Après cinq ans d’attente, ils sont de retour : les Jeux Olympiques débutent officiellement vendredi 23 juillet, à Tokyo, au Japon. Malgré la situation sanitaire extrêmement précaire du côté de l’archipel nippon, ils représentent un rêve pour de nombreux athlètes. Parmi eux, il y aura 18 Alsaciens, bien déterminés à profiter à fond de l’expérience et pour certains, ramener l’or à la maison. Petit tour de présentation.



Athlétisme

Benjamin Campaoré

Né en 1987, c’est l’un des vétérans de l’équipe de France d’athlétisme. Spécialiste du triple-saut, Benjamin Campaoré en est en effet à ses troisièmes Jeux d’affilée. Une sacrée performance, comme un témoignage de sa régularité au plus haut niveau. Champion d’Europe en 2014, Benjamin Campaoré a rarement été épargné par les blessures. Ce qui ne l’a pas empêché de glaner la médaille de bronze aux championnats du monde en salle en 2016, ainsi que le titre de champion de France en 2019.

Loin de vouloir faire de la figuration lors des Jeux, et encore moins de réaliser son jubilé, il aura sans aucun doute à cœur d’aller le plus vite, le plus haut et le plus fort possible.

© Wikipedia – Citizen59

Baptiste Mischler

Né en 1997 à Haguenau, Baptiste Mischler va participer à ses premiers Jeux. Une jolie récompense pour cet athlète spécialisé dans le demi-fond, et plus précisément les 800 et 1500m. Vice-champion d’Europe junior en 1500m, avec un temps de 3 min 49 sec 88, il est par la suite 4ème aux championnats du monde junior en 2016. À l’INSA Strasbourg depuis 2015, le jeune homme ne cesse d’améliorer ses temps et de progresser.

Cela lui vaut une sélection en équipe de France pour les championnats d’Europe à Berlin en 2018, mais surtout un titre de champion de France 2021 du 1500m en 3 min 42 sec 57. Peut-être la prochaine relève de Mehdi Baala, lui aussi Alsacien.

© Wikipedia – Yann Caradec from Paris, France – Meeting de Paris, Stade Charlety – 30 juin 2018

Brigitte Ntiamoah

Si son comparse alsacien est spécialiste du demi-fond, Brigitte Ntiamoah elle est plutôt une spécialiste du sprint. Née en 1994 à Mulhouse, la jeune femme décroche en 2012 le titre de championne de France junior du 200m. Puis en 2013, lors des championnats d’Europe junior, elle décroche avec le relais 4x100m une médaille d’argent. De bon résultat en bon résultat, elle s’impose dans l’équipe de France senior, avant d’arriver à l’apothéose.

En 2016, elle décroche en effet la médaille d’argent aux championnats d’Europe d’Amsterdam, avec le relais 4x400m. Sélectionnée pour ses deuxièmes Jeux d’affilée, notamment grâce à sa belle troisième place aux championnats de France de 400m cette année, la jeune femme aura à coeur de briller sur les pistes de Tokyo. Et, avec ses coéquipières, elles en ont les moyens.

© Compte Instagram de Brigitte Ntiamoah

Badminton

Thom Gicquel

Né en 1999, le licencié du Red Star Mulhouse Thom Gicquel va disputer ses premiers Jeux cette année. Comme l’aboutissement d’un rêve, qui a commencé en 2008, en regardant l’Alsacien Erwin Kehlhoffner, qualifié pour les Jeux de Pékin. Aux Championnats d’Europe junior de badminton, il remporte le bronze en équipe mixte en 2015 puis l’or en équipe mixte et en double garçons en 2017. En 2018, il est médaillé de bronze aux Championnats d’Europe de badminton par équipes et médaillé d’or en double messieurs aux Jeux méditerranéens à Tarragone avec Bastian Kersaudy.

Enfin, il est médaillé de bronze en double mixte avec Delphine Delrue aux Jeux européens de 2019. Avec celle-ci il forme la 10ème paire de double mixte mondiale, une première pour un double mixte français. Ils sont également triple champions de France. Pas de doute, c’est eux qu’il faudra suivre pour tenter de ramener une médaille à la maison.

© Capture d’écran fiche joueur Thom Gicquel – FFBad

Canoë-Kayak

Guillaume Burger

Né en 1989 à Schiltigheim, Guillaume Burger va, à 32 ans, découvrir les Jeux pour la première fois de sa carrière. Pourtant, ce n’est pas le palmarès qui manque : deux médailles de bronze et une en argent aux championnats du Monde, plus une tripotée de médailles nationales. Pas mal pour celui qui a découvert ce sport par erreur.

Néanmoins, après trois tentatives infructueuses de se qualifier pour les jeux depuis 2008, certains auraient baissé les bras. Pas Guillaume Burger, qui se voit récompensé par la possibilité de vivre le rêve de tout athlète.

© Page Facebook de Guillaume Burger

Escalade

Les frères Mawem

Les Jeux sont généralement le rêve de tout athlète. Mais lorsqu’il est possible de partager ce rêve avec d’autres, qui plus est avec un membre de sa famille, le rêve prend une toute autre envergure. C’est le cas des frères Mawem. Bassa, quintuple champion de France et vice-champion du monde de vitesse en 2018, et Mickaël représenteront la France en escalade à Tokyo. Une sélection qui valait très cher, puisque seulement deux places étaient accordées par pays.

Les frères Mawem, chacun de leur côté, ont donc réussi à prendre leur place : Mickaël aux championnats du monde en 2019, puis Bassa au Tournoi de qualification olympique la même année. Un rêve qui se réalise pour les deux haut-rhinois, qui auront à cœur de jouer les trouble-fêtes cette année. Toujours ensemble, jamais séparés.

Les deux frères entourant Teddy Riener © Compte Instagram des frères Mawem

Escrime

Sara Balzer

Née en 1995, Sara Balzer va découvrir ses premiers Jeux à Tokyo. La native de Strasbourg pratique le sabre et possède l’avantage d’être gauchère. Championne de France en 2017 à seulement 22 ans, elle réussit également la même année à remporter la médaille de bronze aux championnats d’Europe par équipes. Une fierté pour le Strasbourg Université Club, où s’entraîne la sabreuse.

D’ailleurs, l’Alsace et Strasbourg seront très bien représentés dans l’équipe de France féminine de sabre, puisque deux des quatre sabreuses sont Strasbourgeoises. Sara Balzer donc, et Charlotte Lembach, qui s’entraîne également au SUC, et que l’on vous présente ci-dessous.

© Marie-Lan Nguyen- Wikimedia Common

Charlotte Lembach

On vous la présentait dans ce portrait : à 33 ans, Charlotte Lembach compte bien terminer sa carrière sur une grosse performance aux Jeux. La sabreuse a l’un des plus beaux palmarès de l’escrime française : deux médailles d’argent et une de bronze par équipe aux championnats du monde, ainsi que quatre médailles d’argent, dont une en individuel, aux championnats d’Europe, et deux médailles de bronze, dont une en individuel. Mais également une médaille d’or par équipes aux championnats du monde de 2018.

À Tokyo, la sabreuse fera partie de l’équipe de France en individuel, mais également par équipes, où elle côtoiera sa compatriote alsacienne Sara Balzer. Avec deux Alsaciennes dans leur rang, on voit difficilement comment l’équipe de France féminine de sabre pourrait ne pas ramener une médaille.

© Augusto Bizzi – Document remis

Football

Anthony Caci

L’équipe de France de football n’était pas allée aux Jeux depuis 1996. 25 ans après, Anthony Caci fera partie du voyage. Une consécration pour l’arrière gauche du Racing Club de Strasbourg, qui porte le 19, qui n’a cessé de progresser depuis son arrivée dans l’équipe première. Arrivé au club à l’âge de 14 ans, il joue ses premières minutes en pro en 2016, à l’âge de 19 ans. Mais c’est réellement lors de la saison 2018-2019 qu’il s’impose dans le cœur des supporters des Bleus et Blancs. Lancé par Thierry Laurey, il deviendra une des pièces maîtresses de la défense strasbourgeoise, avec qui il gagnera la Coupe de la Ligue.

Ses bonnes performances, sa régularité et sa progression offensive font que Sylvain Ripoll, sélectionneur des Espoirs, pense à lui pour l’Euro espoirs de 2019. Puis maintenant les Jeux Olympiques, où l’équipe de France cherchera avant tout à sortir de sa poule. Pour pourquoi pas rattraper les performances décevantes des A lors du dernier Euro. Nulle doute que Gignac et Thauvin, également présents, se régaleront des passes et des centres de notre Titi à nous.

© Racing Club de Strasbourg Alsace

Gymnastique

Aline Friess

Comme une autre athlète qu’on vous présentera plus loin, à 18 ans, Aline Friess va être la plus jeune alsacienne à disputer les Jeux cette année. 4ème des championnats de France en 2019 en individuel, mais également 5ème aux championnats d’Europe 2018 et du monde 2019, la jeune femme, née à Obernai, va donc réaliser son rêve de participer aux Jeux. Spécialiste du saut de cheval, elle va sans aucun doute profiter à fond de l’expérience, avec ses coéquipières Mélanie de Jesus dos Santos, Marine Boyer, et Carolann Héduit.

© FFGym – Thomas Schreyer

Handball

Cléopatre Darleux

Née à Mulhouse en 1989, Cléopatre Darleux a été championne du monde en 2017 ainsi que vice-championne d’Europe en 2020, en étant élue meilleure joueuse de la finale. En club, elle est triple championne de France, ainsi que vice-championne d’Europe avec Brest en 2021. En parallèle de sa riche carrière, elle s’est engagée dans des causes qui lui tenaient à cœur. Et c’est une des raisons pour laquelle aujourd’hui, le handball français est devenu le premier sport professionnel féminin français à signer sa convention collective concernant la maternité des joueuses.

Pour que l’équipe de France de handball féminine aille loin dans ces Jeux Olympiques, il lui faudra de très bonnes gardiennes. Et cela tombe bien : l’une d’elles est Alsacienne ! Aucune raison de douter de la réussite des Bleues dans ces Jeux. Surtout qu’une autre Alsacienne se trouve également dans les rangs…

© Wikipedia – Wenflou

Laura Flippes

Effectivement, il n’y aura pas une, mais bien deux Alsaciennes à Tokyo avec l’équipe de France de handball féminine ! En plus de Cléopâtre Darleux, Laura Flippes sera également du voyage. Née à Strasbourg en 1994, la jeune femme, qui joue au poste d’arrière et d’ailière droite, est notamment championne du monde en 2017, avec Cléopatre Darleux, puis d’Europe en 2018. Perpétuant les bonnes traditions de victoire que nous procurent les Françaises et Français au handball. Elle est également quintuple championne de France avec Metz, une référence du handball français.

Comme plusieurs sports collectifs français, le handball féminin représentera une des grandes chances de médaille d’or pour la France durant ces Jeux. Et tout comme l’escrime, difficile de croire qu’avec deux Alsaciennes dans les rangs, l’équipe de France de handball féminine ne ramène pas une médaille à la cathédrale.

© Wikipedia – Wenflou

Tennis

Pierre-Hugues Herbert

Né à Schiltigheim en 1991, Pierre-Hugues Herbert est sans aucun doute l’un des meilleurs joueurs de double de sa génération. Rendez-vous bien compte : avec son compère Nicolas Mahut, ils ont gagné tous les titres du Grand Chelem (5 au total), sept des neuf Masters 1000 et le Masters de fin d’année. Il a en plus gagné la Coupe Davis en 2017 avec l’équipe de France et son meilleur classement en double est 2ème. En fait, il ne lui manque que les JO, pour avoir absolument tout gagné dans sa spécialité.

Si, en simple, il n’a pas encore gagné de titre, malgré quatre finales, tandis que son meilleur classement est 36ème, il représente l’une des plus grosses chances de médaille d’or pour la France. Alors, malgré une blessure à la cuisse contractée à Wimbledon, avec Nico Mahut, ils ont de grandes chances d’aller le plus loin possible.

© Wikipedia – JC – Herbert

Tir

Mélanie Couzy

Née en 1990, Mélanie Couzy est une tireuse sportive qui se spécialise en fosse olympique. Pour des Jeux qui seront aussi olympiques, cela tombe bien. Celle qui s’entraîne à Cernay dans le Haut-Rhin s’est bâti un joli palmarès dans sa spécialité. Jugez par vous-mêmes : elle est médaillée d’argent en fosse olympique par équipe aux championnats d’Europe de tir 2017 à Bakou, avec Marina Sauzet et Delphine Réau.

Puis elle remporte la médaille d’or en fosse olympique aux championnats d’Europe de tir plateau 2018 à Leobersdorf. Enfin, cette année, elle est médaillée de bronze en fosse olympique par équipe aux championnats d’Europe de tir à Osijek avec Carole Cormenier et Loémy Recasens. Alors pourquoi pas une médaille à Tokyo ?

© FFTir/J.Heise

Océanne Muller

On vous la présentait dans ce portrait : à seulement 18 ans, Océanne Muller va découvrir la magie des Jeux. Il faut dire qu’elle le mérite grandement. Depuis septembre 2018, elle est interne au CREPS de Strasbourg au Pôle Relève Carabine. Et les résultats ne se font pas attendre. En 2019, elle obtient la troisième place au championnat d’Europe junior, mais également à la Coupe du Monde junior. Cette année, elle fait beaucoup mieux, et chez les adultes s’il vous plaît. Elle est deux fois championne d’Europe de tir à la carabine 10 mètres, avec une médaille d’or en individuel et une en mixte avec Brian Baudouin.

On suivra donc avec attention durant ces Jeux cette championne très précoce, qui aime par-dessus tout passer du temps avec sa famille. Nul doute qu’elle saura y puiser des forces pour découvrir la compétition, prendre du plaisir et pourquoi pas aller titiller les bonnes places. Après tout, c’était son état d’esprit avant les championnats d’Europe. Et on sait tous ce qu’il s’est passé ensuite.

© FFTir/J.Heise – Document remis

Volley-Ball

Benjamin Toniutti

Né en 1989 à Mulhouse, Benjamin Toniutti est une pièce maîtresse de l’équipe de France de volley-ball. Il en est en effet son passeur et son capitaine, avec 300 sélections au compteur. Champion d’Europe en 2015 avec les Bleus, il a également gagné deux fois la Coupe d’Europe en club. Une fois avec le club allemand du VfB Friedrichshafen, l’autre avec le club polonais du Kędzierzyn-Koźle.

© Wikipedia – MaryG90

Placée dans une poule très relevée, avec la Russie, le Brésil, les États-Unis et l’Argentine, l’équipe de France va devoir cravacher pour tenter d’aller chercher une médaille. Mais avec un passeur et un capitaine comme Benjamin Toniutti, rien n’est impossible.

Voilà donc les forces en présence qui représenteront l’Alsace lors des Jeux de Tokyo. 18 personnes qui réalisent leur rêve, malgré les conditions sanitaires compliquées. Alors on se met toutes et tous derrière eux pour les soutenir et leur souhaiter les meilleurs Jeux possible. Et s’ils cassent la baraque, on ne manquera pas de vous tenir informés.

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