C’est le retour des beaux jours et vous avez une folle envie de faire un petit tour hors de Strasbourg sans parcourir des milliers de kilomètres ? Metz est peut-être votre destination idéale. Au confluent de la Moselle et de la Seille, la cité lorraine n’est qu’à 1h30 de Strasbourg. Moins célèbre que sa voisine et rivale Nancy, elle recèle pourtant bien des trésors.
Pour peu qu’on s’y prenne un peu à l’avance, aller à Metz en TER est vraiment économique. Il y a des trains à partir de 11 € l’aller, soit 22 € aller-retour, et il existe beaucoup de liaisons entre Metz et Strasbourg. Et ce qui est bien avec le train, c’est qu’on peut observer les paysages, discuter avec son voisin ou piquer un petit somme. Six arrêts et 1h30 plus tard, la gare de Metz est enfin là !
Cet imposant bâtiment date de 1908. Cette gare est l’une des plus grandes de l’Hexagone, puisque jusqu’à 12 trains peuvent y être à quai en même temps. Hyper lumineuse, elle possède de belles verrières et a été élue trois fois « plus belle gare de France ».
C’est bien joli tout ça, mais on n’est pas là pour rester dans la gare, alors direction la Porte de Allemands, une porte de ville très bien conservée du XVIe siècle qui a donné bien du fil à retordre à un certain Charles Quint.
Étape 1 : direction la Porte des Allemands et la cathédrale
Pour commencer notre journée et découvrir la Porte des Allemands, rien de très compliqué : il suffit de marcher 15 minutes. Google Maps est votre ami et sur le chemin, vous pouvez toujours prendre un croissant doré si vous avez un petit creux. À un moment, on tombe nez à nez avec cette espèce de forteresse médiévale qu’on croirait tout droit sortie du film Les Visiteurs.
Avec ses tours à créneaux et ses tours en poivrières, elle en impose. Cette porte protégeait l’est de la ville, délimitée par la rivière Seille. Une fois qu’on a vu ce mini château-fort, on se dirige vers le centre-ville, mais hors de question de partir sans crier avant : « Monjoie Saint-Denis ! »
Ok, c’est bon, maintenant on peut y aller.
Pour découvrir le cœur de Metz, pas d’itinéraire précis à suivre. Il est fortement recommandé de flâner dans les ruelles médiévales et tortueuses. Si, vraiment, vous avez peur de vous perdre, suivez la rue des Allemands puis continuez tout droit « en Fournirue ».
On débouche alors sur la place d’Armes. Sur cette place imposante du XVIIIe siècle, il y a l’Hôtel de Ville, mais surtout, la cathédrale Saint-Étienne. Le tout en pierre calcaire de Jaumont qui donne son aspect doré et chaleureux à la ville de Metz. Avant de visiter la cathédrale, un petit saut par l’Office de tourisme permet de prendre un plan (gratuit) de la ville et de laisser Google Maps de côté pour le reste de la journée.
Relaxation, déconnexion et marche à pied. Sinon, plutôt que d’aller tout droit, baladez-vous au hasard, vous découvrirez peut-être la place Saint-Louis. Une des plus fameuses places de Metz, à l’aspect médiéval avec ses arcades et ses façades aux murs crénelés.
L’heure est venue d’entrer dans la cathédrale Saint-Étienne, et deux choses frappent tout de suite : sa hauteur, la nef culmine à 42 mètres, et sa luminosité. Saint-Étienne est en fait composée de deux églises réunies en une : Notre-Dame-la-Ronde et l’ancienne cathédrale romane.
Bref, elle est immense. C’est aussi l’une des cathédrales qui possède le plus de surfaces vitrées, ce qui lui vaut le surnom de « lanterne du Bon Dieu ». Les vitraux datent de diverses époques : certains sont du XIVe et XVe siècles, d’autres sont bien plus contemporains. Dans le transept nord et l’abside, une surprise nous attend : des vitraux de Marc Chagall !
Étape 2 : petit café, dragon géant et Musée de La Cour d’Or
Une pause s’impose. Le café Blondel, du nom de l’architecte qui a imaginé les bâtiments de la place d’Armes, propose des expressos dans une ambiance détendue et chaleureuse. Un café plus tard, on repart et on va rendre visite à l’emblème de la ville : le dragon Graoully.
En sortant du café, direction la rue Taison. Là, accroché en l’air, entre des immeubles, il nous toise de toute sa hauteur… Brrrr.
On continue tout droit jusqu’au bout de la rue et on tourne à gauche, rue du Haut-Poirier. C’est ici que se trouve le Musée de La Cour d’Or. Peu de gens le savent, mais Metz était la capitale de l’Austrasie sous les Mérovingien(ne)s et le palais royal se nommait alors La Cour d’Or.
Le musée est entièrement gratuit et sérieusement fantastique. Vestiges gallo-romains, tombes mérovingiennes, dormition de la Vierge du XVIe siècle. C’est à voir !
Étape 3 : déjeunons en paix
On en a pris plein les mirettes et ça nous a ouvert l’appétit. Dans le Marché couvert, situé derrière la place d’Armes, plusieurs stands proposent des spécialités lorraines. Pâté lorrain, quiche lorraine, saucisson lorrain, il y a le choix. Ce n’est pas exotique, mais c’est très local et ça cale. Notre choix, très original, s’est porté sur une quiche lorraine fumante et réconfortante.
Après le repas, une petite balade digestive est tout indiquée. Pourquoi ne pas aller au jardin de l’Esplanade ? On y arrive en reprenant la rue Taison, puis en prenant la rue Serpenoise, l’artère commerçante de la ville.
Ce joli parc à la française est le lieu des premiers émois amoureux du poète Paul Verlaine (natif de Metz).
Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches.
Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous.
Hop, un extrait du poème Green écrit bien plus tard, mais c’est pour vous mettre dans l’ambiance. Après ce petit tour dans la verdure, retour aux vieilles pierres qui se situent à deux pas : l’église Saint-Pierre-aux-Nonnains et la chapelle des Templiers.
Étape 4 : des vieilles pierres, des mystères et de l'art
La plus vieille église de France se trouve à Metz. Construite sur un ancien gymnase romain, Saint-Pierre-aux-Nonnains date du IVe siècle. Avec ses arcs en plein cintre tout simples, cette honorable église surplombant la Moselle vaut le détour. En s’y rendant depuis le jardin de l’Esplanade, on croise sur notre chemin une jolie chapelle octogonale au toit conique, c’est la chapelle des Templiers.
Qui sait si le Saint Graal n’est pas passé par là ? Tiens, en parlant de Saint Graal et de lieux sacrés, direction le Centre Pompidou Metz, paradis des artistes.
Vous pouvez marcher ou, si vous avez la flemme, il y a une petite navette gratuite qui va de la préfecture jusqu’au Centre Pompidou, la N83. On se retrouve ensuite devant un bâtiment blanc aux formes futuristes : nous y sommes.
Difficile de passer à côté. L’entrée est gratuite pour les moins de 26 ans, pour les autres, c’est 14€ (oui, la vie est cruelle et injuste). Sur trois étages, des artistes contemporain(e)s exposent leurs œuvres, installations… On ne comprend pas toujours tout, mais à chacun(e) sa sensibilité. En plus, le restaurant du musée vient d’obtenir sa première étoile au Guide Michelin !
Au 3e étage, on a une très belle vue sur Metz. Il est déjà temps de repartir, la nuit est presque tombée et la légende du Graoully nous effleure, comme le vent qui souffle légèrement ce soir-là. Le Centre Pompidou est construit sur le site de l’ancien amphithéâtre romain, où vivait prétendument le dragon. On regarde une dernière fois la belle gare de Metz avant de prendre place dans le train, direction Strasbourg.



très bon article! Metz est en effet une chouette ville, très cool! Pour les fanas d’art et les curieux; le FRAC Lorraine et la galerie Octave Cowbell, tous deux en plein centre, valent le détour. Et le disquaire La face cachée fera plaisir aux chineurs de vynile, mais pas seulement!