Après 12 années sous le règne du roi Roland, le trône de Strasbourg se libère et les prétendants sortent désormais à visage découvert. Ce 15 et 22 mars, le ou la prochaine(e) Maire de Strasbourg sera élu(e). Un vote qui ne changera pas forcément le monde dans lequel nous vivons, mais qui par contre peut changer le visage de nos rues, de nos nuits et de ce qui rythme notre quotidien. Le résultat de ces élections municipales marquera le début d’une nouvelle histoire pour la ville et ceux qui l’habitent. C’est donc tout naturellement qu’on s’est décidé à vous présenter les candidats à notre belle mairie, pour que vous puissiez y voir plus clair. Aujourd’hui : Jeanne Barseghian, candidate Europe Ecologie les Verts (EELV).

Jeanne Barseghian en quelques mots

  • Elle a 39 ans. Le 5 octobre 2019, elle a été désignée candidate de la liste Strasbourg écologiste et citoyenne, une liste allant au-delà de la simple étiquette EELV. Elle a le soutien d’Alain Jund, ancien candidat aux municipales sous l’étiquette EELV, et Syamak Agha Babaei, vice-président de l’Eurométropole en charge de la politique de l’habitat.
  • Elle sort d’un mandat de conseillère municipale, de la majorité et est par ailleurs éco-conseillère. Elle possède également une délégation sur l’économie sociale et solidaire (ESS), puis une seconde délégation sur la réduction des déchets.
  • Elle s’est positionnée contre le GCO et l’arrêté anti-mendicité. Elle s’est aussi largement investie dans les campagnes de zéro déchet et zéro gaspillage menées par la ville.

Sa vie

Née en 1980 à Suresnes dans les Hauts-de-Seine, d’une mère juriste originaire de Bretagne et d’un père avocat d’origine arménienne, Jeanne Barseghian grandit entre Paris et la Normandie, ses parents ayant acheté une vieille ferme dans laquelle elle passe le plus clair de ses vacances et de ses week-ends.

C’est à Nanterre, au sein de l’université Paris 10 qu’elle débute ses études de droit. Puis elle part deux années en Allemagne dans le cadre d’échanges Erasmus, d’abord à Münster et ensuite à Berlin. Cherchant une spécialité en droit de l’environnement, elle la trouve à Strasbourg, où elle arrive ainsi en 2002. Elle en sort diplômée du DESS de droit de l’environnement et de l’aménagement du territoire. Elle réalise également une année d’études supplémentaire en 2004-2005 à l’Institut d’Eco-Conseil, pour se former en conseil en environnement et développement durable.

Durant ses études à Strasbourg, elle est vendeuse au marché de Noel, organise des sorties pour les scolaires au Musée Zoologique et cherche des terriers de grand hamster dans les champs alsaciens pendant plusieurs mois.

« Dans mes études, la dimension environnement, conseil en environnement et droit de l’environnement, c’est venu à travers une sensibilité que j’ai toujours eue. Au départ de tout ce qui était de la protection de la nature, je me suis engagée dans des associations et, très vite, j’ai eu l’envie d’en faire mon métier. »

Désormais éco-conseillère, où elle accompagne les territoires, les entreprises, dans des démarches de transition écologique, elle garde toujours cette même sensibilité écologique, ce jusque dans ses loisirs, que ce soit le yoga ou les balades en nature. Mais elle aime également le chant : elle est dans deux chorales, une davantage orientée pop rock et variété et l’autre en chant lyrique.

« Ce qui me plaît dans le chant choral c’est d’être 40-50 personnes et que chacun avec ses individualités se met au service d’une œuvre musicale et à la fin on trouve l’harmonie. Et je trouve que c’est une parfaite métaphore d’une société harmonieuse. »

Son parcours politique

Son arrivée en politique s’est déroulée un peu sur le tard. Auparavant néanmoins, elle s’engage dans le milieu associatif, notamment à Alsace Nature et au GEPMA (Groupement d’études et de protection des mammifères d’Alsace). Elle travaille ensuite sur le programme « Rhin vivant » qui vise à revitaliser les écosystèmes rhénans puis monte des projets de coopération avec l’Arménie dans le domaine de l’éco-tourisme, de l’environnement et de la gestion des déchets.

« Je ne voulais pas en rester au droit de l’environnement parce que c’était s’occuper des préjudices à l’environnement, une fois qu’ils étaient commis, et je me suis dit que ce serait bien d’agir en amont avant que les dégâts soient faits. »

Ce qui la motive à s’engager en politique c’est l’envie de pouvoir changer les choses en profondeur dans ma ville. Arrivent alors les élections municipales de 2014. Après avoir conseillé plusieurs Plans Climat et Agenda 21, Jeanne Barseghian adhère au parti Europe Ecologie les Verts en 2013 et coordonne la rédaction du programme pour les élections municipales de 2014 à Strasbourg.

Jeanne Barseghian / Photo : @Pokaa

Alors qu’elle est à la base venue pour donner un coup de main, elle se retrouve au 4ème rang sur la liste d’Alain Jund. Elle est élue, puis nommée co-présidente du groupe écologiste à la Ville de Strasbourg. Elle possède une délégation sur l’économie sociale et solidaire (ESS), puis une seconde délégation sur la réduction des déchets.

Le 5 octobre 2019, l’Assemblée citoyenne la désigne comme tête de liste en vue des élections municipales en mars 2020. Sur une liste qui veut aller au-delà de simplement Europe Ecologie les Verts, il y a Alain Jund en 8ème position, mais également Syamak Agha Babaei, vice-président de l’Eurométropole en charge de la politique de l’habitat, en 2ème position.

Ses actions politiques

  • La politique zéro-déchet et zéro gaspillage, la transition énergétique et l’économie sociale et solidaire

A travers sa délégation à la réduction des déchets, Jeanne Barseghian a essayé de pousser la politique zéro déchet et zéro gaspillage de la ville. Elle a beaucoup participé à la délibération cadre sur Territoire zéro déchet et zéro gaspillage. En 2016 déjà, elle publiait une tribune contre les barquettes en plastiques dans les cantines.

Elle a par la suite participé au lancement du site ObjectifZ, centré sur le zéro déchet et le zéro gaspillage. A ce sujet, l’émergence d’initiatives de tri et collecte des déchets en tri porteur en sont des exemples concrets.

Sa délégation à l’économie sociale et solidaire l’a également poussée à développer des projets comme celui projet franco-allemand du Kaléidoscoop, qui est un projet d’entrepreneuriat et d’économie sociale et solidaire, une sorte de galerie marchande responsable.

Enfin, elle s’est aussi engagée en faveur de la thématique de la transition énergétique. Lors du Conseil de l’Eurométropole du 20 février 2015, elle intervient au sujet de la transition énergétique pour en faire une priorité e l’Eurométropole.

  • Contre le GCO et l’arrêté anti-mendicité

Elle fait partie des signataires de la pétition « La ville appartient à toutes et tous », qui demande au maire de Strasbourg d’annuler l’arrêté anti-mendicité pris en avril 2019.

Mais c’est surtout contre le Grand Contournement Ouest (GCO) qu’elle s’engage, avec le groupe d’élus EELV. Ces derniers quittent la coalition droite-gauche de l’Eurométropole le 17 octobre 2018. Bien avant cela, Jeanne Barseghian s’opposait déjà au projet. Elle intervient au Conseil de l’Eurométropole de Strasbourg, le 27 novembre 2015 sur le vote d’une convention au sujet de l’A35 et le GCO et les poids lourds dessus.

Par la suite, elle se trouve plusieurs fois sur place à la ZAD de Kolbsheim et elle apporte son soutien aux grévistes de la faim qui demandaient un moratoire pour le GCO.

Vous avez désormais fait connaissance de Jeanne Barseghian. Pour découvrir le prochain candidat, ce sera le mercredi 5 février !



Caroline Alonso Alvarez et Nicolas Kaspar

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here