Si Noël est synonyme de partage, cela est d’autant plus vrai pour certains Strasbourgeois. En ce 24 décembre nous avons rencontré ceux qui placeront leur réveillon sous le signe du bénévolat.

Son engagement auprès des personnes en difficulté, Anaïs, étudiante en droit à Strasbourg, le met en œuvre tout au long de l’année. Bénévole auprès de plusieurs associations, la jeune femme participe à des distributions de nourriture plusieurs fois par semaine. « Je ne supporte pas les inégalités », explique-t-elle avec conviction.

© Anais Rostaqi

Le soir du réveillon de Noël, c’est donc naturellement qu’elle le passera auprès de ceux qui en ont besoin. « Le 24 je ferai une maraude de Noël pour les sans-abris et tout de suite après pour les étudiants et familles en grande précarité. À la fin de mon bénévolat, je rentre à la maison au chaud mais pas nos amis qui vivent dans ce froid et sans solution. » Une aide plus que nécessaire cette année selon l’étudiante : « Avec la crise sanitaire il y a beaucoup de licenciements, d’étudiants sans emploi… Alors le soir du réveillon on essaie d’apporter du baume au cœurs aux sans-abris, aux étudiants qui n’ont pas les moyens de rejoindre leur famille et j’en passe» Si sa famille fêtera Noël ce soir-là, Anaïs reconnaît qu’à force d’être investie, ses proches sont habitués à son absence. Surtout, ces gens à qui elle vient en aide comptent tout autant pour elle : « J’ai créé un vrai lien avec ces personnes, je les considère comme ma famille, je tiens à eux ».

>> À lire ou relire : Suite à la pandémie, des associations strasbourgeoises craignent l’arrivée massive de nouveaux sans-abris

« Une année particulière »

Pour Martine, 65 ans, ce réveillon en tant que bénévole sera une première. « Il y a une quinzaine d’années j’avais déjà fait une distribution de petits cadeaux à des sans-abris. J’étais avec mon fils de 13 ans à l’époque, mais cette année ce sera le premier réveillon avec une association. » Un projet qu’elle a pourtant depuis longtemps : « Ça fait un moment que j’ai cette idée, de donner un autre sens à Noël. Partager, donner du temps et de l’argent. Ce qu’est devenu Noël ces dernières années me pèse. Je voyage beaucoup habituellement et suis rarement ici pour Noël, mais cette année tout tombe à l’eau, alors j’ai l’occasion de le faire. C’est une année à l’ambiance particulière, alors faisons des choses particulières ! » Cela fait deux mois que Martine a rejoint la famille de La Maraude du Dimanche, alors participer ce 24 décembre était une évidence. « Il y a d’autres bénévoles qui vont célébrer Noël en famille. Moi mon fils vit à la Réunion et ma maman, je la verrai le lendemain. »

Martine Guthgunst © Anaïs Rostaqi

Du côté de l’association Strasbourg Action Solidarité, les bénévoles seront également mobilisés ce jeudi 24 décembre. « Nous nous occupons de 350 personnes mises à l’abri dans sept hôtels, explique Emmanuel Suzan. Le soir du réveillon nous doublons nos effectifs, nous passons de trois véhicules avec quatre personnes, à six véhicules. » Comme chaque soir de la semaine, les bénéficiaires auront un repas mais l’association distribuera aussi des chocolats, des kits d’hygiènes et des cadeaux notamment pour les enfants. Pour former ses équipes, Emmanuel peut compter sur les membres habitués des distributions. « Je suis à contre courant, je refuse des dizaines de demande de bénévolat. Mais sur des périodes aussi délicates on préfère prendre des personnes qui ont l’habitude. C’est regrettable mais on a pas le temps de former de nouveaux bénévoles actuellement. » Les bénévoles expérimentés seront donc sur le terrain. « Ce soir-là on ne voudrait pas être ailleurs, plus que jamais on se doit d’apporter de la présence humaine et de la chaleur. On est des guerriers sur le front, on se fera une petite fête avec d’autres SDF, entre nous, quand tout sera rangé », sourit le bénévole.

Solidaires à Strasbourg ou ailleurs

Les Strasbourgeois sont généreux et ce, même lorsqu’ils quittent la ville. À l’image de Sofian étudiant en master à Strasbourg, rentré pour les fêtes dans sa famille, dans la région parisienne. « À Strasbourg je fais des distributions avec les Compagnons de l’espoir. Mais là je suis rentré à Paris donc je vais faire une maraude avec une association qui s’appelle Demain, pour distribuer des denrées alimentaires, des kits d’hygiène, des bonnets, écharpes et gants mais aussi des chocolats et biscuits de Noël. » Cette association, Sofian la connaît bien puisqu’il est à ses côtés depuis ses 15 ans. «On aimerait aussi être aidés si on était dans la même situation. Le maître-mot c’est la solidarité. Tu te rends compte avec la maturité que, quand on est bien lotis, il faut essayer d’aider les gens », témoigne l’homme de 25 ans. Sa famille célèbrera donc une partie du réveillon sans lui « mais ce n’est pas grave, ils comprennent très bien. »

1 commentaire

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here