Les températures diminuent chaque nuit à Strasbourg, et le nombre de personnes à la rue ne finit pas d’augmenter. Les associations de la ville travaillent sans relâche pour aider les plus précaires, à coup de maraudes solidaires. Quelle est la situation à l’approche de l’hiver ?

En 2020, La Nuit de la solidarité constatait un manque de 1 000 places d’hébergements à Strasbourg. Un an après, Gabrielle Ripplinger, directrice de la Cloche Grand Est estimait à 600 le nombre de personnes encore sans solution d’hébergement.  Malgré des initiatives de la ville pour ouvrir des hébergements d’urgence, force est de constater que la précarité est toujours bien présente à Strasbourg.

© Thibault Vetter / Pokaa


Une situation inquiétante

Les associations strasbourgeoises constatent une hausse des personnes sans-abris et des difficultés qui se sont amplifiées avec la crise sanitaire, que ce soit au niveau des solutions d’hébergement, de l’accompagnement social, ou même des besoins quotidiens.

Anaïs Rostaqi, bénévole à la Maraude du dimanche précise : « Il y a de plus en plus de personnes à la rue, de nouveaux visages qu’on voit en maraude, que ce soit des familles, des jeunes ou d’autres personnes isolées. L’impact de la crise sanitaire ne nous aide pas à les sortir de là, il y a par exemple des femmes enceintes à la rue, parce qu’il n’y a plus de place dans les hébergements d’urgence. » Des personnes qui ont pu être hébergées dans des hôtels ou autres dispositifs d’urgence au début de la crise sanitaire, mais qui actuellement, se retrouvent sans solutions, suite aux coupures de financement et de moyens mis en place.

« La situation explose depuis cet été en termes de nombre d’arrivées, le nombre de demandes d’asile aussi… Pour ce qui est des urgences, le 115 estime à 1 900 appels par semaine. » rapporte Guillaume Keller, travailleur social à Strasbourg Action Solidarité. Un nombre massif de demandes pour un dispositif toujours plus saturé… Les associations locales se mobilisent davantage pour pallier au manque de l’État, par le biais d’une « chaine solidaire et citoyenne, en essayant de trouver des solutions, comme payer un hôtel ou autre pour héberger ces personnes-là. Il y a un véritable oubli de nos amis de la rue. » remarque Anaïs Rostaqi.


Comment agir ?

En tant que particulier, chacun peut contribuer à son échelle, que ce soit au niveau financier, matériel, humain… En effet, l’hiver est une rude période pour les personnes sans-abris (même si l’été est tout aussi difficile avec notamment la fermeture estivale des structures d’accueil), que ce soit au niveau des logements, et des besoins vitaux. Valérie Suzan, présidente de Strasbourg Action Solidarité constate : « On a un grand besoin de sacs de couchage, de couettes, de tentes, de couvertures, alors qu’on n’a même pas attaqué la saison d’hiver ! »

On peut faire le tri dans ses placards pour donner des textiles chauds (pulls, manteaux, gants, bonnets, chaussettes, couvertures) afin de permettre aux personnes en grande précarité de faire face aux températures glaciales qui s’annoncent. Des produits d’hygiène tels que savon, dentifrice, shampoing, rasoirs et brosses à dents sont aussi fortement demandés.

© Au Secours de Strasbourg / Charlotte Espel pour Pokaa


Cuisiner pour les associations qui pourront ensuite redistribuer les plats aux sans-abris est aussi un bon moyen de manifester sa solidarité. La Maraude du Dimanche recherche régulièrement des textiles chauds et produits d’hygiène, ainsi que des bénévoles cuisiniers pour leurs actions solidaires.

De façon ponctuelle ou régulière, chacun peut s’engager au niveau associatif. Un appel à bénévoles a été lancé sur les réseaux sociaux par Abribus qui distribue des repas chauds en tournée de bus plusieurs fois par semaine. Sur sa page Facebook, Strasbourg Action Solidarité relaye régulièrement des appels aux dons de textiles. Anaïs Rostaqi rappelle « qu’il ne faut pas hésiter à contacter les associations pour leur demander leurs besoins et leur prêter main forte, si vous souhaitez les aider directement sur le terrain. On peut aussi adresser des petits messages d’encouragement, soutenir financièrement les cagnottes des associations, ou partager sur les réseaux sociaux les appels aux dons des associations. »

Chaque petit geste compte, et les associations ont besoin de soutien et de visibilité.

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Pour se tenir au courant et soutenir les associations locales :

Page Facebook de La Maraude du Dimanche

Page Facebook de Strasbourg Action Solidarité

Page Facebook de Abribus

Page Facebook de La Maraude du partage

Page Facebook d La Cloche Grand Est

Lucie Bousquet

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