En juillet 2018, l’Eurométropole de Strasbourg lançait un appel à manifestation d’intérêt. Son objet : un terrain inoccupé du Port autonome de Strasbourg. La chaleur de la centrale biomasse voisine s’y diffusait, sans que rien n’en soit fait. Vendredi, l’Eurométropole s’est prononcée en faveur d’un projet de ferme aquaponique, associant la culture de plantes et l’élevage de poissons. Avec sa surface totale de 9.000 mètres carrés, ce projet d’agriculture urbaine s’imposerait dès 2020 comme la plus grande ferme aquaponique de France.

Rien ne se perd, tout se transforme : à compter de 2020, l’adage vaudra également pour l’énergie dégagée par l’activité de la centrale biomasse de Strasbourg. Située dans la zone portuaire de la ville, la centrale jouxte un terrain inoccupé, un hectare de terres dont elle chauffe le sous-sol. L’Eurométropole et ses partenaires (Énergie de Strasbourg, propriétaire de la centrale, et le Port autonome de Strasbourg, propriétaire du terrain) avaient lancé un appel à manifestation d’intérêt l’année dernière, pour un projet expérimental de serres urbaines chauffées grâce à l’énergie de la centrale biomasse. La proposition des frères Weinstein, le dernier maillon d’une famille d’exploitants agricoles originaire d’Alsace bossue, vient d’être sélectionnée.

Crédit photo : La REcyclerie / BlueBees

Le projet ? Une ferme aquaponique de 9.000 mètres carrés, composée de serres et de hangars. L’aquaponie est un système agro-écologique qui consiste à utiliser l’eau chargée des rejets des poissons pour venir arroser et enrichir les plantations voisines. Un cycle vertueux, économe en ressources et respectueux de l’environnement, qui permet par ailleurs des cultures plus variées qu’une ferme traditionnelle locale (on parle de vanille et de saumon). De quoi élargir l’offre du circuit court à Strasbourg, sans sacrifier l’avenir de la ville.

Pour se développer, la truite et le saumon des rivières ont besoin d’une eau maintenue à une température comprise entre 15 et 18 degrés. Pour ce faire, l’idée est de faire appel à l’énergie de la centrale biomasse voisine. Le même procédé s’appliquera aux fruits et aux légumes, qui seront cultivés hors-sol, sous serres, toute l’année. Les frères Weinstein et leur ingénieur Félix Haget promettent un rendement annuel de 180 tonnes. C’est deux à cinq fois plus important qu’une ferme conventionnelle pour une même surface.


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Situé au nord du Port du Rhin, le terrain de 1,3 hectare sur lequel devrait se développer ce projet de ferme aquaponique abritait historiquement une entreprise de stockage de bateaux. Le Port autonome de Strasbourg, propriétaire du site, assure qu’un premier nettoyage a été conduit, et que le niveau de pollution est acceptable. Le président de l’Eurométropole a évoqué l’utilisation de micro-algues mangeuses de pollution alimentées par l’eau de la Malterie. Reste la question du financement : 1,4 à 2,2 millions d’euros sont nécessaires pour mener le projet à bien.

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