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Camp de l’Étoile : la Ville va intenter une action contre la Préfecture pour « inaction et carence en matière de mise à l’abri des personnes »

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Suite à la décision du Tribunal administratif rendue la semaine dernière obligeant la maire de Strasbourg à faire évacuer le campement de l’Étoile dans un délai de trois jours, la Ville a tenu une conférence de presse ce lundi 5 décembre. Jeanne Barseghian a annoncé qu’elle allait intenter une action en Justice contre l’État, pour inaction et carence en matière de mise à l’abri des personnes.

Vendredi 2 décembre, le juge des référés a estimé que la Ville avait la responsabilité de faire appel à la Préfecture pour faire évacuer le camp de l’Étoile, dans un délai de trois jours. Ce lundi, la Préfecture du Bas-Rhin a annoncé via un communiqué de presse qu’elle accordait le concours de la force publique suite à l’ordonnance du Tribunal administratif. Autrement dit, elle accepte d’évacuer le camp, mais demande à la maire de se charger de l’enlèvement des tentes et du nettoyage du site une fois l’opération réalisée. Au vu du délai fixé par le Tribunal administratif, l’évacuation devrait avoir lieu au cours des prochaines 24h.  

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Au même moment ce lundi, la Ville a tenu une conférence de presse. Jeanne Barseghian a, quant à elle, annoncé qu’elle allait intenter au plus vite une action en responsabilité contre l’État auprès du Tribunal administratif, pour “inaction et carence en matière de mise à l’abri des personnes”.Le jugement rendu vendredi ne répond en rien à la mise à l’abri de ces personnes. Il ne répond pas à la bonne question. Et je souhaite que ce soit la bonne question qui soit posée.” a-t-elle expliqué. Elle appelle d’ailleurs tous les élu.e.s qui sont concerné.e.s par cette “défaillance étatique » et l’ensemble des associations à se porter partie civile avec la Ville.

Sur le camp, les personnes devraient être orientées par les services de l’État en fonction de leur situation administrative. Comme lors de la dernière évacuation, la maire de Strasbourg redoute que certaines familles se retrouvent transférées au centre de Bouxwiller, un “centre d’aide pour le retour”, mais en ressortent d’ici quelques jours ou quelques semaines, à nouveau sans solution et sans abri.

L’adjointe en charge des solidarités Floriane Varieras précise toutefois que si des effets personnels devaient être retrouvés dans les tentes, la Ville s’en saisirait en attendant que les propriétaires puissent les récupérer. Elle ajoute : “On a été les voir ce matin. On a prévenu autant que possible  les personnes de ce qui était en train de se passer, qu’il fallait prévoir une évacuation et qu’elles s’y préparent. On a aussi demandé à la Préfecture d’avoir des garanties. Beaucoup de familles sont suivies par les services de la Ville et notre objectif, c’est qu’elles puissent continuer à l’être, que l’évacuation n’entrave pas celle-là. On attend la réponse.

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© Mathilde Cybulski

“C’est une défaillance chronique de notre politique d’accueil et une hausse de la précarité !”

Le problème, c’est la précarité croissante dans notre pays. assène Jeanne Barseghian. Pour la maire de Strasbourg, cette évacuation est loin de régler la situation dramatique dans laquelle se trouve la centaine de personnes qui vivent encore sous les tentes place de l’Étoile. Et si les familles sur place vivent aujourd’hui dans de telles conditions, c’est dû à “une défaillance chronique de notre politique d’accueil et une hausse de la précarité ! Mais aussi à l’inflation, qui a poussé de plus en plus de personnes ces derniers mois, à se tourner vers les Restos du Cœur et la Banque alimentaire.

Il en va de la dignité de ces personnes, je souhaite qu’elles soient prises en charge. Je demande la mise à l’abri de manière pérenne. Je considère qu’on est aujourd’hui en France dans une situation de honte avec ces personnes qui se retrouvent sans droit, sans moyen, en plein hiver. Je m’oppose à cette fabrique de la misère dans une machine administrative qui fait fi de ces conditions de dignité humaine.” regrette-t-elle.

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© Mathilde Cybulski

S’inspirer des voisins, plus de moyens et développer l’habitat intercalaire ?

Si on avait une solution facile et les moyens suffisants pour mettre ces personnes à l’abri, on l’aurait déjà faitpointe la maire de Strasbourg. Les services de la Ville ont notamment ouvert un gymnase d’une centaine de places, pour accueillir une partie des occupant.e.s du camp. D’ici peu, un accueil de jour pour les personnes en situation de précarité sera également ouvert. Mais aujourd’hui, la Ville explique ne plus avoir les moyens humains ou financiers pour aller plus loin.

Jeanne Barseghian indique pourtant travailler sur le sujet pour parvenir à proposer des solutions, comme une stratégie d’habitats intercalaires :  “J’ai plusieurs fois proposé à l’État la mise à disposition de bâtiment et de certains terrains pour de l’habitat intercalaire, mais cela ne pourra pas se faire sans moyens.”

Elle rappelle aussi qu’il ne s’agit pas là d’une spécificité strasbourgeoise et qu’elle échange sur le sujet avec les maires des villes outre Rhin : “Vous pouvez aller voir, il n’y a pas de campement, parce que l’État met les moyens, les personnes sont prises en charge et des moyens conséquents sont développés. Alors même que l’Allemagne a accueilli beaucoup plus de monde que la France.

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Commentaires (1)

  1. Madame la Maire, en poursuivant dans son entêtement, a décidé d’engager de nouvelles dépenses en frais d’avocats et de justice. Une plus grande sobriété dans ses velléités judiciaires aiderait, certes modestement mais pas inutilement, les contribuables que nous sommes à financer le coût de « la mise à l’abri des indigents ». De cette obligation légale de mise à l’abri des indigents, qui pèse sur nos communes et héritée du droit local,, nous sommes nombreux à vouloir aussi rester dignes.

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