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Plus de 300 oeuvres : à Paris, un musée est dédié au peintre alsacien Jean-Jacques Henner

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Né en 1829 dans le Sundgau, Jean-Jacques Henner est aujourd’hui considéré comme un des plus grands peintres de son époque, mais reste pourtant méconnu de beaucoup d’Alsacien(ne)s. Pour en savoir plus, direction Paris, où un musée lui est dédié, dans lequel on retrouve des peintures de paysages bien de chez nous ! 

Dans le 17e arrondissement de Paris, discrètement niché au creux de l’avenue de Villiers, se trouve un ancien hôtel particulier du XIXe siècle ayant appartenu au peintre Guillaume Dubufe (1853-1909), reconverti en musée consacré au peintre alsacien Jean-Jacques Henner, qui était venu y dîner à plusieurs reprises.

Ce superbe bâtiment sert d’écrin feutré à un trésor de l’histoire de l’art français : environ 300 œuvres de Jean-Jacques Henner, installées sur trois étages ou soigneusement conservées dans les réserves. Dans une ambiance calme de couleurs pourpres et de banquettes en velours, l’Alsace est mise à l’honneur, avec beaucoup de poésie et de mélancolie.

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Musée National Jean-Jacques Henner
© Charlie Picci-Claude / Pokaa

D’Altkirch à Paris, en passant par Rome

Né le 5 mars 1829 à Bernwiller, dans le Sundgau, Jean-Jacques Henner commence sa carrière artistique en prenant ses premiers cours de dessin au collège d’Altkirch, avant de venir étudier à Strasbourg dès 1843. Son talent et la qualité de sa peinture le font rapidement remarquer auprès de ses professeurs. Grâce à plusieurs bourses d’études, il part continuer son apprentissage à l’École des beaux-arts de Paris à partir de 1848.

Dix ans plus tard, c’est la consécration grâce à sa composition Adam et Eve trouvant le corps d’Abel, avec l’obtention du Grand Prix de Rome. Un concours prestigieux de l’époque qui permettait à ses lauréats de partir cinq ans à la Villa Médicis de Rome pour perfectionner leur pratique artistique.

Son prix en poche, Jean-Jacques Henner roule sa bosse en Italie. Le jeune sundgauvien découvre alors Rome, Naples ou encore Florence, l’Antiquité, les musées remplis des œuvres des grands maîtres italiens, et les paysages italiens qui influenceront sa peinture, faisant place à une palette plus souple, plus légère.

De retour à Paris, sa carrière connaît son apogée à partir des années 1870 où son talent de portraitiste lui permet de devenir la coqueluche des salons parisiens. Grâce à son œil exercé, il a l’art de saisir les âmes qui se cachent derrière les chairs, et de les rendre justement sur la toile.

Même s’il a passé la majorité de sa vie à Paris, Jean-Jacques Henner n’a pourtant jamais cessé de peindre l’Alsace et de lui rendre hommage. C’est d’ailleurs dans la capitale, au 43 avenue de Villiers, qu’un musée lui est dédié.

Musée National Jean-Jacques Henner
© Charlie Picci-Claude / Pokaa

L’Alsace n’est jamais très loin

Dès l’entrée, on se retrouve face à une grande salle où trône un piano à queue. Les murs pour y accéder sont ornés d’œuvres de l’artiste, dont l’une des plus connues, représentant une jeune alsacienne, reconnaissable à sa coiffe noire traditionnelle. En vêtements de deuil, les mains croisées, le regard fixe, son port de tête est altier malgré le malheur qui la frappe.

Le chef-d’œuvre, intitulé L’Alsace. Elle attend, a été peint en 1871 par Henner, suite à la guerre franco-allemande de 1870, qui s’est terminée par l’abandon de l’Alsace-Lorraine à l’Empire allemand.

Cette œuvre, commandée par des épouses d’industriels de Thann, sera ensuite offerte à Léon Gambetta, qui était un farouche opposant à l’annexion de l’Alsace-Lorraine. Jean-Jacques Henner, lui-même profondément attristé, ne pouvait se résigner à cette situation. Avec la peinture de son Alsacienne, il a choisi de montrer son attachement à la France et à une Alsace qui attendait d’être libérée du joug allemand, une cocarde tricolore sur sa coiffe.

L’étage suivant, feutré, est une ode à la peinture de Jean-Jacques Henner, reconnaissable à sa touche sombre et floue. Les portraits de tout Paris de l’époque côtoient les paysages de la campagne sundgauvienne.

Un vent de Sundgau en Île-de-France

Pour celles et ceux qui connaissent le Sundgau, regarder les peintures de paysages de Jean-Jacques Henner donne un élan vertigineux. C’est sentir, en plein Paris, l’air frais d’une balade dans les chemins en automne, l’odeur de la terre, et le clapotis de l’eau d’un étang dont le calme est interrompu par le bruit d’un canard qui se dandine.

D’ailleurs, le peintre s’était fait construire une immense demeure, encore visible aujourd’hui, dans son village natal. Il s’y rendait chaque année pour reconnecter avec sa région, y puiser de l’inspiration, et en profitait pour ramener des peintures nostalgiques de sa région.

Musée National Jean-Jacques Henner – Bernwiller vu dans les arbres
© Site web du Musée national Jean-Jacques Henner / Capture d'écran

Le dernier étage, lumineux, se présente sous la forme d’une reconstitution d’un atelier de l’artiste où se côtoient peintures, palettes et esquisses de Jean-Jacques Henner, donnant à voir les différentes étapes nécessaires à la fabrication d’une œuvre.

On a l’impression qu’un lien se crée avec le peintre, grâce aux objets qu’il a touchés, accentuant l’intimité née à l’étage inférieur à la vue de ses paysages alsaciens si chers à nos cœurs.

Établissement

Musée national Jean-Jacques Henner

Quoi ?

Musée

où ?

43 avenue de Villiers, 75017 Paris

Plus d'infos ?

Le site web du musée

Musée National Jean-Jacques Henner
© Charlie Picci-Claude / Pokaa

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