Cette année, le PréO, la salle de spectacle d’Oberhausbergen, a fêté ses dix ans. Après avoir ouvert ses portes en 2008, la salle a réussi à construire un public, avec ses programmations originales, parfois osées et son désir de servir de tremplin aux artistes locaux. Alors, pour revenir quelque peu sur cette belle période, et pour vous mettre l’eau à la bouche pour la saison 2019/2020, Pokaa est allé interviewer Marion Hofmann, directrice du PréO Scène. Et, pour les plus patients d’entre vous, on a une petite surprise en fin d’article…

Dix années qui ont façonné une salle et son public

Revenons d’abord sur l’histoire du PréO avec Marion Hofmann : « Il faut savoir que le bâtiment dans lequel on est installé c’est historiquement le plus vieux corps de ferme de la commune d’Oberhausbergen, qui était abandonné. La mairie de l’époque a décidé d’y installer un centre culturel. La partie où il reste la salle de spectacle c’était la grange, qui n’était pas récupérable et qui a du être rasée. On cohabite dans ses murs : il y a la partie salle de spectacle dont je m’occupe et il y aussi une école de musique et de danse, une médiathèque et un centre d’accueil de jour pour personnes âgées. Ce sont donc les 10 ans d’existence du bâtiment, et aussi ceux de la salle. »

« Pour la partie scène, on dit que dix ans, c’est le temps de construction d’un public »

En dix ans, beaucoup de choses ont changé, mais un fil conducteur est resté : la convivialité. « Ces dix ans là, ça a été en plus assez rigolo parce ça a été moi ma première saison que j’ai signée intégralement. La dixième saison a été comme un virage, entre l’acquis, ce qu’on a construit avec l’ancien directeur, et le changement. C’est intéressant de voir qui était le public il y a dix ans et qui il est maintenant : on a réussi à le faire grandir, dans ses goûts, dans ses choix et dans sa taille, mais aussi dans le rayonnement de la salle. Quand je suis arrivée et que je disais que je travaillais au Préo, pas grand monde ne connaissait, alors que maintenant c’est plutôt la tendance inverse. »

Marion Hofmann. Crédit ©Marcelle Lupin

Le PréO, fort soutien à la création et exigence artistique

Comme Rome, le PréO ne s’est pas fait en un jour. Déjà, ce n’est pas une salle du centre-ville : « Les salles du centre ont une tendance à être hyper spécialisées dans leur genre. Nous, on est pluridisciplinaires. Les salles de la couronne de Strasbourg font un travail d’ouverture et de découverte au spectacle. »

Crédit ©WilliamK

Ce qui rend le PréO spécial, c’est l’aide qu’il prodigue à la création : « On a un fort soutien à la création : on accueille beaucoup de compagnies. C’est du soutien pur. On a ce rôle d’ouverture et d’occupation de la salle au maximum, pour tous les projets qui viennent. A côté de ça, on essaye vraiment d’avoir une exigence artistique ; on cherche toujours le spectacle parfait, on ratisse dans de l’humour, du théâtre, du jeune public aussi, dans de la musique… tout en ayant ce fil conducteur de convivialité, qui me tient à cœur. Au-delà de la production artistique à laquelle on assiste, le plus important, c’est le moment que l’on passe. »

Deux spectacles tout-terrains comme meilleurs souvenirs

Puisque dix ans, c’est déjà bien assez pour offrir un petit retour en arrière, j’ai demandé à Marion Hofmann ses spectacles les plus marquants au PréO. « A l’époque – en 2010, ndlr – c’était une découverte pour moi parce que je n’avais pas joué de rôle dans la programmation de la saison. Et arrive Au fil d’Œdipe, de la compagnie Les Anges au plafond, l’un des tout premiers spectacles que j’ai vus. C’est un bijou : le mythe d’Œdipe avec des marionnettes qui apparaissaient et disparaissaient grâce à des fils. Cette compagnie a été une découverte à ce moment-là et on travaille depuis dix ans maintenant sur des créations. On n’est pas peu fiers d’être un des lieux qui a un peu relancé ce type de spectacles en Alsace. »

On retrouve ici le côté soutien à la création cher au PréO. Tout comme dans le deuxième spectacle que Marion Hofmann me cite : « Sinon, le spectacle Fracasse, lors de la saison 2017/2018, de la compagnie des Ô. Le comédien et metteur en scène principal, on l’a accueilli, on a été un des premiers lieux où il a pu jouer en salle. Sinon il est beaucoup dans les centres sociaux. Pareil, c’est un spectacle tout-terrain, avec la capacité de nous faire passer du rire aux larmes en l’espace d’une heure. Ce sont vraiment de belles choses. »

Les temps-forts de l’année 2019/2020

Assez parlé du passé, désormais, place à cette nouvelle saison 2019/2020. Et le PréO a plein de belles choses de prévues, entre un spectacle sur un terrain de foot ou de la musique classique : « On a décidé de travailler sur des temps-forts. Le comédien du spectacle Fracasse, on l’accueille sur une série de trois spectacles cette année : ce sont les trois coups de la compagnie des Ô. On fait un temps fort sur la santé mentale : deux spectacles parlant de ce sujet, où on essaye de traiter des sujets lourds d’une façon plus ou moins légère, qu’il y ait une forme qui soit là. Enfin, sur tous nos axes jeune public et scolaire, on traite des questions de la différence, du racisme, qui reviennent sur le devant de la scène avec la malheureuse évolution de société que l’on connaît à l’heure actuelle – l’interview s’est déroulée le même jour que l’incendie violent d’un foyer d’accueil de migrants à Schiltigheim, ndlr. »

Un autre temps-fort sera la venue de Roukiata Oueadraogo – une humoriste burkinabé réalisant notamment des chroniques sur France Inter, ndlr – dans le cadre de l’Afrique Festival, le 2 mai à 20h, pour son spectacle Je demande la route. Alors que l’Afrique Festival était jusqu’à là purement musical, le PréO a décidé de l’ouvrir à d’autres disciplines.

La musique, temps très fort

En plus des temps forts déjà évoqués, il y a encore quelques petites surprises. Musicalement, je ne saurais que vous conseiller Lisa Simone, la fille de Nina, le 8 avril. Une programmation musicale réalisée, selon Marion Hofmann, dans un but précis : « La programmation musicale on en est assez fier. Justement, l’objectif est d’attirer davantage de lycéens et d’étudiants ; notre cœur de cible a entre 30 à 60 ans, mais, comme beaucoup de salles de périphérie, on a encore du mal à attirer un public plus jeune. Dans ce cadre-là, on aura Tim Dup qui viendra l’année prochaine. »

« La musique était un peu un pré carré du centre-ville et les propositions musicales – à part le jazz à Schiltigheim – on en retrouvait assez peu dans les salles de couronne.»

Ce côté musical est donc très important pour Marion Hofmann : « Cela a commencé sous l’ancienne direction et j’ai changé des petites choses : avant on était très axé musiques du monde et j’ai souhaité diversifier un peu le tout. Cette volonté-là a été motivée par le constat que peu de salles de la couronne de Strasbourg étaient présentes dans le musique en termes de soutien. On a réouvert un peu cet axe-là en proposant des groupes locaux. »

Tim Dup. Crédit ©André Torres Balaguer

Démocratiser le théâtre

Le slogan du PréO est « Osez le PréO ». Etant toujours curieux de savoir ce qu’il se cache derrière la communication, j’ai demandé à Marion Hofmann sa signification : « C’est oser passer les portes du théâtre. On a essayé d’essayer d’enlever cette connotation de « ce n’est pas fait pour moi ». Cela s’adresse à tout le monde : pas besoin d’avoir lu Balzac pour apprécier et comprendre le théâtre. On a fait ce constat-là dans les 10 ans sur ce qu’est le PréO : quand on n’habite pas à Oberhausbergen c’est la salle de spectacle et quand on habite à Oberhausbergen, c’est un lieu de rendez-vous. »

Sanseverino & Tangomotàn (programmés le 7 mai 2020). Crédit ©Philippe Delacroix

Le PréO est désormais un « centre-vie » d’Oberhausbergen, et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin : « On est partie prenante de la commune, pour le côté salle de spectacle, mais ce n’est pas suffisant : tout l’enjeu qu’on a c’est de pouvoir faire quelque chose au moins une fois avec chaque habitant d’Oberhausbergen. Ce n’est pas forcément venir au spectacle, mais plus avoir un moment de fréquentation, un moment culturel, un moment de réflexion. Pour continuer à évoluer avec eux. » On se donne rendez-vous dans dix ans !

Différents abonnements pour différentes envies

Si à la lecture de cet article, cela vous a donné envie d’aller checker ce que le PréO a à vous offrir, je vous fais un petit point sur les différents pass.

  • Le pass saison est à 150 €. Il vous donne accès à tous les spectacles de l’année.
  • Le pass 5 spectacles est à 65 €, ce qui fait 13 € le spectacle. Et justement, si vous décidez d’en prendre un ou plusieurs en plus, ce sera 13 € à chaque fois.
  • Enfin, le pass Curieux, qui est à 36 €. Vous pouvez choisir trois spectacles avec un petit twist : chaque spectacle doit être d’un genre différent. Musique, théâtre, humour, danse, classique du répertoire ou jeune public, le choix sera rude !

Rappelons également que les tarifs Carte culture et Carte à tout voir sont les mêmes : 6 €. Sinon, si vous avez moins de 26 ans, les tarifs vont de 10 à 17 €.

Lisa Simone. Crédit ©Alexandre Lacombe

On vous fait gagner deux pass Curieux !

Maintenant que l’interview est terminée, la surprise arrive. Bonne nouvelle, amateurs de musique, de théâtre et d’humour ! Pokaa vous fait gagner des pass Curieux !


Niveau règles, on ne change pas une équipe qui gagne :

  • Liker la page Facebook du PréO
  • Liker et partager cet article en public.

2 pass sont ainsi à gagner. Ce qui, comme vous le savez, représente la promesse de belles journées, mais surtout la perspective de soirées enflammées.

Bonne chance à vous !


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