« Scannez-moi ». C’est la mystérieuse injonction que vous allez voir fleurir à partir de ce week-end sur des affichettes composées d’un QR code et accrochées sur plusieurs poteaux lumineux de la ville. Chez Pokaa, on aime bien les secrets, donc on est tenté de vous laisser voir par vous même vers quoi ils renvoient. Mais chez Pokaa, on aime aussi dévoiler (un peu) les secrets, histoire de titiller la curiosité juste ce qu’il faut. Alors si vous voulez en savoir plus, c’est par ici…

À bien y regarder, ces affichettes « Scannez-moi » ne sont pas placées n’importe où. Elles le sont aux abords des places et monuments emblématiques de la ville. Dans quel but ? Révéler notre passé.

À chaque fois que vous scannerez un des 32 QR codes disséminés principalement au sein et autour de la Grande Île, vous verrez apparaître sur l’écran de votre smartphone une image de l’endroit devant lequel vous vous trouvez tel qu’il était cent ou cent cinquante ans plus tôt, entre 1871 et 1918.

Ce projet, mené par six étudiants en GEA (Gestion des Entreprises et des Administrations) à L’IUT Louis Pasteur de Schiltigheim, permet de nous remémorer le visage de la ville tel qu’il était lorsque Strasbourg était capitale du Reichsland d’Alsace-Lorraine (Elsaß-Lothringen). Certains monuments ont tout simplement disparu, telle l’ancienne synagogue, incendiée criminellement par les nazis en 1940. D’autres ont consolidé leur vocation ; ainsi la place de l’Homme de Fer que le tram’ traversait déjà à l’époque. D’autres encore ont revêtu un masque de modernité comme par exemple la Gare qu’on peine à reconnaître sans sa verrière qui l’habille depuis 2007.

Jadis, se dressait aux Halles la Synagogue.

Le but de ce projet, en plus d’imager le passé, est de mettre en avant les Amis du Vieux Strasbourg, une association de défense et de conservation du patrimoine historique créée en 1957 grâce à la volonté de deux hommes : Charles Wittmer et Georges Frankhauser. L’association a pour objectif la conservation et la mise en valeur des constructions et sites qui constituent des témoins de l’histoire de Strasbourg et de sa banlieue, de même que l’étude de cette histoire elle-même et la publication de documents s’y rapportant (circulaires et annuaires). Des visites et des conférences sont aussi organisées ainsi que des voyages (le prochain, en juin, étant au château de Belvoir dans le Doubs). Pour autant beaucoup de Strasbourgeois, notamment les plus jeunes, ignorent son existence. C’est pourquoi une courte description agrémentera chaque photo proposée.

Et comment capter l’attention du jeune public si ce n’est en générant ces QR codes sur les lieux mêmes que l’on fréquente tous les jours pour aller au bahut, au boulot, en balade ou en shopping. C’est aussi un excellent moyen de rendre interactif le lien entre les Strasbourgeois et leur patrimoine. N’importe quelle application lisant les QR codes fera l’affaire. Les détenteurs d’un Iphone n’auront même pas besoin de télécharger une appli, seulement de prendre le code en photo.

Ce projet né en 2018 est également l’occasion de célébrer le centenaire de la fin de la « période allemande » de la ville, non pas pour la stigmatiser, mais bien pour mettre au jour la transformation d’une ville qui a beaucoup évolué entre 1871 et 1918. De nombreux bâtiments emblématiques sont sortis de terre à cette époque : la BNU, le Palais universitaire, la Gare, etc. Un projet qui, après le classement d’une partie de la Neustadt au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2017, permet donc de réhabiliter l’aspect « empire » d’une ville qui, traumatisme oblige, a mis longtemps à le considérer à sa juste valeur.

Ouvrez-l’œil, ces affichettes seront disposées sur les poteaux lumineux les plus proches de chaque monument, pour une mise en service temporaire de quelques semaines pour le moment.

Le site des Amis du Vieux Strasbourg: https://www.amisduvieuxstrasbourg.com


FLORIAN CROUVEZIER

> Son blog rempli d’histoires et d’Histoire <

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