Chaque année, le printemps rime en général avec grand ménage : on nettoie nos appartements pour les rendre plus luisants, on vide nos garde-robes pour faire le tri dans nos vêtements et on rempote nos compagnons chlorophyllés pour les maintenir en vie plus longtemps. Certes, cette année est particulière. Mais même confinés, rien ne nous empêche de prendre soin de notre intérieur, en particulier de nos plantes, seuls vestiges d’une nature à laquelle nous n’avons plus accès. Personnellement, je considère mes plantes d’intérieur comme des copines. Vous pouvez demander à mon coloc : je ramène régulièrement de nouvelles recrues à la maison et je leur donne des petits noms affectueux. Bref, comme je voyais certaines de mes copines faire un peu la gueule depuis le début du confinement, j’ai demandé conseil à Jennifer, la gérante de Tchungle, une jardinerie urbaine basée à Strasbourg. Mais avant de vous donner ses préconisations pour un intérieur verdoyant, laissez-moi vous la présenter.

Tchungle : une histoire d’amour et de passion

Quand, entre deux questions au sujet de mon ficus malade, je demande à Jennifer comment elle s’y connaît autant en botanique, voici ce qu’elle me répond : « J’ai commencé les plantes d’intérieur il y a 12/13 ans je crois. C’est une passion dévorante et apparemment ça a été contagieux pour mon compagnon Stéphane ! ». En effet, Jennifer et Stéphane, amoureux dans la vie, on décidé de s’unir autour d’un projet professionnel commun : Tchungle, une « jardinerie urbaine », une boutique ++, qui propose des plantes bien sûr, mais également des ateliers, pour que les citadins amoureux du jardin puissent partager des moments autour des végétaux.

Après avoir testé leur projet avec une boutique éphémère dans les Halles en décembre, le couple était fin prêt à lancer Tchungle en fin février, au 20 rue de la Division Leclerc. Mais c’est à ce moment que le coronavirus est arrivé, obligeant nos amoureux à prendre leur mal en patience : « on est hypeeeeeer pressés d’ouvrir ! », me confie Jennifer. Et nous, on est hyper pressé de vous en dire plus sur ce beau projet très prochainement. En attendant, on vous invite à aller faire un tour sur leur site, leur page Facebook, ou encore leur page Instagram 😉 En plus, pendant cette période de confinement, ils acceptent avec plaisir de recevoir toutes nos questions sur nos petites protégées (avec des photos et des explications détaillées de vos modes de culture) pour nous aider dans nos déboires de jardinier !

Et mes plantes d’intérieur dans tout ça ?

J’y arrive, j’y arrive ! Voici donc les 5 étapes conseillées par Jennifer pour continuer de prendre soin de tes plantes malgré le confinement :

#1 Check-up de la situation en détail

Pas de chance pour nous, le confinement rime avec printemps ! Mais c’est l’occasion idéale au sortir de l’hiver de faire un petit point de nos petites protégées en intérieur et des éventuels dégâts subis et des soins à apporter. Il faut donc dans un premier temps :
Vérifier l’état général (il y a souvent un coup dur pour les plantes suite à l’hiver dans nos intérieurs chauffés et secs)
Couper les feuilles mortes/sèches avec un sécateur ou outil propre.
Vérifier d’éventuelles bestioles ou maladies (présence de petites toiles ? jaunissement, tâches sur les feuilles, etc)

#2 Arrosage et nettoyage

C’est le printemps ! On va donc légèrement augmenter la fréquence d’arrosage (qui s’adapte avec l’augmentation de l’ensoleillement) mais attention au piège : ce n’est pas parce que nous avons plus de temps à la maison qu’il faut les arroser tous les 2 jours ! Il s’agit souvent de l’erreur numéro 1 avec nos petites protégées, un trop plein d’eau et d’amour ! Alors on se renseigne bien sur sa plante et ses besoins, et on se souvient qu’en majorité, une plante d’intérieur nous pardonnera beaucoup plus facilement un oubli qu’une noyade ! Les signes principaux d’une trop grande quantité d’eau ? Les feuilles s’affaissent et jaunissent dans la majorité des cas. Et surtout, jamais d’eau stagnante dans les coupelles (sauf si on est un papyrus par exemple), une plante respire en majorité par ses racines (scoop !), d’où l’intérêt de ne pas la détremper et d’être attentif à son substrat (cf point 4)

Et qui dit printemps dit… Ménage ! Là il s’agit d’offrir une bonne douche et un bon nettoyage de feuilles à nos plantes. La poussière qui s’accumule au fur et à mesure va empêcher la feuille de capter les rayons lumineux et donc, la photosynthèse (le fonctionnement vital de ta plante quoi…). Alors on va la placer dans sa douche ou sa baignoire, on s’arme d’un chiffon doux et humide, idéalement d’eau de pluie ou déminéralisée (rien de plus), et on dépoussière une à une et en douceur. En plus, cela permet de faire une petite consultation approfondie de son état pour que rien ne t’échappe ! Idéalement, il faudrait s’en occuper au moins tous les 2 mois (lève la main si toi aussi tu as beaucoup trop de plantes pour que cette perspective te réjouisse), mais là tu es chez toi, aucune excuse, et bon courage 😉 !

#3 Vérification de l’état des racines

Dépasse du pot, dépasse pas ? Il est répandu que le printemps est un moment idéal pour rempoter. Mais de notre côté, comme la saisonnalité des plantes d’intérieur n’existe pas vraiment (on se réfère à leur lieu d’origine pour mieux les connaître, et c’est très souvent des origines tropicales), on se permet de rempoter une plante quand elle en a besoin, même si c’est en hiver. Mais là, c’est l’occasion de notre check-up spécial confinement pour voir qui a besoin d’un bon rempotage ! Du coup : si les racines de ta plante dépassent du pot et de la terre, c’est qu’il va être temps de la rempoter rapidement. Normalement, tu peux trouver du terreau dans les supermarchés où tu fais tes courses. Sinon, il va falloir être un peu patient. Si les racines de ta plantes ne dépassent pas, tu as encore un peu de temps devant toi, ce qui nous emmène à l’étape suivante….

#4 Rempotage, substrat et pot

Si tu dois procéder à un rempotage qui n’est pas forcément urgent ou vital, prends le temps de te renseigner sur les besoins de ta plante. Car oui, confinement oblige, tu n’as peut-être pas un sac de 70L de terreau à la maison ! Alors pourquoi ne pas prendre le temps de se renseigner ? On se répète, les plantes respirent par leurs racines également. Là, on comprend mieux les besoins d’un arrosage parcimonieux et d’un substrat « léger », c’est-à-dire drainant et permettant à l’eau d’être bien répartie. Si tu as l’habitude de voir la terre sèche se décoller des parois de ton pot et devenir très compacte, alors il y a peut-être un point à revoir ! De la même façon, le choix du pot (terre cuite, plastique, percé, cache-pot, etc) est important. Alors nous ne pouvons pas donner de recette universelle ici, mais apprends-en plus sur ta plante, et elle te le rendra bien ! De manière générale, pour les plantes d’intérieur tropicales, nous fonctionnons avec une certaine part de terreau, et une autre part de produit drainant (pouzzolane, perlite, vermiculite, gravier, etc).

#5 Semences et boutures

Ce moment de confinement est également celui des semences et expériences en tout genre ! Mais si tu n’en as pas, pas de panique : pourquoi ne pas tester le bouturage ? Par exemple, une monstera déliciosa ou des tiges de pothos se bouturent très facilement en eau et n’ont pas besoin d’un matériel très spécifique. Et d’ici quelques semaines, cela sera l’occasion d’offrir tes nouveaux bébés aux copains (oui oui, même ceux qui n’ont qu’un intérêt limité pour la chlorophylle !). Et on ne te parle même pas des noyaux d’avocats, des pépins de citron, fraises, kiwi ou encore des pépins de grenades (le tout bio, de préférence)… Les voilà tes semences ! Et la liste des possibles est longue… Oups, on a créé un monstre.

Si tu n’as jamais fait de boutures, voici quelques conseils :

1 : préparer le matos ! Plantes à bouturer et un outil de coupe propre.

2 : on repère à partir de l’extrémité d’une tige les nœuds (encerclés sur l’image). Ils représentent les zones où il y a une feuille et un départ de racines aériennes. On en compte idéalement deux, et on coupe entre le deuxième et le troisième.

3 : une fois la bouture prélevée, on repère les feuilles présentes dessus. L’idéal étant d’éliminer toutes les feuilles qui risqueraient de tremper dans l’eau et donc de pourrir.

4 : les boutures sont prêtes !

5 : on les introduit dans un récipient et on remplit d’eau jusqu’à ce qu’au moins un nœud soit immergé.

6 : l’eau n’a pas nécessairement besoin d’être changée, mais il faudra penser à régulièrement en remettre à niveau. En quelques jours, les premières racines pointent le bout de leurs nez au niveau des nœuds. En quelques semaines c’est la jungle !

7 : une fois que la bouture a de bonnes racines, on peut la mettre en terre. L’idéal est d’attendre que les racines fassent une dizaine de centimètres. Et c’est parti !

En résumé, le confinement ayant lieu durant un changement de saison et à un moment où l’ensoleillement et la durée du jour s’allongent, toutes les adaptations à avoir pour nos plantes d’intérieur (augmentation de l’arrosage, de l’apport d’engrais, etc.) doivent également se faire progressivement ! Personne n’aime changer drastiquement de routine 😉 ! Et surtout, on en profite pour se renseigner sur nos protégées et pour se faire du bien ! Nous n’avons peut-être pas tous accès à tout le matériel que l’on souhaiterait pour rempoter et jardiner convenablement, certes. Mais comme nous l’avons vu, certains gestes ne demandent que peu de matériel et au final, c’est peut-être aussi le moment pour faire un peu mieux connaissance ! Voilà de quoi passer un bon confinement avec plein d’occupations, de lectures et d’écoutes passionnantes en perspective  !

Merci à Jennifer pour tous ses conseils < 3 / Le site de Tchungle

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