Parce que Strasbourg regorge de sportives et de sportifs, parce que certains sports ne bénéficient pas d’une médiatisation suffisante et tout simplement parce que raconter des histoires sur le sport et ses sportives et sportifs me passionne, Pokaa continue sa série de portraits sur les sportives et sportifs à Strasbourg. Aujourd’hui : Océanne Muller, médaillée d’or aux championnats d’Europe de tir 2021, à seulement dixhuit ans, et qui a les Jeux Olympiques de Tokyo dans le viseur.


Une amoureuse du tir

Pour Océanne Muller, qui est actuellement en préparation de son bac STMG, le tir est une histoire familiale : « J’ai commencé le tir à 8 ans avec mon papa, qui m’a fait découvrir. On m’a fait essayer, il y avait un stand spécial dans les écoles de tir pour les petits enfants. C’est comme ça que j’ai commencé. » Un hasard qui a forgé l’amour de la jeune fille de l’époque pour le tir à la carabine, alors qu’elle pratiquait en parallèle un autre sport.

Océanne faisait en effet du karaté jusqu’à ses seize ans. Entre les deux, et malgré le fait qu’elle aime toujours en faire, c’est finalement le tir qui l’a emporté. Pour des raisons bien précises : « Moi, ce qui me plaît, c’est la concentration, la détermination, la passion dans le tir. » De nombreuses qualités qui ne font pas oublier à la jeune femme le plaisir du sport : « C’est aussi important de se faire plaisir quand on veut s’entraîner. Mais surtout rester le plus calme possible. »

© FFTir/J.Heise – Document remis


Une championne précoce qui a vue sur les Jeux

Un calme et un contrôle qui font d’Océanne Muller une championne précoce. Depuis septembre 2018, elle est interne au CREPS de Strasbourg au Pôle Relève Carabine. Et les résultats ne se font pas attendre. En 2019, elle obtient la troisième place au championnat d’Europe junior, mais également à la Coupe du Monde junior. Cette année, elle fait beaucoup mieux, et chez les adultes s’il-vous-plaît. Elle est deux fois championne d’Europe de tir à la carabine 10 mètres, avec une médaille d’or en individuel et une en mixte avec Brian Baudouin.

Une compétition qu’elle a abordée avec un peu de pression : « Au début de la compétition j’étais un peu stressée, c’était mon deuxième championnat d’Europe en surclassée dames. Je cherchais mes repères et mes sensations, en tant que dame et plus simplement junior. » Océanne Muller n’avait pas l’objectif de gagner la compétition, mais plutôt de se qualifier en finale et de se faire plaisir. Puis, finalement, elle s’est prise au jeu : « Je voulais être dans les huit premières pour me qualifier en finale. Je pensais juste à faire mes points et me faire plaisir. Quand je suis arrivée en finale et le but c’était d’être sur le podium. Je suis finalement allée jusqu’au bout pour chercher la victoire. » Décrochant par la même des quotas olympiques pour les Jeux de Tokyo. La décision de savoir si elle représentera la France sera prise dans les jours à venir. On croise les doigts.

© FFTir/J.Heise – Document remis


Une année passée à s’entraîner pour le tir… et pour le bac

Comme beaucoup de sportifs et sportives, Océanne Muller a vu son année interrompue par le covid. Qui l’a empêchée de pouvoir faire des compétitions, à part les championnats d’Europe : « C’était un peu compliqué avec le tir ; on a pas eu de compétitions cette année. À part ça, toute l’année j’étais au CREPS. Je m’entraînais tous les jours, pour que le jour où les compétitions reviennent je sois prête. » Une attitude sérieuse qui a porté ses fruits pour le tir, et qui devrait l’aider pour sa prochaine compétition.

© FFTir/J.Heise – Document remis

Parce qu’Océanne Muller prépare aussi son bac cette année. Un examen pas comme un autre que la jeune femme aborde sans stress aucun : « Je ne suis pas stressée, je sais que je vais y arriver. Pour l’instant, je ne m’entraîne que une à deux fois par semaine pendant mes temps de révision. » Une fois le bac passé, ce sera retour complet à l’entraînement pour Océanne Muller. Ce qui n’empêche pas la jeune femme de se projeter sur ses futures études. Là encore tournées vers le sport : « En septembre je vais aller en STAPS à Strasbourg parce que plus tard je voudrais être entraîneur de tir. »

Une suite logique pour une jeune femme qui, si elle aime passer du temps en famille à jouer aux jeux de société, écouter Bruno Mars, Michael Jackson et de la musique techno, n’a qu’un objectif en tête : le tir. On espère donc la voir briller cet été aux Jeux de Tokyo, ainsi qu’à ceux de Paris dans un peu plus de trois ans !

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