne maire qui siphonne les voix du centre, de la présence d’anciens macronistes sur sa liste et globalement de la très bonne opinion des sympathisant(e)s macronistes pour Catherine Trautmann.

À gauche, il paraît difficilement concevable que Jeanne Barseghian et Florian Kobryn ne s’allient pas au second tour, dans l’optique de gagner, puisque les deux listes ne l’emporteront pas seules. Le rapport de force est pour la maire sortante, qui pourra bénéficier du fait qu’elle serait la seule candidate restante à incarner la gauche au second tour. De la participation des moins de 35 ans [satisfaits à 56% du travail de la municipalité mais seulement 42% à vouloir la voir reconduite, ndlr] dépendra sans doute l’issue du scrutin.

Dans ce morcellement de la vie politique, toutes les issues sont incertaines, et le scrutin sera à coup sûr très serré. À 37 jours du premier tour, la campagne n’a pas fini de révéler ses surprises.

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Commentaires (2)

  1. Comment avoir confiance en Ebra ce groupe de presse détenu par des banquiers qui a racheté la quasi totalité de la presse quotidienne du grand est ?

  2. Le problème, ce n’est pas Catherine Trautmann mais le musée des horreurs qui l’accompagne. Son numéro 2 qui a trahi ses électeurs, son numéro 4 qui a détourné les fonds de sa société et a été condamné, la numéro 5 qui ne supporte pas les femmes voilées, le numéro 8 qui prenait des étudiantes nues en photos pour les exposer sur internet, qui protège les agresseurs sexuels, le numéro 14 qui harcèle des élus, la numéro 17 qui avait mis tout un service en burnout lord de son dernier mandat.
    Et tout ce beau monde qui se déteste.

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