Les 11, 12 et 13 juillet, le festival Décibulles a rassemblé environ 36 000 personnes sur les hauteurs de Neuve-Église, dans la vallée de Villé. Les secrets de cet événement qui a affiché complet un mois avant l’ouverture des portes cette année ? Une programmation éclectique… et une sélection pointue en matière de bières locales.
Arriver aux Décibulles, c’est d’abord reprendre son souffle. Après l’ascension de la colline du Chena et la découverte de la vue panoramique sur la vallée du Villé, la plupart des festivaliers/ères se dirigent tranquillement vers l’un des cinq bars du site.
Chez Lulu, Régine ou Gilles, à L’Atypique ou au S’schenste Tàl le bar de la vallée, il y a du choix. Chaque comptoir affiche une carte différente, en bières comme en softs.
« C’est cool de faire travailler des brasseries locales »
Ce vendredi soir, c’est à L’Atypique qu’ont choisi de s’arrêter Guillaume, Madeline, Mady et leurs ami(e)s. Originaires de Molsheim, les vingtenaires sont venu(e)s gouter la Muffin framboise, brassée par Les Intenables à Rosheim. « Le patron de la brasserie était notre chef scout », sourit Madeline.
Scout(e)s pour la plupart, les vingtenaires ont découvert les Décibulles via leurs aîné(e)s dans le mouvement, et comptent bien le faire découvrir à leurs cadet(te)s quand ils/elles seront majeur(e)s.
Au-delà de l’ambiance et de la programmation, le petit groupe est sensible à la sélection de bières proposée : « Il y a beaucoup de bières du coin et c’est toujours cool de faire travailler des brasseries locales », juge Guillaume. « Et un festival avec de bonnes bières, c’est toujours un plus », précise Mady.
Des mousses originales et accessibles
Un peu plus loin, Audrey et Guillaume quittent le comptoir avec leur première bière en main. Originaire de Sarreguemines, le couple est venu célébrer ses 10 ans de mariage aux Décibulles. « Ce festival, c’est notre petit chouchou », explique Audrey avec enthousiasme. « Je crois que j’étais là à la première édition », renchérit Guillaume.
Au fil du temps, le festivalier a vu l’offre s’étoffer. « Il y a beaucoup plus de choix qu’avant, dont des bières que l’on ne boit pas souvent. J’aime bien goûter, découvrir ce qui est proposé. »
Autre point positif pour l’événement : le prix des mousses, à 3 ou 4 euros le demi pour la plupart, 5 euros dans quelques rares cas pour des bières particulières. « Ce sont les mêmes prix que dans un bar : pour un festival, ça va. »
Entre la programmation, l’ambiance familiale, la vue dégagée sur le massif, le « site à taille humaine » et la sélection de bières, le couple est conquis. « On a laissé notre fils pendant l’événement chez les grands-parents cette année, mais d’ici deux ou trois ans, on espère bien pouvoir l’emmener avec nous. »
« La bière, ça compte »
Sur la grande scène, Wallace Cleaver vient de finir son set et la foule reflue lentement vers le kiosque – la petite scène située en bas du site – ou les bars. Devant Chez Gilles, une joyeuse troupe de minions gambade dans l’herbe en se lançant un totem peint en jaune et bleu, baptisé Kévin. Sous les costumes, une bande de copains/ines originaires de Strasbourg, d’Obernai et de la vallée de Villé.
« Ça fait dix ans que l’on vient, et dix ans que l’on se déguise pour l’occasion, explique Morane, 31 ans. Il y a un côté familial dans l’ambiance sur le site. On peut être un peu bébêtes tous ensemble : c’est le rendez-vous des copains ! »
Et la bière alors ? « Ça compte », juge Alexandre, 35 ans, qui brasse lui-même de temps en temps dans sa cuisine. « Boire des bières ici ou dans un festival qui ne propose que de la Heineken, ce n’est clairement pas la même chose. »
55 bières différentes
Cette année, les Décibulles proposent 55 bières différentes à leur carte. « Nous avons 38 brasseries représentées et 75% de bières locales », détaille Stéphane Guiot, responsable bar de l’événement. Blondes, brunes, ambrées, IPA, stouts, sauers… « C’est impossible qu’un festivalier ne trouve pas une bière qui lui plaise aux Décibulles », sourit le bénévole.
Pour pouvoir proposer une offre diversifiée, locale et accessible, les équipes du festival commencent la sélection en janvier/février. « Nous recevons environ une centaine d’échantillons chaque année pour une cinquantaine de becs », explique le responsable. Nous organisons également une journée de rencontre avec les brasseurs pour discuter avec eux de notre fonctionnement. »
Le festival sélectionne avant tout des bières, plus que des brasseries, mais privilégie autant que possible les productions locales. Les équipes sont également attentives à leur titrage en alcool et à leur prix.
« Si on propose des bières aux mêmes prix dans chaque bar, c’est parce que l’on veut que les festivaliers se fassent plaisir, qu’ils fassent vraiment leur choix en fonction de leurs goûts et pas parce qu’une bière est 50 centimes moins chère », décortique Stéphane Guiot.
Rationner pour mieux déguster
Cette envie de proposer des bières locales de qualité remonte aux origines du festival. Décibulles fait à la fois référence aux décibels de la musique et aux fines bulles de la mousse houblonnée.
Avec le temps, cette double identité s’est fait un nom. « De plus en plus de gens attachent de l’importance au type de bière qu’ils boivent et à comment c’est fait, juge Stéphane Guiot. On est sorti de la bière que l’on mélange au Picon. »
Le festival veille également à ce que l’ensemble des festivaliers/ères puissent profiter de cette diversité. S’il commande les quantités au plus juste pour qu’il en reste le moins possible après le festival, Stéphane Guiot veille également à ce que toutes les bières soient disponibles à la dégustation chaque début de journée du festival. Même le dimanche. Quitte à rationner un peu parfois en fin de soirée.
« C’est pour ça que vous voyez parfois certaines bières indisponibles le vendredi ou le samedi soir avant de pouvoir les goûter à nouveau à l’ouverture des portes. On ne voulait pas que ceux qui viennent juste le dimanche aient le sentiment d’avoir un festival au rabais à cause d’éventuelles ruptures de stock. »
Une belle découverte
Dans le public, cependant, certain(e)s festivaliers/ères découvrent seulement en arrivant sur le site que les Décibulles font la part belle à la bière locale. « Le fait que ce soit aussi un festival de bières locales n’est pas mis en avant sur le site Internet, regrette Maïa, 26 ans, pour qui cela a toutefois été une très bonne surprise. « Ça fait plaisir de retrouver en festival des bières que l’on trouve en bars spécialisés. »
Venue assister au concert de Almost Rose, Olivia a également découvert la sélection de bières au pied du comptoir. Avec un certain enthousiasme. « Un festival de musique avec une telle offre de bières locales, c’est exceptionnel », juge la trentenaire.
Mais il y a quand même des festivaliers/ères que la sélection laisse indifférents. « Nous, on n’aime pas la bière, glissent en riant des festivalières en posant pour une photo. On boit plutôt du vin. Mais on adore les Décibulles ! »


