Passer un moment hors du temps, innocent, enfantin presque, avec des inconnus dans Strasbourg, c’est ce que propose Maxime à ceux qui croisent sa route en les invitant à partager une partie du jeu de cartes Uno. Le jeune homme à la fois discret et visible de loin dans ses tenues hautes en couleurs, raconte ses rencontres sur son compte Instagram « Uno Strasbourg ».


Vous voulez jouer au Uno avec moi ?“. C’est avec cette drôle de proposition que Maxime, 21 ans, aborde chaque semaine des gens choisis au hasard dans la rue. “C’est plus facile quand ils sont assis”, concède l’animateur en péri-scolaire.

Au hasard de ses déambulations dans la ville, accompagné de l’un de ses amis, Maxime propose ainsi aux Strasbourgeois qu’il croise de partager une partie du célèbre jeu aux cartes colorées.L’été je fais ça dans la rue, au bord des lacs, dans les parcs. L’hiver, c’est plus dans les bars, mais c’est moins pratique”, raconte-t-il presque timidement dans son sweat rouge, bleu et jaune, clin d’œil à son jeu favori. 

Et visiblement, ça fonctionne. “C’est un jeu de cartes qui est simple et accessible. Tout le monde connaît le jeu. Ce serait plus compliqué avec un jeu de plateau”, constate Maxime. Et d’ajouter “parfois on rajoute des gages pour les perdants”. 

© Mathilde Piaud pour Pokaa


Créer du lien et vaincre sa timidité

Cette idée, il l’a eue au printemps 2020, en puisant dans ses souvenirs de vacances. “Pendant un voyage en Espagne en 2018, on faisait des parties de Uno avec des copains. Lorsqu’on perdait, on devait aller voir d’autres personnes pour jouer avec nous. Et je perdais tout le temps”, se souvient Maxime. Désormais, il recommence presque tous les week-ends. Et même si le joueur préfère “les véritables règles”, il l’affirme :  “on se met d’accord sur les règles avant de jouer”. Comme ça, pas d’histoire. 

Certains réagissent en disant que c’est trop cool et acceptent cash. D’autres rigolent ou sont un peu perturbés”, commente-t-il. “Les gens me disent que, depuis le confinement, ils trouvent les personnes plus solitaires, ne pensant qu’à elles-mêmes. Alors ça leur plaît qu’on aille vers elles pour leur parler, qu’on leur propose quelque chose”, témoigne Maxime. « Ça recrée du lien social et ça permet de faire de nouvelles rencontres”. Même si des fois, ça ne passe pas.  “Une soirée j’ai eu 12 refus. J’étais vraiment dégoûté, je me suis dit que ce serait pour une autre fois.

L’autre conséquence positive de cette expérience pour le jeune homme, c’est celle de vaincre sa timidité.Au début, je n’osais pas aller vers les gens. Je tournais en rond plusieurs minutes avant de me lancer. Mais y aller avec quelque chose dans les mains comme un jeu, c’est plus facile.

© Mathilde Piaud pour Pokaa


Des jeux de Uno pour tous

Toutes ces rencontres, faites au fil des parties, Maxime les partage sur son compte Instagram « Uno Strasbourg« , qu’il rêverait de voir repris dans différentes villes de France. Il se photographie accompagné de ses adversaires d’un soir et crée une communauté autour de son expérience. C’est ainsi que d’un simple jeu de cartes auquel il jouait enfant, le Uno est devenu une passion grandissante pour le jeune homme. “J’ai même participé à un tournoi Uno, après un tirage au sort pour les 50 ans du jeu. J’ai parlé de mon concept avec les membres du staff et ils m’ont envoyé un colis avec 33 jeu de Uno.

Il faut dire que Maxime les collectionne et connaît (presque) toutes les éditions. “Il y a un jeu adapté pour les aveugles, il y a le jeu réversible, celui pour les gauchers, celui qui peut se jouer dans l’eau… J’aimerais tous les avoir”, rigole-t-il. L’amateur du jeu de cartes aimerait aussi organiser une soirée spéciale Uno dans un bar à jeux de la Ville. En attendant il poursuit ses parties avec des inconnus. “Si quelqu’un vient vous voir en vous proposant de jouer au Uno, c’est sûrement moi, alors dites oui ! En plus je ne gagne pas souvent !”, conclut-il dans un sourire, toujours un peu timidement. 

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