Oyé oyé braves gens, par ici, rapprochez-vous ! Vous avez déjà entendu parler des pouvoirs magiques du lait de jument ? De l’homme qui murmurait à l’oreille des escargots ? De l’artisane aux doigts de fée ? Ou encore du camping aux mille visages ? Asseyez-vous et laissez-moi vous raconter. Tout se passe à quelques kilomètres de Strasbourg, dans le verdoyant Pays de Bitche. Là-bas, dans ce territoire où les bisons cohabitent avec les ruines de châteaux et les falaises vertigineuses, vivent des femmes et des hommes étonnant(e)s. Éleveuse de juments, céramiste, héliciculteur et gérants d’un camping (vraiment) pas comme les autres : on s’est arrêté pour discuter avec ces passionnés, qu’on avait très envie de vous présenter.



Si le Pays le Bitche a récemment fait parler de lui en se faisant censurer par Facebook à cause de son nom trop « vulgaire » (true story), de notre côté, ce n’est pourtant pas ça qui nous a le plus marqué. En effet, l’an dernier, nous avions déjà été conquis par les multiples facettes de ce territoire classé « Réserve Mondiale de la Biosphère » par l’UNESCO : entre ranch de bisons hors du temps, colorado local hypnotisant et randos entre château et étang, il ne nous en fallait pas plus pour avoir envie de revenir. D’autant plus que le nombre de découvertes à faire dans le coin semble être inépuisable ! Au programme cette fois-ci : des rencontres étonnantes avec les acteurs du territoire, qui vont nous faire entrer dans leur monde rempli de poulains, d’escargots, de logements insolites et de hérissons en céramiques.

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Premier arrêt : les poulains de la voie lactée

C’est à Volmunster, dans un petit écrin de verdure entre forêt, champs et prairies, que se trouve notre première destination : la jumenterie de la Voie Lactée. Et elle porte bien son nom puisqu’à peine arrivés, c’est avec des étoiles plein les yeux que l’on découvre la trentaine de juments Haflinger qui constitue le troupeau… et leurs poulains ! Invités à rentrer dans l’enclos par les propriétaires, on ne se fait pas prier : on se retrouve rapidement encerclé par des petites têtes curieuses, qui adorent se faire grattouiller la croupe. Grand soleil au-dessus de nos têtes, prairie verdoyante à perte de vue, poulains galopant tout autour de nous : on avait soudain l’impression de vivre dans un remake de « Spirit : l’étalon des plaines » !


Dominique Vogel, une femme aussi élégante que déterminée, est aux manettes de l’entreprise depuis 30 ans. Et si la jumenterie est désormais bien implantée au Pays de Bitche, la belle histoire commence… dans le Caucase ! C’est là-bas que l’éleveuse découvre pour la première fois une ferme laitière de juments et se promet qu’un jour, elle produira elle aussi ce lait aux multiples vertus. En 1989, c’est chose faite : elle ouvre, avec l’aide de toute sa famille, la première jumenterie laitière de France. Leur objectif ? Produire du lait de jument bio, « ce fabuleux élixir blanc, connu depuis la nuit des temps », comme l’indique le site web. Car oui, le lait de jument a des pouvoirs magiques : il permet, entre mille autres choses, le rééquilibrage de la flore intestinale, la fortification des défenses immunitaires ou encore l’entretien de la peau. À la jumenterie de la Voie Lactée, Dominique et sa famille proposent donc, pour les personnes aux organismes malmenés, des cures de lait de jument, en format lyophilisé ou en gélules, mais aussi de nombreux cosmétiques à base de lait de jument. De quoi se requinquer pleinement avant la rentrée !

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Deuxième arrêt : des coquilles pour les papilles

Après les poulains… les escargots ! C’est Jérémie Hergott, avec son t-shirt Guinness, sa jolie barbe tressée et son regard enjoué, qui nous accueille chez lui, à Etting. Il y a 9 ans, cet employé de l’administration pénitentiaire a eu envie d’exploiter son immense terrain, et de se lancer dans une nouvelle aventure : l’héliciculture, autrement dit, l’élevage d’escargots comestibles. L’avantage de ce type de culture c’est que tout le processus, de l’élevage à la conception des recettes, peut se faire directement chez lui. Et c’est effectivement directement dans son jardin qu’il a installé son parc 1200 m2, dans lequel il élève environ 200 000 escargots ! Même si ce chiffre semble impressionnant, au moment de la récolte, seulement 50% d’entre eux auront survécu aux différents prédateurs ou parasites. Ceux-ci pourront ensuite être vendus soit sur les marchés locaux, soit directement dans la boutique de Jeremie, sobrement appelée L’escargot du Pays de Bitche.

© Coraline Lafon

Niveau recettes, il y en a pour tous les goûts : on trouve des terrines d’escargot, des court-bouillons, des croquilles (des escargots enroulés dans une coquille de froment croquante) et bien sûr les traditionnelles coquilles. D’ailleurs, Jeremie nous explique que la coquille qui est servie avec l’escargot, n’est jamais celle d’origine ! En effet, après la récolte, les escargots sont gardés à jeun durant une à deux semaines, puis ébouillantés. Ensuite, l’héliciculteur désolidarise l’escargot de sa coquille, pour pouvoir brasser et nettoyer la chair et enlever le mucus, la terre et toute autre impureté. Ensuite, en fonction des recettes, les escargots sont cuits au bouillon ou remis dans de nouvelles coquilles, qui auront été préalablement lavées et séchées. En tout cas, nous sommes repartis de là remplis de nouvelles informations… Et un sac rempli de bonnes choses à grignoter pour l’apéro du soir !

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Troisième arrêt : l’antre du hérisson

Après cette pause baveuse mais délicieuse, direction Philippsbourg, pour découvrir la Petite Poterie du Hérisson. Quand on arrive, on est très vite conquis par la beauté sauvage et captivante de l’endroit : des pots et des sculptures donnent vies à la façade de chaque mur et le jardin cache de nombreuses créations. Tout ici respire l’authenticité, la créativité et la force de caractère. Et ces trois mots symbolisent justement très bien la maîtresse des lieux, Viviane Laufer. Car si les mains de cette céramiste sont délicates, son tempérament lui, est aussi brûlant que le chalumeau qui lui sert à perler le verre ! Passionnée par son art, Viviane crée sans même s’en rendre compte, en laissant ses mains travailler librement. C’est en tout cas l’impression que l’on a en la voyant nous faire une démonstration. Même après 25 années de métier, cette infatigable artiste continue de tester diverses techniques de cuisson et d’explorer de nouvelles formes.


Et sa boutique est loin de nous contredire : on y trouve du vert, du rouge, du beige, des verres, des mugs, des saladiers, des carafes…. Et même si chacune des créations présentées sont très différentes, on retrouve pourtant à chaque fois la même patte franche et brute de Viviane. Pour ceux qui seraient curieux de passer la porte de son atelier (et on vous le recommande vraiment chaudement), il est « ouvert de 13h30 à 18h sauf les jours où c’est fermé », comme l’indique malicieusement la page Facebook. Pour être sûr de la trouver sur place, le plus simple est de lui passer un petit coup de fil avant. Promis, vous ne le regretterez pas !

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Dernier arrêt : le camping aux mille visages


12 hectares entourés de verdure, un étang, une plage, des maisonnettes et des tentes à perte de vue : pour ce dernier arrêt, nous arrivons dans un endroit qui, bien plus qu’un simple camping, est un véritable petit village ! C’est Rita et Gérard Leppert, le couple à la tête du lieu, qui nous accueille sur place. Les deux enfants du Pays de Bitche, très attachés à leur région, ont repris cet immense terrain, qui appartient à la famille depuis plusieurs générations, pour le faire évoluer et le transformer en petit paradis à leur image. Un projet de vie que les hôtes souhaitent développer tout en y appliquant leurs propres valeurs : le respect des autres et de la nature, un rythme de vie au ralenti (la zone de wifi est limitée, pour permettre une vraie déconnexion), l’auto-gestion (le camping a sa propre station d’épuration pour l’assainissement des eaux usées), la convivialité et l’inclusivité. Que l’on soit jeune, vieux, que l’on ramène ses potes, ses parents, son chien ou même son cheval (il y a un espace nuit dédié aux cavaliers et même un petit bout d’étang réservé aux animaux qui veulent se rafraîchir !) : tant que l’on respecte son voisin, on est tous bienvenus ici. 

Pour ceux qui recherchent la simplicité, le camping propose des emplacements traditionnels de tentes et de mobil-homes. Mais pour ceux qui cherchent l’aventure et le dépaysement, vous allez adorer ce qui va suivre ! Tipis, roulottes, cabanes, minipods (logement en bois inspiré des cabanes de bergers en Angleterre), campétoiles (logement avec une toile de toit transparente pour profiter du ciel et des étoiles) ou encore parc à hamacs : vous trouverez au camping du Muhlenbach plus de logements insolites que vous ne pourriez en essayer dans une seule vie ! Un espace bien-être, avec spa, sauna et autres joyeusetés, est également privatisable sur demande. Si ça c’est pas du camping de qualité ! Une petite supérette propose aussi quelques aliments basiques et, sur la petite île / plage au centre du camping, des animations sont régulièrement organisées pour les voyageurs de passage. Un lieu très surprenant, qui vaut carrément le détour !

>> En savoir plus sur le camping de Muhlenbach <<


Une fois encore, le Pays de Bitche ne nous a pas déçus, loin de là. On a retrouvé avec plaisir le décor de ce petit bout de Moselle, situé entre l’Alsace et la Lorraine, et on a compris, une fois de plus, ce qui lui donne cette saveur si particulière : ses habitants. Des femmes et des hommes bien décidés à concrétiser leurs projets, à se retrousser les manches, à se réinventer, à construire une ébauche de monde meilleur. Alors, si jamais un jour vous passez dans le coin (et on vous le souhaite), prenez le temps d’aller à la rencontre de toutes ces personnalités, que vous ne risquez pas d’oublier.


L’office de Tourisme du Pays de Bitche

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2 Avenue Général de Gaulle, 57230 Bitche
03 87 06 16 16


*Article soutenu mais non relu par l’Office de Tourisme du Pays de Bitche.

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