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On a papoté zoophilie, Philippe Katerine et Angela Merkel avec les Fatals Picards

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Groupe de rock humoristique aux chansons totalement déjantées, les Fatals Picards étaient de passage à la Laiterie pour un concert survolté. Nous les avons rencontrés afin de parler de leur nouvel album  » Espèces menacées ». C’était sans compter l’infatigable imagination du groupe, qui nous a amenés vers des sujets aussi divers et variés que la zoophilie, l' »effeuillage », les Jeux Olympiques d’Atlanta ou les terrifiants bonhommes pain d’épices du marché de Noël. Une rencontre sous forme de brainstorming, survoltée et hilarante, à l’image des membres du groupe.

Comment sont nés les Fatals Picards ?

Paul : Les Fatals Picards sont nés un beau matin de 2000, c’était un mardi. Ce matin-là je me rappelle qu’il faisait beau mais pas trop. Ivan Callot chanteur de son état, avait décidé de monter un groupe de rock humoristique. Sur le coup de 19-20 h, il ne savait plus trop quoi faire et il est allé au fameux club le Macumba où Jean Marc, Billy, Yves et moi dansions. A l’époque, nous étions danseurs, on va dire « effeuilleurs ». Il a beaucoup aimé le spectacle. De nos jours, c’est la grande époque des cabarets un peu burlesques, mais nous on était les précurseurs. On s’est lancé là-dedans à une époque où ça intéressait peu de gens. Nous n’avons d’ailleurs plus le même corps aujourd’hui. Ivan a vu le potentiel, il nous a engagés puis il s’est avéré qu’on était un peu musiciens, l’un dans l’autre on a arrêté de s’effeuiller et c’est devenu plus sérieux. C’est à peu près vrai.

Donc vous étiez déjà amis avant ?

Jean-Marc : On est devenus amis après. En réalité, on s’est rencontré en 2000. Le groupe a eu plusieurs formations.

Paul : Non. Attends, moi je te fais la vraie version. 1984, jeux Olympiques de Los Angeles.

Laurent : Non. Atlanta.

Paul : Il est 7 h du matin, Jean-Marc comme d’habitude est venu dans l’hôtel…

Laurent : En réalité, avec Ivan, le premier chanteur, on s’est rencontré en 2000. Après entre 2000 et 2007, le groupe a beaucoup évolué, jusqu’au départ d’Ivan. Il restait Paul, Jean-Marc, Yves et moi. Depuis 2008, la formation est stable. De 2000 à 2007, c’était plus de la déconnade. Puis après le départ d’Ivan, le rock s’est imposé de plus en plus en gardant quand même le fil rouge du second degré, de l’humour et du décalage. Ça c’est la vérité.

La première histoire me plaisait mieux.

Laurent : Alors on garde la première! Ce qu’il faudrait éviter quand même c’est l’histoire de notre rencontre avec Yves dans le club zoophile de Kehl.

Paul : Non, non je veux bien qu’on rigole avec l’effeuillisme, mais pas le zoophilisme.

Laurent : On se souvient quand même. En 2007, il y avait le « Hamster lubrique » à Kehl, juste à côté de la rue Thomassman. Je me souviens y avoir passé des moments intenses avec des fouines et avec des belettes. C’est dommage, la zoophilie est interdite en France, mais elle est autorisée en Allemagne. Et je suis désolé mais si on considère que les animaux ont les mêmes sentiments que les humains.

Jean-Marc : La zoophilie est autorisée en Allemagne?

Laurent : Oui oui oui. Vérifie, club zoophile.

Jean-Marc : Tu cherches ce mot sur internet, il y a Donald Trump qui te tombe dessus.

Laurent : Donald Trump n’est pas zoophile.

Paul : Hum, quand tu vois sa femme.

Laurent : Outre-Rhin, la zoophilie n’est pas autorisée mais pas sanctionnée non plus. Voilà.

Paul : Ça c’est abusé parce que l’animal ne peut pas être consentant.

Laurent : Qu’est-ce que tu en sais, si il te fait des petites léchouilles et tout.

Paul : Tu ne serais pas un peu allemand toi?

Laurent : Je suis désolé, mais si tu sodomises un éléphant avec un micro-pénis on ne peut pas parler de souffrance animale quand même. Il faut être honnête. Si Rocco Siffredi se tape par exemple un rat musqué, là d’accord.

Paul : L’éléphant n’a tout de même pas donné son assentiment.

Laurent : L’éléphant est quand même suffisamment bien gaulé pour se barrer si ça ne lui plaît pas.

Oui c’est pas faux.

Laurent : Emma Schneider 17h32 : « Oui c’est pas faux ».

Vous avez sorti un nouvel album « Espèces menacées », est-ce que ça a un lien avec la zoophilie?

Paul : Non aucun en fait. Ça n’a pas de liens, si ce n’est un lien avec nous mêmes. On « s’auto-lit ».

Laurent : Oh ! Je crois que c’est Jean-Marc qui avait dit à un moment, qu’on faisait un peu espèce menacée du fait qu’il y ait de moins en moins de groupes de rock humoristiques et tout ça. Dans les années 80-90, il y en avait pas mal.

Paul : Non.

Laurent : Non? Il n’y avait que nous déjà?

Paul : C’est pas ça l’histoire.

Laurent : C’est quoi l’histoire?

Paul : C’était dans une piscine… Non c’est Jean-Marc qui a trouvé lors d’une séance de brainstorming, où on essayait des trucs. Au début, on lui a dit : « Non dégage c’est pourri », et comme on avait rien d’autre, on a pris ça.

Laurent : A l’origine on devait faire un shooting photo au Museum d’histoire naturelle de Paris. Et même en payant, ils n’ont pas voulu de nous. Alors que normalement ils acceptent tout le monde. Mais pas nous.

Paul : Pour une sombre histoire de zoophilie, avec un squelette en plus.

Laurent : Un mec qui sodomise un squelette de tyrex avec un micro-pénis est-ce qu’on peut parler d’abus sexuel?

Paul : C’est de la nécrozoopornographie?

De quoi parle cet album?

Paul : Dans les Fatals Picards les sujets sont divers et variés. Ça me fait penser à …. Cette histoire à l’hippodrome de Vincennes. En janvier 2012, il pleuvait mais en même temps il faisait beau, ce qui était très perturbant.

Laurent : Non c’était l’inverse. Il faisait beau mais il pleuvait.

Paul : Moi j’étais là avec mes jumelles et je disais : « Putain bourricot, bourricot, bourricot… » et j’ai encore perdu. Et là Billy me dit : « C’est pas grave il ne s’appelait pas Bourricot déjà ».Puis on s’est dit : « Et si dans cet album on partait du principe qu’on aborde des sujets divers et variés, des sujets de société qui sensiblement peuvent parler à tout le monde. »

Laurent : Comme les interdits alimentaires par exemple.

Paul : En faire un disque, en essayant de donner non pas notre avis, mais notre lecture du monde moderne.

Laurent : C’est une forme d’avis quand même. On parle de pornographie, de l’affaire Lafarge, du temps qui passe, du caniche nain de Chantal Nobel, des suprématistes blancs, des interdits alimentaires, d’Angela Merkel. Ce soir, on va chanter « Angela », notre célèbre chanson, et on espère qu’Angela outre-Rhin, l’entendra.

Paul : Parce que comme là on est très prés de l’Allemagne, on se dit que si on met très fort la musique et que tout le monde se pousse pour laisser passer le son et qu’on ouvre les portes. Si les gens soufflent vers Berlin pour pousser le son, peut-être qu’elle entendra.

Laurent : C’est vers où Berlin?

Paul : C’est plus ou moins vers la Mecque.

Vous avez également collaboré avec Lio sur la reprise de « Banana Split ». Vous reprenez souvent des titres des années 80.

Paul : Oui un par disque à peu près, c’est une petite tradition qui s’est instaurée.

Laurent : C’est parti du « Fou du roi », une émission de Stéphane Bern où on devait faire une reprise. On avait choisi « Partenaire Particulier ». C’était bien sympa.

Paul : Du coup, on avait essayé de la jouer en concert, ça fonctionnait bien, on l’a mise sur le disque. Et sur les disques d’après connement, on s’est dit : « Bah tiens on s’est fait une reprise sur les disques d’avant, pourquoi pas continuer ». On a repris « Sans contrefaçon » de Mylène Farmer, « L’amour à la plage » de Niagara. Sur cet album-là, on avait envie de reprendre « Banana Split ». Comme on connaît un peu Lio, on lui a demandé si ça la bottait. Elle a répondu : » Bien-sûr les garçons, je vous aime, vous êtes merveilleux, vous êtes la relève de la chanson française. Je suis à genoux devant vous comme tout le monde en France. » Donc elle est arrivée, elle s’est mise seins nus, et elle a chanté.

Jean-Marc : Ça c’est vrai. Elle ne s’est pas mise seins nus tout de suite, mais elle l’a fait après l’enregistrement.

Laurent : Parce qu’on lui a offert un T-shirt. Et elle, totalement femme libérée, devant tout le monde, cameraman et toute l’équipe, elle a enlevé son T-shirt, à poil, et elle a essayé un T-shirt des Fatals Picards. Ça c’est totalement vrai.

Paul : Et nous ça fait 5 ans et demi qu’on en parle. Tous les jours.

Arrête, ça ne date pas d’il y a 5 ans et demi.

Paul : Nan (rires), mais la meuf était sympa, disponible, elle est venue chanter son truc c’était un moment très cool.

Laurent : On a quand même eu un doute au début quand elle a fait :  » Bweuuuh » dans le micro. C’était dur au démarrage.

Paul : Oui je crois qu’elle sortait d’un déjeuner bien arrosé avec une pote. Avec Sabrina. La chanteuse de « Boys Boys Boys », qui est quand même une icône de la chanson moderne.

Laurent : Pour les vieux pervers que nous sommes.

Paul : Elle est arrivée, pas pompette, mais elle était bien.

Laurent : Nous aussi remarque. Donc il n’y avait pas de différence. On a bu du champ’ et voilà.

Paul : Et que devient Sabrina donc?

Laurent : Personnellement je suis toutes les femmes qui ont provoqué des émois érotiques chez moi entre 1984 et 1990. J’ai été déçu par Samantha Fox. Simone de Beauvoir sur le plan littéraire c’était mieux.

Paul : Moi j’ai bien aimé son film à Simone de Beauvoir, comment ça s’appelait déjà?

Laurent : Rambo 2 je crois.

Si vous pouviez faire une collaboration idéale ce serait avec qui?

Laurent : Avec les Allemands. C’est tellement habituel chez les Français. Je ne vois pas où est le problème.

Jean-Marc : Philippe Katerine, ça nous plairait bien.

Laurent : Renaud mais c’est trop tard, clairement, on a tous été beaucoup influencé par lui …

Jean Marc : Georges Brassens.

Laurent : Mais il est mort. Après on a des potes comme Ultra Vomit avec lesquels on s’entend bien, on pourrait imaginer partager un titre. Mais dans l’idéal oui Katerine ce serait plutôt pas mal. Catherine Ringer aussi, Arno, le belge. J’aurais adoré qu’Arno chante notre chanson Robert. Après, il y a des gens qu’on aime bien, comme Gaël Faye, mais je ne vois pas vraiment le rapport avec les Fatals c’est pas évident, alors que Philippe Katerine on pourrait trouver. Le morceau « Sucer des Cailloux », il aurait pu l’intégrer. Après je pense qu’on évolue pas dans les mêmes réseaux, lui est très hype, très reconnu par l’intelligentsia parisienne. On aurait aimé chanter avec les Ramones, mais ils sont tous morts.

Paul : Moi, je n’aime pas trop chanter avec quelqu’un.

Laurent : Dalida t’aurais bien aimé.

Paul : Oui mais même, ça me stresserait plus qu’autre chose, je suis plus à l’aise tout seul. Après Philippe Katerine ça pourrait être vraiment sympa, j’ai beaucoup d’admiration pour son travail. Maintenant il doit être harcelé de demandes de collabs. Le mec a toujours été bankable, déjà avec « Louxor ». Après « Le Grand Bain ». Il a un gros réseau, il a toujours été en place dans le showbiz.

Laurent : Tout le monde le connaît. Le pékin lambda l’a vu à la télé. Il a dû écumer toutes les émissions. Il a un côté un peu Gainsbourg, c’est-à dire que les gens n’écoutent pas forcément ce qu’il fait mais il est là à la télé en permanence. C’est une figure. C’est comme le mec-là, Emmanuel Macron, on le voit régulièrement, mais on ne sait pas trop ce qu’il fait.

Paul : Si moi je vois très bien.

Laurent : Il y a un autre mec barbu, avec des lunettes.

Paul : Oui, Fidel Castro, je vois très bien ce qu’il fait aussi.

Laurent : Ils n’ont pas l’air méchants, mais ils n’ont pas l’air sympas non plus. Eux, ils pourraient peut-être faire une collab avec Philippe Katerine.

Jean-Marc : Non mais les gars vous n’allez pas commencer à parler de qui peut faire des collaborations avec Philippe Katerine. On nous demande avec qui nous on veut collaborer.

Paul : Met « Metallica ». « Guns N’ Roses », des trucs comme ça. Nous on vise le top. Nous ce qu’on veut c’est faire des stades, et aller aux USA.

Pourquoi avoir choisi d’écrire des textes plutôt humoristiques pour aborder des sujets sérieux?

Laurent : C’est la manière dont on écrit et dont on envisage le monde. On le voit comme ça. Déjà quand on est entrés dans les Fatals Picards, il y avait un cahier des charges où c’était quand même un groupe humoristique. Quand on s’est rencontré il n’y avait pas vraiment d’influences musicales communes, c’était des influences textuelles. On était fans de Desproges, des Monty Python, des Guignols… c’est le truc autour duquel on arrive à se retrouver. On aime les choses absurdes. Après, avec les années, tu t’aperçois que de faire de l’humour sur des sujets sérieux c’est un vecteur assez intéressant. Ça permet d’accélérer les choses. Un jeu de mot, un truc un peu barré. Parler comme on parle dans « Sucer des cailloux » des interdits alimentaires, en fait c’est une manière de dire que ça nous emmerde les interdits alimentaires de toute sorte, même si il y en a qui sont plus légitimes que d’autres. Mais avec l’humour, on arrive à parler du sujet en en faisant une histoire d’amour. C’est l’histoire d’un mec qui aime sa nana plus que tout et qui est prêt à tout. C’est un biais intéressant.

C’est plus ludique pour aborder un sujet sérieux, que d’avoir face à soi un article hyper carré.

Laurent : Nous on se sert d’articles justement quand on écrit des chansons.

Paul : Je pense que c’est complémentaire, c’est une autre approche du sujet. Il y a des choses à dire, qui vont être plus documentées. J’aime bien aussi lire des articles de fond, hyper chiants, si je veux vraiment savoir le fin fond du truc, pour me faire une opinion réelle, avec tous les paramètres. Nous on prend un sujet et on le traite mais aussi avec notre vision à nous, donc c’est un peu biaisé.

Laurent : Beaucoup de groupes estampillés de gauche, font des chansons très premier degré. Quand on a fait la chanson sur l’affaire Lafarge par exemple, on a suivi le biais de l’humour, du décalage. Si on avait dit Daech c’est des enculés, en fait nous on y croit pas à ce genre de choses. Il y a des articles et des documentaires qui font mieux que nous là-dessus. Ce biais de l’humour c’est notre originalité à nous, on a parlé d’homophobie, de pédophilie, de tous les trucs en -phibie, et en -philie. Ça nous paraît naturel.

J’ai lu aujourd’hui les paroles de votre chanson : Le Jour de la mort de Johnny. C’est très drôle, mais lui ne l’avait pas très bien pris, si j’ai bien compris?

Paul : On ne sait même pas si il l’a vraiment entendue. L’histoire c’est qu’on était chez Warner, et ils venaient de signer Johnny. Eux savaient qu’il était malade, et personne ne le savait en France. Avec notre chanson, on arrivait pas bien. Ils ont justifié ça en nous disant : « Voilà Johnny c’est chaud, il a un rapport à la mort particulier … ne la mettez pas sur le disque. » Donc nous on était obligés contractuellement de ne pas la mettre. On l’a mise sur internet en pensant avoir le droit, mais on ne l’avait pas non plus. Donc ça a été un peu compliqué juridiquement pendant quelques heures.

Jean -Marc : Pendant quelques mois.

Paul : Et du coup, ça nous a servi et pas servi. C’est un petit coup de projo, mais sur les commentaires, tu vois aussi qu’il y a des gens qui n’ont rien compris. Il n’était pas mort, et il y en a qui disaient : « Ouais bande de bâtards , dire que vous voulez que Johnny meurt c’est abusé ! ». On a souvent ce problème avec nos textes, il y a des gens comme tu as pu le constater, dans le vie… qui sont cons. Et des fois tu penses que ton texte est très clair, mais en fait non. On a décidé d’arrêter de se battre avec ça. A un moment donné, on ne va pas se justifier toutes les cinq secondes. C’est pas très compliqué de comprendre nos chansons, il faut juste avoir un peu de recul et d’humour. On essaye de parler au plus grand nombre, mais t’en auras toujours qui ne comprennent pas. C’était le cas pour Johnny, les mecs ont pas compris qu’il fallait plutôt voir ça comme un hommage.

Laurent : C’était plus moqueur à l’encontre des fans, pas à l’encontre de Johnny. On aime pas tout ce qui est dogmatique, idéologique, religieux , et si il y a bien un truc qui s’approche du fait religieux c’est bien le fanatisme autour de Johnny. La chanson est bourrée de références, c’était marrant de faire ça.

Paul : Il y a énormément de fans de Johnny qui l’ont bien compris, qui nous ont dit : « Merci les gars. C’est un bel hommage. »

Laurent : De toute façon quand on veut tacler quelqu’un, on ne fait jamais d’attaque ad hominem. Si on fait une chanson sur Zemmour, elle ne s’appellera pas Zemmour, on en parlera même pas, ce sera juste une référence dans un texte. On a fait une chanson sur Bernard Lavilliers parce que finalement on le respecte. Il est venu faire le clip avec nous, il a bien compris. Son côté mythomane il l’assume, il est vrai.

Paul : A l’époque, son entourage, ses musiciens, avaient entendu la chanson avant lui et nous avaient contacté en nous disant :  » C’est incroyable, vous le connaissez, on écoute ça en boucle c’est mortel. » Et un de ses meilleurs amis qui est aussi son manager et qui a kiffé la chanson, lui a fait écouter. Mais tu vois quand tu fais écouter quelque chose à quelqu’un tu le fais en argumentant bien, en disant:  » Ecoute pose-toi, tu vas voir c’est des mots, c’est marrant. » Si t’es pas con et que t’as un peu de second degré voilà tu le prends bien. Johnny je ne sais pas si il l’a écoutée. Et si on lui avait fait écouter en lui expliquant le second degré je pense que ça aurait pu lui plaire.

Si vous pouviez organiser votre propre festival de musique, vous le feriez comment?

Jean-Marc: On y a pensé à ça.

Laurent : Ce serait un truc très ouvert, avec plein de concerts qui n’ont rien à voir. Si ça ne tenait qu’à moi, il y aurait du flamenco, des groupes de hard, de la musique orientale, du punk…

Paul : Ce serait un truc sympa à faire, on aurait plein d’idées parce qu’on en a fait plein des festoches, et on sait très bien ce dont on a envie ou pas. Mais c’est un boulot qui ne s’improvise pas. Même si on se faisait aider je pense que c’est un boulot énorme. C’est Jean-Marc qui finirait par tout organiser.

Jean-Marc : Quand tu montes une tournée c’est comme un festival mais sur toute l’année. Mais monter un festival ça demande beaucoup de bénévoles, une organisation de fou. Des subventions… Dans l’idée on aimerait bien. On ferait travailler des potes, ce serait chouette.

Laurent : On a tous des passions musicales très différentes.

Paul: Non, on a tous en nous quelque chose de Tennessee.

Laurent : Aussi. On prendrait le mec de la Choucrouterie des Tanneurs, où on a mangé tout à l’heure.

Paul : Quand on en avait parlé effectivement, on se disait qu’on ferait un festival bio responsable, en proposant des alternatives de boissons, des bonnes bières, de la bonne bouffe. Avoir une grosse scène et une petite scène pour faire jouer des petits jeunes qu’on connaît, qui nous demandent souvent des premières parties. Un festoche dans une bonne ambiance. On est producteurs de concerts, mais c’est sur des salles. Un festival ça peut être très rentable, et puis pour des raisons diverses et variées de pluie ou je ne sais quoi, ton truc peut se transformer en Bérezina alors que t’as passé un an à te prendre la tête dessus.

Laurent : C’est un bon nom de festival la Bérezina.

Si vous deviez trouver un titre à ce que vous vivez actuellement?

Laurent : « On va y arriver ».

Jean-Marc :« Les portes de la gloire. »

Paul : J’ai envie de te dire :  » Sur la route du succès ». Parce que même si on a pas de progression fulgurante au niveau écoutes… on se construit petit à petit. On fait de plus en plus de dates, mieux payés, devant de plus en plus de gens. Donc même si c’est léger, au moins on est pas dans une phase où ça descend et où on doit trouver autre chose. Il nous reste encore des marches à gravir. On ne fait pas de la musique nombriliste, notre démarche c’est de parler à quelqu’un, de le faire rire ou de l’interroger, sur différents faits. Si on pouvait faire ça dans des salles dix fois plus grandes, on serait contents, mais bon on est pas à plaindre. Après, il est vrai que le rock un peu humoristique et politique, n’est pas très vendeur en France.

Crédit photo : Emma Schneider

Ce n’est pas la première fois que vous venez à Strasbourg?

Fatals Picards : Non on a joué au moins 5 fois à la Laiterie. On a fait aussi les Artefact, les Décibulles, Zone 51.

Si vous pouviez emmener quelque chose de Strasbourg chez vous, ce serait quoi?

Paul : Dans tous les petits commerces que tu vois en ce moment sur Strasbourg, Sélestat, Riquewhir, ils vendent des bonhommes en pain d’épices, en forme de doudou, en nono, en peluche quoi, et je ne sais pas qui les a fait mais chaque personnage fait peur, mais d’une force. Les yeux et la bouche ne sont jamais au même endroit. Hier, avec ma fille on les a tous examinés, et on en a trouvé qui faisait fondamentalement peur. Donc j’emmènerai ça. Sinon, il y a une putain de boulangerie qui fait le coin, et qui fait un kougelhopf de ouf, c’est la plus connue de Strasbourg.

Laurent : Moi j’emmènerai le pont de Kehl pour pas que les Allemands reviennent. Parce que je me méfie toujours des anciens Allemands et des nouveaux aussi. Ou bien une maison à colombages, c’est très beau. Ça me rappelle mes années Playmobil. Et je prendrai le Parlement Européen aussi pour savoir vraiment ce qu’il s’y passe.

>> Propos recueillis par Emma Schneider <<

Un grand merci aux Fatals Picards, à toute leur équipe, et à la Laiterie.

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