Le 10 septembre, le mouvement « Indignons nous, bloquons tout » arrive à Strasbourg, en Alsace et partout en France pour une première journée d’actions. Une mobilisation qui prendra la forme d’une manifestation sur la place Kléber à partir de 14h, mais qui organise d’autres actions, planifiées sur plusieurs boucles de la messagerie Telegram. Et pour débuter, le mouvement compte bien fêter le « pot de départ » de François Bayrou ce lundi.
« Indignons nous, bloquons tout ». C’est une devise qui a pris de l’ampleur ces derniers mois, sur les réseaux sociaux et particulièrement sur Telegram. Avec un objectif : le 10 septembre, mettre le pays à l’arrêt, deux jours après un vote de confiance qui pourrait bien faire tomber le gouvernement de François Bayrou.
Une rentrée explosive politiquement alors que ce 10 septembre, les services de renseignement territorial estiment qu’environ 100 000 personnes pourraient participer, selon Public Sénat. Ainsi, alors que le mouvement sera aussi présent à Strasbourg, et notamment lors d’une manifestation place Kléber à partir de 14h, petit retour sur une organisation horizontale et protéiforme, toujours difficile à faire rentrer dans des cases.
« Indignons nous, bloquons tout » : c’est quoi ce mouvement ?
Chronologiquement, le mouvement démarre dans la confidentialité en mai, dans un canal Telegram créé par Les Essentiels France. Un collectif souverainiste, mais également complotiste et d’extrême-droite, militant pour une sortie de l’Union européenne dans « un Frexit serein et structuré », la relocalisation d’entreprises, une plateforme citoyenne d’investissement fléché, la réduction des coûts institutionnels ou encore l’inclusion des seniors et le soutien massif aux associations.
Le mouvement sort de sa bulle encore confidentielle après le 14 juillet et les annonces budgétaires de François Bayrou. Pour faire 43,8 milliards d’euros d’économies, le Premier ministre présente des mesures comme le gel des prestations sociales et des barèmes de l’impôt sur le revenu [faisant mécaniquement augmenter le taux d’imposition des ménages, ndlr] ainsi que la suppression de deux jours fériés.
À ce moment-là, c’est le groupe « Indignons nous, bloquons tout » qui récupère le mot d’ordre du 10 septembre. Un mouvement dont on apprend qu’il est représenté par une population assez jeune et issue des petites villes, selon la première étude réalisée sur le sujet par le politiste Antoine Bristielle. Elle vote massivement à gauche [69% ont voté Jean-Luc Mélenchon et 10 % Poutou à la dernière présidentielle, ndlr], et est davantage diplômée et urbaine que celle qui avait manifesté avec les Gilets Jaunes.
Le mouvement est d’ailleurs très partisan de la justice fiscale, ayant comme revendications notables la retraite à 60 ans, le SMIC à 1 800 euros, le retour de l’ISF ou encore l’instauration de la taxe Zucman selon leur site internet. Le 22 août dernier, Jean-Luc Mélenchon annonce que la France insoumise rejoint le mouvement, forçant quelque peu la main des autres partis du NFP à soutenir l’initiative. Du côté de l’extrême-droite, le RN a indiqué ne pas se lier au mouvement. Finalement, le 27 août, c’est la CGT qui soutient également l’initiative.
Pot de départ de François Bayrou et manifestation : qu’est-ce qui est organisé à Strasbourg ?
À Strasbourg comme en France, l’organisation du mouvement se déroule principalement sur la messagerie Telegram, accessible ici. Les premiers messages dans le Bas-Rhin remontent au 26 juillet, et il y a désormais près de 1 000 personnes qui échangent régulièrement dessus. De nombreux sous-canaux thématiques existent, comme un dédié spécifiquement à Strasbourg, à la manifestation du 10 septembre place Kléber, un autre sur l’organisation de cantines solidaires, de garderies ou encore de la veille réseaux ou juridique.
Plus concrètement, le gros rassemblement à Strasbourg se fera sur la place Kléber, à partir de 14h le 10 septembre. À ce sujet, les manifestant(e)s et les journalistes devront bien garder en tête que le ministère de l’Intérieur a récemment sorti un « Schéma national des violences urbaines ». Selon L’Humanité, le document valide l’interdiction de la presse lors de ce type d’évènements, entretenant le flou entre « maintien de l’ordre » et « violences urbaines », tout en consacrant l’utilisation du Raid pour réprimer les émeutes.
En préambule de la manifestation, un pot de départ à François Bayrou sera organisé le 8 septembre à 20h, toujours sur la place Kléber, si ce dernier voit son gouvernement chuter avec le vote de confiance programmé dans la journée. Les prochains jours vont être explosifs.



Mon Dieu quelle catastrophe ce pays on marche sur la tête