À Strasbourg, le tarif plein d’une entrée à la piscine est fixé à 6 €, après une augmentation de l’Eurométropole en octobre dernier. Un prix élevé, le plus haut des 11 plus grandes villes de France. Contactée à ce sujet, la Ville le justifie par un vrai effort réalisé sur la tarification solidaire, qui propose des tarifs très bas dans ses services publics pour une bonne partie des Strasbourgeois(es).
À Strasbourg, piquer une tête peut vite coûter un bras. Alors que les températures ont été à la limite du supportable la semaine dernière, et qu’on annonce pour ce week-end un thermomètre aux alentours des 30 degrés, de nombreux/ses Strasbourgeois(es) voudront à nouveau plonger dans les 5 piscines de la ville [sur un total de 8 dans le territoire de l’Eurométropole, ndlr].
Mais forcément, à l’heure de plonger la tête dans l’eau, une question remonte à la surface : celle des tarifs, notamment celui du ticket 1 entrée, qui a augmenté en octobre dernier. Un tarif de 6€, qui semble élevé, et qui peut représenter un frein à la pratique de la natation pour certain(e)s. On est donc allé comparer avec les autres collectivités françaises, avant de chercher des réponses en contactant la Ville de Strasbourg.
8 piscines à connaître autour de Strasbourg pour se rafraîchir les pieds
Ça coûte combien d'aller à la piscine à Strasbourg ?
Avant d’entrer dans le détail, reposons les bases. Déjà, la décision d’augmenter les tarifs est une compétence de l’Eurométropole de Strasbourg, et non pas de la Ville. Ensuite, Strasbourg possède 5 piscines : Hautepierre, Kibitzenau, Robertsau, Wacken et les Bains municipaux. L’offre est ensuite complétée dans l’Eurométropole par la piscine de Schiltigheim, celle de Lingolsheim et celle d’Ostwald [celle de la Hardt, à Illkirch, étant actuellement fermée, ndlr]. Au niveau des tarifs, l’entrée est à 6 €, le pass 10 entrées valable 1 an à 40 € et l’abonnement annuel à 215 €.
Il y a également des tarifs selon le quotient familial, utilisé pour la tarification solidaire remodelée en octobre dernier, pour lequel le tarif de l’entrée varie entre 1 et 4 €, celui du pass 10 entrées valable 1 an de 8 à 25 € et celui de l’abonnement annuel de 40 à 125 €.
Une analyse comparative chiffrée
Si le prix d’entrée peut sembler élevé, ce n’est pas seulement une vue de l’esprit : notre ville est celle où aller à la piscine coûte le plus cher parmi les 11 plus grandes villes de France. Dans le détail :
- Paris : 3,50 € l’entrée pour 41 piscines. Le pass 10 entrées et l’abonnement annuel, équivalent à 4 abonnements trimestriels, sont moins chers.
- Marseille : 3 € l’entrée pour 14 piscines. La carte 10 entrées est deux fois moins chère qu’à Strasbourg, et l’abonnement annuel est lui aussi moins cher.
- Lyon : 4 € pour 6 piscines ouvertes toute l’année, plus 5 autres selon les saisons. La carte 10 entrées est moins chère qu’à Strasbourg.
- Toulouse : 3,40 € pour 12 piscines, 4,40 € pour les non-Toulousain(e)s. Là encore, l’abonnement annuel est moins cher.
- Nice : entre 3 € et 4,10 € pour 9 piscines. L’abonnement annuel est plus cher qu’à Strasbourg dans la piscine olympique, mais moins cher dans le reste des piscines de la ville.
En réalité, si les gens devaient payer le véritable tarif plein, ils devraient payer 12 € ou plus.
- Nantes : 4,50 € pour la piscine la plus chère, sur un total de 6 piscines. Seule ville du top 11 des plus grandes villes où l’abonnement annuel est plus cher qu’à Strasbourg.
- Montpellier : 5,10 € mais 7,20 € pour la piscine olympique sur un total de 14 piscines. Abonnement annuel moins cher.
- Bordeaux : 3,70 € l’entrée, et 5,70 € pour les non-Bordelais(es) pour 5 piscines. Le carnet 10 entrées est moins cher, celui à 50 entrées, soit à peu près une année, coûte lui deux fois moins cher.
- Lille : 2,50 € et 4 € pour les non-Lillois(es) pour 3 piscines à même la ville. Le carnet 10 entrées est moins cher et l’abonnement annuel est largement moins coûteux pour les habitant(e)s de Lille.
- Rennes : 5,60 € l’entrée pour 4 piscines. Mais la ville est moins avantageuse que Strasbourg, car elle ne fait pas de carnet 10 entrées.
Ainsi, à une grande majorité, et si l’on est un(e) nageur/se occasionnel(le), il est nettement plus avantageux d’aller piquer une tête dans les autres grandes métropoles françaises. Pour trouver une ville où les piscines coûtent plus cher qu’à Strasbourg, il faut regarder du côté de nos voisins nancéiens : à Nancy, le ticket d’entrée coûte 6,45 €.
Pour la Ville, une politique tarifaire qui intègre de la tarification solidaire
Côté Ville et Eurométropole, en plus de mettre en avant les cartes 10 entrées et l’abonnement annuel qui permettent de lisser les coûts, on justifie principalement cette politique tarifaire par l’importance de la tarification solidaire, complètement refondée en octobre dernier pour inclure bien plus de Strasbourgeois(es) qu’auparavant et faire que chacun(e) puisse payer selon ses moyens.
Syamak Agha Babaei met alors en avant « les tarifs réduits pratiqués, probablement parmi les plus bas, dans une ville où 25 % des gens vivent en-dessous du seuil de pauvreté ». Le 1er adjoint précise d’ailleurs que le premier tarif à 1 € est le moins cher des grandes villes françaises. Une tarification solidaire pour les piscines qui intègre également des activités comme les bébés nageurs, les cours et les stages de natation, l’aquagym ou encore l’aquabike.
Par ailleurs, il explique que, pour les piscines comme les autres services publics, personne ne paye vraiment un tarif plein : « Même pour les gens qui payent le tarif plein, c’est la collectivité qui participe aussi pour rendre le tarif abordable. En réalité, si les gens devaient payer le véritable tarif plein, ils devraient payer 12 € ou plus. »
Pour les piscines, le coût annuel en fonctionnement est de 17,5 millions d’euros, tandis que les recettes s’établissent seulement à 3,25 millions. La collectivité prend donc à sa large une grande part de financement de son service public.
On peut penser que c’est trop, mais pour moi c’est le juste prix.
Il développe également l’augmentation de ce tarif en octobre dernier : « La logique de Strasbourg, c’est avoir une offre tarifaire qui intègre de la tarification solidaire. J’assume le fait qu’il faille monter un certain nombre de tarifs, si dans le même temps on étend la tarification solidaire. »
Et s’il assure « comprendre qu’on ne soit pas content », il assume : « Je comprends qu’on râle, mais un service public de qualité se finance également, surtout lorsque la tarification solidaire couvre une bonne partie de la population. » Dommage que, sur le sujet, le 1er adjoint ne possède pas les chiffres exacts des personnes aujourd’hui concernées par la tarification solidaire. Cela sera possible à partir du 25 octobre.



1. « En réalité, si les gens devaient payer le véritable tarif plein, ils devraient payer 12 € ou plus…. » au lieu 6 euros, soit le double
2. « Pour les piscines, le coût annuel en fonctionnement est de 17,5 millions d’euros, tandis que les recettes s’établissent seulement à 3,25 millions. », soit des frais de fonctionnement 5 fois plus élevés que les recettes
Il faudra qu’il nous explique comment il pensent être à l’équilibre ou combler un trou d’un coefficient de 5 en doublant simplement le prix d’entrée ?
Les magiciens du mandat…
Il ne cherche pas à être à l’équilibre (c’est généralement le principe d’un service public d’être completé par les impôts) il explique juste qu’il diminue l’impact sur l’impôt de la tarification solidaire en faisant payer + cher aux plus riche (mais tout de même largement au dessus du coût réel) ce qui paraît raisonnable
« Au dessous » pas « au dessus » vous aurez corrigé vous même !
En plus de payer des impôts, différentes taxes professionnelles, une taxe foncière et d’autres taxes, les habitants plus aisés doivent aussi participer aux loisirs des moins fortunés…
À quand le supermarché à prix variable selon votre feuille d’imposition ?
Le communisme strasbourgeois a assez duré.
Si toute socialisation des profits vous paraît être un signe de dangereux communisme je vous propose de payer l’intégralité de vos coûts lors de votre prochain scanner ou opération chirurgicale.
Quant à considérer la piscine uniquement comme un simple loisir en période de réchauffement climatique et plus généralement dans le cadre d’une politique qui permet d’apprendre à nager à ceux qui n’ont ni la mer ni la piscine à la maison. Peut-être préféreriez vous payer les conséquences de l’augmentation des noyades a travers vos primes d’assurances ?
Elle nous prend vraiment pour des idiots.
La température de l’eau est régulièrement en dessous de 27 degrés qui est censé être la limite basse et certaines piscines comme celle de Lingolsheim subit de plus en plus d’avaries.
La majorité des personnes payent plein tarif et ceux qui foutent la merde dans les piscines qui doivent être fermées à cause d’incivilités sont ceux qui payent le tarif solidaire.
De qui se moquent t’ont même le personnel des piscines sont écoeurés.
Je l’attends en septembre à la piscine de Lingolsheim à 8 h et elle verra les avis de tous les habitués.
La majorité des personnes payent plein tarif et ceux qui foutent la merde dans les piscines qui doivent être fermées à cause d’incivilités sont ceux qui payent le tarif solidaire.
Absolument; c’est ce que j’avais écrit précédemment mais qui n’a pas convenu au modérateur
il a parfaitement raison quand il déclare que:
» En réalité, si les gens devaient payer le véritable tarif plein, ils devraient payer 12 € ou plus. »
Mais alors pour tous le monde!
Pareil pour les transports.
Service public, vraiment ? Je fréquentais la piscine de Lingolsheim régulièrement et pouvais nager sans gêner les autres ni l’être moi-même. Depuis que celle d’Illkirch a fermé, j’ai renoncé : la fréquentation est telle que nager sans être gêné est devenu impossible. Alors, la notion de service public…
La tarification solidaire concerne les personnes ayant des ressources de 700 à 800 euros max
Nos élus verts n’ont que cette excuse « bateau » pour justifier les augmentations piscines ou comme la CTS il y a 2 ans avec des augmentations de 29 à 58 %.
Mais nous n’oublions rien cher Monsieur le 1er adjoint !
Bonsoir,
Si la Ville ne possède pas encore les chiffres exacts de combien de personnes sont concernées par cette nouvelle tarification solidaire, ceux que vous avancez sont erronés. En octobre dernier, un revenu équivalent au smic était encore bénéficiaire de tarifs préférentiels. Il y a donc de grandes chances que cela concerne pas loins d’une majorité de Strasbourgeois(es).
Par ailleurs, si la Ville a également une majorité à l’Eurométropole, la décision d’augmenter le tarif des piscines et celui de la CTS est une décision de l’EMS, non pas directement de la Ville.
Bien à vous,
Par ailleurs, si la Ville a également une majorité à l’Eurométropole, la décision d’augmenter le tarif des piscines et celui de la CTS est une décision de l’EMS, non pas directement de la Ville.
Et qui donc sont à la tête de l’EMS si ce n’est des maires ou adjoints ?
https://www.strasbourg.eu/annuaire-elus-eurometropole
Je comprends le fait de vouloir rendre les piscines abordables a des gens qui n’ont pas les moyens, mais du coup la « classe moyenne » qui est trop « riche » pour en bénéficier mais pas assez pour mettre ce genre de tarif dans ses habitudes de vie c’est encore nous qui nous faisons arnaquer. Un tarif solidaire en fonction des revenus des ménages ok mais derrière énormément de gens qui ne pourront pas se le permettre et a mesure yeux ce n’est pas normal.
C’est bien beau, mais tout ça laisse de côté les étudiants qui n’ont pas l’argent mais reste sur le relevé fiscal des parents.. ils n’ont pas accès à la tarification solidaire, dommage de les exclure par ces mesures..