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Strasbourg village, place centrale : 4 jours dans l’effervescence du Pelpass Festival

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À Strasbourg, deux phénomènes marquent l’arrivée du printemps : le retour des cigognes à l’Orangerie et l’installation du Pelpass Festival au Jardin des Deux Rives. C’est le signe qu’il est temps de sortir de chez soi pour danser, lever le coude et faire le plein de découvertes musicales à partager. Cette année encore, l’événement a tenu toutes ses promesses.

Jeudi 29 mai, 18h. J’arrive sur le site un peu bougon. Il y a des semaines comme ça, où l’on sort de chez soi à reculons. Sans trop de raison, mais avec l’envie de prolonger l’hiver pour regarder des séries sous la couette.

Un mood bof qui s’éclaire avec une première mission : « Bière ? » « Bière ! ». Cinquante mètres séparent notre corps du bar, mais il faudra 20 minutes pour y arriver, le temps de saluer toutes les têtes connues. Je n’ai pas encore mon verre à la main que toute trace de grisaille a disparu.

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Pelpass festival strasbourg musique fête festivaliers concerts
© Adrien Labit / Pokaa

« Ça fait plaisir de revoir tout le monde »

Il y a cette amie que je n’ai pas vue depuis trois semaines. Et cet autre avec qui je cherche une date pour boire un verre depuis six mois sans parvenir à faire concorder nos emplois du temps de trentenaires. Aujourd’hui, magie ! Les voilà réuni(e)s au même endroit. « Ça fait plaisir de revoir tout le monde ! », sourit l’un d’eux. Et ce pourrait être le mot d’ordre du Pelpass, grand rendez-vous des Strasbourgeois(es).

De salutation en salutation, la soirée avance et il est temps de glisser une oreille près du son. Sur la grande scène, c’est l’heure de Picon mon amour. Avec son accordéon et son brin de folie, le duo embarque le public dans un cercle circassien endiablé avant d’émouvoir aux larmes avec une ballade portée par une voix puissante. En sortant de la tente, j’ajoute de nouveaux titres à ma playlist de favoris. J’ai les yeux qui pétillent et une folle envie de taper du pied.

Ça tombe bien, un concert énervé vient de débuter sur la scène B. Demi Lune et Jean-Divorce forment le duo québécois DVTR. Leur « musique rapide » donne envie de secouer la tête et de lancer des pogos jusqu’à l’épuisement. « Ça, c’est du rock, du vrai. Ça change des morceaux de 12 minutes où tu te fais chier », lance mon acolyte photographe en sortant, ruisselant, du devant de la scène où se sont échouées les vagues de festivaliers/ères turbulent(e)s.

Ensuite… c’est un peu flou. Parce que le Pelpass, c’est aussi une très bonne sélection de bières locales. De quoi transformer le site en troquet géant où les discussions vont bon train sous les totems joliment décorés. La musique de Peet accroche mon oreille sur la grande scène. Mais quand le sol commence à tanguer, c’est qu’il est temps de rentrer.

« Tu sais ce qu’il y a aujourd’hui ? »

Vendredi 30 mai, 18h. Retour au Jardin des Deux Rives. Un pivert dans la tête et un verre de kombucha à la main. « Tu sais ce qu’il y a aujourd’hui comme groupe ? » Pas vraiment. Mais ce n’est pas grave, parce que le Pelpass est avant tout un festival de découvertes. Autour de moi, beaucoup d’ami(e)s prennent chaque année leur place les yeux fermés. Confiant(e)s quant à la programmation.

Sur la scène B, l’électro pop de Luiza fait onduler des festivaliers/ères conquis(es). L’énergie de l’artiste est communicative et j’en oublie de prendre des notes. À 19h, direction le grand chapiteau pour écouter l’un des rares groupes que je connais cette année. En quelques mesures, l’indus post-punk de Pales transporte les festivaliers/ères dans une tempête de riff hors du temps. Les morceaux s’enchainent avec délice et l’on ressort du chapiteau un peu trop rapidement, tout à fait déphasé(e)s.

Et puis les découvertes s’enchainent. Je n’aime pas beaucoup le rap mais les titres magnétiques de Mairo m’attrapent par les oreilles pour me retenir un bon moment. J’échoue ensuite sous le petit chapiteau pour bouger comme une folle en écoutant les Anglais de Knives, bondir sur la scène, comme affranchis de la pesanteur.

Festival pluvieux, festival heureux

Samedi, 18h. J’arrive sur le site en même temps que l’orage. Aux points de contrôle, les festivaliers/ères se serrent sous les tonnelles, fouetté(e)s par la pluie et le vent. Trempée pour trempée, je sors de la tente pour rejoindre le site. Le festival prend des airs de pool party tant le sol est inondé. Sous la grande tente, une petite foule attend la fin du grain. On reconnait les derniers/ères arrivé(e)s grâce aux tenues humides.

Quand la pluie se fait plus légère, quelques téméraires tentent une percée vers le bar ou dansent en sautant dans les flaques. Sous la militente, c’est l’heure d’écouter l’hyperpop de Thérèse. Ensuite… tout est brumeux. Après un moment à écouter, envoûtée, le rock expérimental de Krak, puis à bouger sur le post-punk de TVOD, je navigue doucement d’une table à l’autre pour échanger sur tout ce que je viens d’écouter. Du moins, c’est ce que l’on m’a raconté.

Pelpass festival strasbourg musique fête festivaliers concerts
© Adrien Labit / Pokaa

Dimanche 1er juin, 17h. Malgré des articulations qui grincent et un sévère mal de cheveux, je suis à l’heure pour écouter La Mal Coiffée sous la scène B. Cette formation féminine est l’une des pépites musicales que je ne voulais pas manquer : quatre multi-instrumentistes qui chantent en occitan. Un régal pour les tympans et pour les hanches qu’on se plait à bouger au rythme des percussions.

Petite pause aux tables entre les bars avec une citronnade en écoutant de loin le concert de Léonie Pernet. Si la pop de l’artiste ne fait pas l’unanimité dans mon petit groupe, je dresse soudain l’oreille en entendant un de ses morceaux. Le nom de l’artiste ne me disait rien, mais je réalise que j’ai deux de ses morceaux dans ma playlist de favoris depuis des mois. Sourire narquois. Chaque année, le Pelpass me fait le coup : redécouvrir des artistes dont j’avais aimé les morceaux.

Allez, un dernier pour la route, me voici partie pour écouter la soul de The White Bats sur la scène B. Oh et puis Terrenoire n’a pas l’air si mal sur la grande scène. 21h. Il faudrait songer à rentrer pour bien attaquer la semaine à venir. Mais les cuivres d’Opus Kink sonnent délicieusement à mon oreille. Un pied sous le petit chapiteau et il est déjà trop tard. L’objet sonore non identifié venu de Londres déchaîne la foule. Le temps passe sans mesure. Quatre jours, déjà ? Vivement l’année prochaine.

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