Aujourd’hui en conseil municipal, la mairie écologiste va présenter un plan d’importance capitale pour son mandat : le Plan Pluriannuel d’Investissement (PPI). En d’autres termes : les investissements que la municipalité va faire sur l’ensemble du mandat. La dernière brique de leur action politique pour faire bouger Strasbourg. On vous dit tout sur les futurs investissements réalisés dans notre ville.

« L’exercice qu’on vous propose de faire aujourd’hui c’est un exercice de transparence. Qui n’est pas obligatoire et qui n’a jamais été mené jusque-là. Pour donner une visibilité aux Strasbourgeois et habitants de l’EMS sur les investissements qui vont être réalisés durant ce mandat. » annonce Jeanne Barseghian lors d’une conférence de presse à l’école élémentaire Camille Clauss à Koenigshoffen, qui s’est tenue le 10 novembre dernier.

Ce dernier sera transparent et accessible à toutes les Strasbourgeoises et tous les Strasbourgeois et vous pouvez le retrouver en suivant ce lien. C’est une « traduction concrète en actes et projets de ce qui avait été annoncé », selon Syamak Agha Babaei, premier adjoint chargé des finances. Ce PPI revêt ainsi une importance capitale pour la municipalité écologiste, puisqu’il va donner le « La » en matière de politiques menées à Strasbourg pour les cinq prochaines années.

© Nicolas Kaspar/Pokaa


160 millions d’investissements de plus que le mandat précédent

En premier lieu, comme cela avait pu être le cas pour le budget de la Ville 2021, présenté ici par le premier adjoint, la municipalité écologiste compte beaucoup investir. Concrètement, c’est 810 millions qui seront investis sur l’ensemble du mandant dans notre ville, soit 160 millions de plus que le mandat précédent. Une comparaison avec le passé que Jeanne Barseghian et Syamak Agha Babaei n’ont pas manqué d’appuyer. La volonté de la maire de Strasbourg est simple : « Investir plus que ce qui a été fait dans les domaines que l’on juge prioritaires. Soit améliorer le quotidien et préparer l’avenir ».

Ainsi, les deux plus grands investissements du mandat écologiste porteront sur l’éducation et la transition écologique du territoire. Pour parler chiffres, la première recevra 222 millions d’investissements, soit 35 % de l’enveloppe totale. Un investissement qui permettra notamment la rénovation thermique des écoles, mais aussi d’en construire de nouvelles et de répondre aux besoins en cantines. La seconde bénéficiera elle de 157 millions d’euros, avec des investissements ciblés sur la végétalisation et la rénovation énergétique des bâtiments de la ville. Des sommes justifiées par la situation actuelle selon Jeanne Barseghian : « On est dans un moment charnière social, écologique et démocratique. Les décisions que nous prenons maintenant vont permettre ou non d’influer sur le changement climatique. »

Pour financer cette augmentation d’investissement, la Ville s’appuiera sur une « augmentation maîtrisée de la dette, grâce à des taux d’intérêts bas et une bonne situation financière de la collectivité. » La dette de Strasbourg augmentera de 159 millions d’euros, pour 160 millions d’investissements en plus. En 2026, elle arrivera à 404 millions d’euros, soit 1 400 euros/habitants. Des chiffres qui n’auront néanmoins de sens qu’en comparaison avec les autres collectivités.

© Samuel Compion/Pokaa


Se concentrer sur des investissements de proximité dans les quartiers populaires

La mairie écologiste compte utiliser l’investissement pour mener à bien son objectif d’équité territoriale, autrement dit, que tous les quartiers de Strasbourg aient accès aux mêmes services. Ainsi, le PPI se concentrera davantage durant les cinq prochaines années sur les quartiers prioritaires des politiques de la Ville (QPV). C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la conférence de presse s’est tenue à Koenigshoffen : « Le quartier accuse un certain retard. La population augmente mais le revenu médian n’augmente pas. Plus globalement, il y a eu une carence dans les mandats précédents qu’il faut désormais corriger. » En effet, sur les 15 dernières années, 60 % des investissements ont profité à 56 % de la population, représentant les quartiers dont le revenu médian est supérieur à 20 000 €. Pour la période 2021-2026, c’est 59 % de l’investissement total qui ira vers les quartiers populaires.

La municipalité écologiste souhaite ainsi rattraper le tir, tout en assumant « une certaine asymétrie » des investissements, comme l’explique Jeanne Barseghian. En outre, la Ville investira davantage dans les équipements de proximité, comme des écoles, des gymnases, des cantines ou encore des espaces verts. Plus de 300 millions d’euros sont investis dans ce type d’équipements, soit 68 % des investissements globaux. La justification ? Encore une fois le déséquilibre créé au cours des 15 dernières années, qui ont privilégié les investissements « dans une culture ostentatoire », selon le premier adjoint. La maire développe cette idée : « Notre grand chantier ce n’est pas de développer des grands projets d’équipements un peu hors sol, mais c’est de venir améliorer le quotidien et préparer l’avenir avec une attention particulière pour les plus vulnérables ». Sur ce sujet, elle prend d’ailleurs soin de citer l’exemple du Maillon, avant d’ajouter :« C’est le faire pour des équipements de proximité, des garanties pour les habitants en cas de crises ». 

Toutefois, si l’on compare les deux cartes, disponibles ici, dans certains quartiers populaires, plusieurs équipements de centralité ont été réalisés dans les anciens mandats. Il est ainsi peut-être plus simple d’investir dans la proximité maintenant que les équipements de centralité existent. Quoi qu’il en soit, la Ville continuera d’investir dans de grands projets, comme la Coop ou la Meinau, « pour assurer la continuité républicaine », selon les mots de Syamak Agha Babaei. Elle replacera juste le curseur vers des investissements « qui serviront une culture de tous les jours, qui profite à toutes et tous », selon le premier adjoint.


L’exemple de Koenigshoffen

Comme indiqué un peu plus haut, la conférence de presse s’est tenue dans une école maternelle de Koenigshoffen, un quartier populaire où la population augmente, mais le revenu médian ne change pas. Un choix évidemment lourd de sens pour la municipalité, qui a développé les investissements précis qu’elle réalisera dans le quartier. Pierre Ozenne, élu référent de Koenigshoffen, précise que deux écoles seront construites, pour pallier à l’augmentation des effectifs dans les classes. Les investissements, à hauteur de 42,6 millions d’euros, permettront à l’école Camille Clauss de devenir « plus inclusive, dans le sens où elle ne permet pas d’accueillir des enfants en situation de handicap », selon Pierre Ozenne.

La Ville a aussi racheté le Foyer Saint Joseph, qui sera rénové et permettra de construire une nouvelle cantine avec une cuisine sur place. Elle permettra d’accueillir non seulement les enfants de Camille Clauss, mais également ceux de l’école des Romains, qui n’ont pas de cantine. Le restaurant scolaire se trouvera à l’entresol, tandis que le niveau sera dédié au cercle Saint-Michel, à un club de gymnastique et à une salle de jeu pour l’école. Le chantier devrait normalement débuter courant 2023.

Avec son PPI, la Ville de Strasbourg souhaite investir davantage dans les quartiers populaires, afin de renforcer l’offre de services au niveau de l’éducation. Les objectifs de rénovation énergétique du territoire strasbourgeois sont aussi ambitieux. Le dernier jalon de la politique de la Ville enfin posé, celle-ci va pouvoir débuter son travail pour permettre à Strasbourg d’être plus résistante au cours de la décennie à venir. Il est temps.

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