Parce que le Racing est porté par beaucoup plus de personnes que les seuls joueurs de foot, Pokaa continue sa série de portraits sur celles et ceux qui font vivre le club et transmettent son esprit. Aujourd’hui : rencontre canine avec Hatchi, un husky pas banal, qui est vite devenu le porte-bonheur de nos Bleus et Blancs.


Une histoire comme dans les films

Quand je rencontre Hatchi sur les hauteurs d’Obernai, son maître Omer me raconte comment tout a commencé : « J’ai Hatchi depuis presque quatre ans, il va bientôt fêter ses cinq ans. Tout a commencé avec Hatchi, le film avec Richard Gere. C’est le voisin qui me l’avait conseillé, en me disant que le film était émouvant. Et comme tout le monde je pense, on a eu les larmes aux yeux devant. Pas longtemps après, ma femme m’appelle et me dit que les enfants veulent un chien. »

Pourtant, malgré le pouvoir évident des films avec des chiens sur les sentiments humains – qui n’a pas pleuré devant Marley et Moi ? – avoir un compagnon canin, pour Omer, ce n’était clairement pas une évidence : « Moi j’avais peur des chiens, je n’en voulais pas spécialement un, je n’avais pas le temps en plus. Ma femme a insisté, les enfants aussi, donc finalement je me dis qu’on va aller voir. On est allé dans l’élevage et on a vu Hatchi. » Devant la petite famille, un bébé husky tout blanc de quelques mois. Et, comme dans les films, la belle histoire n’est jamais très loin : « Quand j’ai rappelé l’éleveuse, je lui ai demandé s’il avait déjà un nom et quand elle m’a dit Hatchi, j’ai regardé ma femme, on n’en croyait pas nos oreilles. Avec cette coïncidence, le fait de regarder le film pas longtemps avant, je me suis dit qu’il fallait le prendre. Parce que ça m’a touché. »

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Des débuts compliqués 

Quand on voit Omer et Hatchi ensemble aujourd’hui, difficile de se dire que ça n’a pas été coup de foudre en Alsace dès le départ. Pourtant, une fois le petit husky ramené à la maison, l’attachement n’est pas immédiat, et ce, des deux côtés, probablement à cause de l’inexpérience, et sans doute de la peur d’Omer : « Au départ, il était très craintif, il ne venait pas à côté de nous. Et au début, j’ai fait des erreurs je pense. Y avait tout un travail à faire. En plus moi, je ne connaissais rien aux chiens. Un husky, j’en voyais dans des films, mais savoir quoi faire et comment l’élever, au départ je n’en savais rien. Alors qu’un chien comme ça, même bébé, ça demande de l’attention, ça a besoin de courir, de bouger, de se dépenser… »

À tel point qu’Omer n’a pas été loin de rendre Hatchi. Parce qu’il n’y arrivait pas : « Les trois premiers mois ça a été très très très compliqué. À tel point que j’ai même hésité à le rendre. Il n’écoutait pas, il ne venait pas, j’y arrivais pas, et ça me rendait triste. C’était dur. » Quand il parle de ces moments difficiles, on sent tout l’amour qu’il porte à son compagnon tout poilu.

© Nicolas Kaspar/Pokaa


Le foot comme point commun

Mais dans ces moments compliqués, une passion les a rapprochés : la baballe. Omer est un amoureux du foot, il se définit même comme un footeux. Et c’est une balle ronde qui va créer la connexion entre Hatchi et lui : « Un jour, j’étais dans un magasin, j’ai vu des ballons avec une cloche dedans et je me suis dit que j’allais en prendre un pour Hatchi. Quand je suis rentré, j’ai commencé à faire du bruit, à jeter la balle et là, il s’est mis à prendre la balle et à me la rapporter. Moi ça m’a amusé, je lui jetais, il me la ramenait. Ça a créé une connexion. J’ai appris avec lui comment éduquer un chien. Et je me suis vraiment attaché à lui. »

C’est le début de la belle histoire entre Omer et Hatchi. Ils deviennent compagnons, et surtout amis : « On a commencé à faire plein de choses ensemble et on est devenu comme deux potes. On courait ensemble, on faisait du vélo. Il est venu avec nous et après, on a appris à se connaître, à se faire confiance mutuellement. À la base je voulais faire plaisir aux enfants et c’est finalement devenu mon plaisir à moi. » L’histoire classique en somme.

© Nicolas Kaspar/Pokaa


Passion Racing

Et le Racing dans tout cela alors ? L’aventure a commencé il y a maintenant quatre ans, alors que Strasbourg était encore en Ligue 2 durant la saison 2016/2017 « Je commençais doucement à poster des vidéos d’Hatchi avec le ballon et un jour je me suis dit que j’avais bien envie de lui faire faire une photo devant la Meinau. Un copain qui bosse au Racing a réussi à me faire entrer et on a fait une photo dans les gradins. Je l’ai postée sur Facebook et on m’a conseillé de créer une page juste pour Hatchi. Là, on a commencé à prendre des photos en rapport avec le Racing, et les supporters ont tout de suite adhéré, ils l’ont accepté. » Une nouvelle mascotte à quatre pattes bien poilue et surtout bien plus belle que l’actuelle du Racing. En plus, Hatchi porte bonheur au club strasbourgeois : « Quand le Racing est remonté en Ligue 1 – contre Bourg-en-Bresse, une victoire 2-1, ndlr – Hatchi était sur la pelouse avant le match. Tout le monde a joué le jeu : ceux qui avaient des animaux de compagnie postaient aussi des photos d’eux avec des accessoires du Racing, c’était vraiment sympa. C’est devenu la mascotte des supporters. »

L’engouement est tel, que le Racing commence à se prendre au jeu, bien aidé par ses joueurs, toujours proches de leur public et son généreux entraîneur : « Quand Thierry Laurey m’a invité pour voir les joueurs avec Hatchi sur la pelouse, c’était comme un rêve. J’étais un peu stressé, sous l’émotion de voir les joueurs comme ça. J’étais perdu. Hatchi était un peu comme moi, avec tous les gens autour. Mais on a vraiment de la chance d’avoir des joueurs du Racing qui sont ouverts, qui sont super humainement. Ils ont complètement accepté Hatchi, sans faux-semblant, ils ont fait des câlins, des photos. Dimitri Liénard, qui a un grand cœur, a un Samoyède – une race de chien qui ressemble beaucoup à Hatchi, ndlr -, on a sympathisé avec lui. Il m’a promis de m’offrir un de ses maillots pour Hatchi et il l’a fait, avec la signature de tous les joueurs. C’est vraiment un mec en or. »


Un gros coup d’arrêt dû au Covid

Malheureusement, toute cette belle histoire s’est brutalement arrêtée il y a presque un an maintenant, avec l’arrivée de l’épidémie de coronavirus. « On a tout arrêté. On a eu des problèmes liés au Covid, que ce soit au niveau personnel comme professionnel. On a un peu perdu le goût de s’amuser. Quand les autres souffraient, c’était pas le moment. » À ces difficultés, qui touchent tout le monde, s’est rajouté un déménagement à Obernai, compliqué à gérer pour Omer comme pour Hatchi : « Ça a été compliqué, pour lui comme pour nous. C’est pas facile pour un chien de se sentir à nouveau chez soi après un tel changement. » 

Néanmoins, malgré les difficultés, Omer et Hatchi essayent de ne pas perdre le sourire : « Après, sur toutes nos photos, on essaye de faire rire. C’est le but, on fait un peu les cons et les gens en demandent. Alors on a recommencé petit à petit. Maintenant qu’on est bien installés, on part à la montagne un peu tous les week-ends, on essaye de s’amuser à nouveau. »

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La cause animale et le plaisir comme maître-mot

Désormais, Omer et Hatchi se remettent progressivement à poster des photos. Toujours dans le but de faire rire et de mettre en avant le Racing. Même si une nouvelle flèche s’est rajoutée à l’arc des deux compères : la cause animale. « Avant j’étais engagé politiquement, jusqu’à cette année, dans un parti politique – Les Républicains, ndlr. Mais quand j’ai eu Hatchi, ce parti m’intéressait de moins en moins, alors que la cause animale m’intéressait de plus en plus. Depuis deux ans maintenant, je suis au Parti animaliste et je défends la cause animale. Et je m’amuse beaucoup plus, ça a bien plus de sens de défendre les animaux. »

© Nicolas Kaspar/Pokaa

Désormais, le dynamic duo va se mettre en marche pour défendre la cause animale : « Je veux que sa popularité serve sa cause à lui, pour sensibiliser à la cause animale, aux chats errants, à la maltraitance des animaux. Être dispo pour des assos, faire des actions bénévoles, ce genre de choses. » Pas question néanmoins d’abandonner le Racing : « Avec le Racing, on va continuer à faire des photos. On avait même créé un club canin avec les supporters du Racing. Avant la finale de la Coupe de la Ligue – remportée par Strasbourg aux tirs aux buts en 2019, ndlr – on s’était réunis devant la Meinau et on avait fait les 11 canins du Racing, c’était vraiment marrant. Là encore, le Covid a un peu tout arrêté mais il n’y a aucune raison que ça ne reparte pas quand la vie reprendra. » Surtout que désormais, les deux compères sont bien plus proches de la Meinau. « On va pouvoir aller voir les entraînements, imaginer de nouveaux projets. Toujours en prenant du plaisir et en s’amusantOn veut continuer de rigoler, de s’amuser. Hatchi est très comique et rigolo. Il a été éduqué pour aimer et donner de l’amour. »

Hatchi, coach en séduction. Document remis

Et de l’amour, il en a beaucoup à revendre. Justement, le dernier objectif de cette année sera de trouver une Mme. Hatchi. « Il cherche toujours une chérie, mais il ne trouve pas – à ce moment précis, Hatchi lève ses oreilles, ndlr. Quoiqu’il en soit, on va voir quelles seront les nouvelles aventures de Hatchi, mais on a encore de belles années devant nous pour s’amuser le plus possible. » De l’amour, du plaisir et de la rigolade : une année 2021 qui va avoir du chien !


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